Lettre à la bureaucratie lyonnaise

Au lieu de répondre à un questionnaire de satisfaction, voici une réponse globale à un an d'inaction de la mairie et du Grand Lyon.

Des demandes restées sans réponses

Voici quelques mois que je vous sollicite sur différents sujets, somme toute anodins. Je poste des demandes sur vos sites respectifs (« qui nous simplifie la ville », le slogan le plus indécent de France), et je reçois des accusés de réception, des demandes de précision, des questionnaires de satisfaction… mais résultat : RIEN. Rien n’avance. Que faites-vous ? De la paperasse, du bla-bla, de la « comm » ? Une « comm » pourrie. Voilà votre centre d’excellence. Barbouiller des slogans débiles et des visuels affligeants sur les panneaux publicitaires « Jean-Claude Decaux ».

0. J'ai demandé comment me procurer le droit annuel de stationnement qu'il fallait afficher autrefois sur le parebrise de son véhicule. Un lecteur de Médiapart m'a appris que cette vignette n'existait plus. Le slogan "pour vous simplifier la ville" se traduit par 2 sites différents (chacun correspondant à un compte et un mot de passe, schizophrénie municipale ?), l'un pour commander ce droit, l'autre pour le payer.

1. J’ai demandé à poser des grilles au pied des arbres de l’avenue Berthelot, là où elles sont manquantes. Rien de changé.

2. Je pensais pouvoir utiliser le composteur de quartier place Jules Guesde. Mais depuis le confinement, pour « raisons sanitaires », il est hors service. Un simple virus, et tout s’arrête. Pourquoi ? Par facilité ? Par peur des sanctions administratives ? Par peur de la vie ? Pour état dépressif ?

3. J’ai demandé à remplir de terre végétale le pied des arbres sur la partie Est de la rue de Gerland qui aboutit au parc du même nom. Rien.

4. J’ai demandé s’il était possible d’utiliser l’eau du Rhône pour arroser les plantations hors sol dans la cour de mon immeuble. Rien. Pas de réponse. Au lieu de ça, un questionnaire de satisfaction.

5. Enfin, par curiosité, j’ai rendu visite à des voisins, l’Espace Communal Guillotière, un lieu de vie très vaste, bien aménagé, hébergeant et nourrissant 40 personnes, avec café, cuisine, salle informatique, laverie, coiffeur… Et j’apprends que ce squat autogéré, qui semblait soutenu par la mairie « écolo de gauche », est menacé d’expulsion, pour un projet immobilier. Justement au moment où la misère s’abat sur les plus faibles ?

Alors qu’à quelques mètres de là, l’agence immobilière « 6ème sens » ne sait plus quoi faire de son fric, et se refait une façade « événementielle » en toile peinte à la gloire de la ville (un lion)… il est question de préempter un terrain à l’abandon depuis plusieurs décennies, où finalement les habitants ont fini par s’organiser ?

La coupe est pleine

Alors le voici... mon questionnaire de satisfaction.

1. De mon côté, je ne pourrai pas fabriquer des grilles et les poser.

2. Mais avec mes voisins d’immeuble, nous mettons en place un lombri-poubelle de 240L. Sans attendre aucune subvention de votre part.

3. Et nous pourrons déposer par nous-même les excédents de notre composteur au pied des arbres. Nous serons également en mesure de composter les fruits et légumes qui jonchent le sol en fin de marché tous les samedis place Jean Macé, et qui sont emmenés on ne sait où par vos camions et vos éboueurs.

4. Nous mettons en place un récupérateur d’eau de pluie, en attendant de savoir si nous pourrons remplir nos seaux de l’eau du Rhône.

5. Pour ma part, je me suis improvisé « réparateur d’électro-ménager » afin de remplacer la courroie d’une machine à laver en panne à l'ECG. Pour votre part, je vous demande de préempter et de racheter le terrain. Vous avez une mission sociale, que vous ne remplissez apparemment pas.

Au lieu de nous "simplifier la ville", aidez nous à vivre décemment.

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