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Billet de blog 29 nov. 2021

Diviser pour mieux diviser.

Paske bon, diviser ne permet pas vraiment de mieux régner. Ça concerne encore une fois la “nouvelle formule” de Mediapart.

Olivier Hammam
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J'ai une tendance certaine à la bienveillance, j'ai un a priori favorable envers mes semblables et les suppose de bonne volonté. De l'autre bord comme ce sont mes semblables je les suppose aussi peu fiables que moi sur la question du bien et du bon. Concernant Mediapart et sa “nouvelle formule”, ça me semble assez clair: d'une “bonne” intention peut advenir une mauvaise réalisation. Mais même sans “intention mauvaise” de la part de ses responsables, ils ont une philosophie assez déficiente en ce qui concerne, disons, “l'information”. Elle n'est pas nouvelle et on a pu la voir exposée plus d'une fois, principalement sous la plume (enfin, sous le clavier) et par la voix de son président, Edwy Plenel, et en tout dernier dans le billet (en fait l'article, mais comme il est publié dans la partie “Club” il est présenté comme un billet) du 22 novembre 2021, «Une nouvelle formule de Mediapart».

Cette philosophie? Il y a la “vraie” information produite par les journalistes professionnels, et sinon la fausse du moins la “non vraie”, produite bien sûr par les non journalistes non professionnels, localement “les abonnés”. Quelle est la principale motivation de “la Rédaction” pour mettre en place cette “nouvelle formule”? Plenel est très clair:

«Le Club participatif distingue Mediapart parmi toute la presse généraliste. Mais nous devons veiller à ce que sa spécificité de lieu sans équivalent de libre expression et débat ouvert à tous nos abonné·e·s soit clairement affirmée, afin que tout un chacun comprenne sa différence par rapport au Journal qui est produit par notre rédaction».

D'accord. Donc on est passé d'un “média participatif” à d'un côté un média, le Journal, et de l'autre un participatif, le Club. Certes, dans la présentation du projet, la page «Qui sommes-nous?», on en reste à l'intention initiale:

«Mediapart est un journal d’information numérique, indépendant et participatif».

Mais dans les propos du président et dans l'effectivité des choses on a d'un côté (tout en haut à gauche) “le Journal”, de l'autre (tout à droite et sous la barre de titre), “le Participatif”. Je le mentionnais dans un billet récent, on lit le français de haut en bas et de gauche à droite, ce qui fait que le parcours de la partie textuelle d'une page met en exergue le journal, quelle que soit la page – “Club” ou “Journal”.

Il y a une autre chose intéressante: quelle que soit la page, dès qu'on descend un peu le lien en haut à gauche vers le Journal est présent, en revanche le lien à droite vers le Club est absent dans les pages du Club. C'est normal me dira un “rationalisateur”, le lien vers le Club est dans la barre de titre, bien au milieu. Non, ce n'est pas normal, en tant que praticien (l'informatique est mon domaine d'activité professionnelle) on m'a appris ceci: quand une partie de la page (en général le haut, le bas ou un des côtés) est constamment présente, les éléments les plus significatifs doivent être préservés dans leur emplacement. Implicitement ça montre que pour les concepteurs de l'interface le lien vers le Club n'est pas de la classe des éléments les plus significatifs. Pour le redire, a priori je suppose mes semblables de bonne volonté, donc en ce cas je ne suppose pas une intention maligne, c'est simplement la conséquence “normale” (plus exactement, prévisible) de la philosophie de l'information que partagent les membres du journal, les salariés de Mediapart, de leur point de vue la partie Club est secondaire, et ça se constate dans la disposition des pages.

En ayant déjà assez discuté dans le billet mentionné je ne poursuivrai pas, sinon pour ce constat: presque tout ce qui favorisait il y a peu le “participatif” a disparu ou a été dispersé et séparé, ou est d'un accès indirect. Entre autres, on ne peut plus accéder directement aux blogs à partir de leurs billets, et quelques autres modifications qui divisent. Bref, du “participatif” mais chacun dans son coin...

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