Réparer une carte de télécommande automobile Renault Scenic

Un exemple d'objet difficile à réparer par soi-même, qui peut générer une deuxième économie, en favorisant l'emploi et la proximité.

Carte et circuit © Olivier Rouzet Carte et circuit © Olivier Rouzet
Je passais d’agréables vacances en Bretagne chez des amis. La plage était assez éloignée, et nous avons pris ma voiture. Eh oui, j’ai toujours une bagnole, c’est moche. Un Renault Scenic, deux tonnes de métal et de plastique… une catastrophe ambulante. Je ne l'utilise pas en ville. En mode vacance, je me baladais partout en maillot de bain, un bermuda, avec une petite poche juste de la taille de la clé de bagnole. Et cette "clé" se présente en fait sous la forme d’une carte rectangulaire en plastique noir. J’ai glissé naturellement cette carte dans ma poche, je suis arrivé à la plage… et je suis parti me baigner.

En sortant de l’eau, j’ai réalisé que la clé était toujours dans mon maillot de bain ! Aie aie aie. Sûrement pas étanche cette cochonnerie. De retour à ma voiture, la condamnation centralisée à distance ne fonctionnait plus. Mauvais signe. Heureusement, il restait une clé mécanique, une vraie clé, qui s’extrait de la carte, ce qui permettait d’ouvrir la portière du conducteur, mais ne permettait pas d’activer la condamnation centralisée des portes. Je me suis retrouvé dans une situation absurde : il était possible de fermer la portière du conducteur, mais pas les autres.

Je n’ai pas pensé à retirer la pile immédiatement, sans réaliser que la pile continuait à alimenter le circuit et allait corroder des soudures ou des composants. Après mes vacances, j'ai cherché sur le net comment retirer la pile. Puis j’ai laissé "sécher" la carte. Au bout de quelques jours, j’ai essayé la carte : elle fonctionnait à nouveau. Oh miracle. Et puis au bout de quelques mois, elle a cessé de fonctionner. Le garage Renault local m’a annoncé le prix : 220 euros. Hallucinant. Une décharge électrique. Deux cent vingt euros pour un pauvre petit bout d’électronique avec une antenne radio qui émet un signal « NFC » sur une fréquence de 125 à 135khz de quelques dizaines de mètres de portée.

Circuit seul © Olivier Rouzet Circuit seul © Olivier Rouzet

Et le chef d'atelier m'a quand même conseillé de m’adresser à un artisan, le Télécommandier. J’ai tenté de réparer par moi-même, mais j’ai buté aux limites de mes compétences. J’ai pu ouvrir la carte, avec un cutter, en allant très doucement. Les deux faces sont emboitées et collées, ce qui les rend très difficiles à démonter. J’ai vu de la corrosion à plusieurs endroits, que j’ai tenté de nettoyer, mais sans succès. J’ai donc envoyé la carte au Télécommandier, et pour 72 euros, en quelques jours et en plein confinement, j’ai reçu une carte fonctionnelle avec un remplacement de coque. Ça n’est pas donné, mais au moins j’ai fait travailler un artisan, et non une grosse boite comme Renault, le créateur d'automobiles qui se contente d'assembler des pièces sous-traitées à 80% à des fournisseurs qu’elle pressurise à l’excès, et réalise plus de 60% de son profit en produits financiers et non en vente d’automobile.

Ma foi, voilà une baignade bien coûteuse. Et comme le corbeau de la fable, je jure bien qu'on ne m'y reprendra plus.

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