Bien fol qui s'y fie n°6

Troisième semaine de confinement. Après le choc de l'adaptation et les réactions sociales, un certain abattement.

Gradins et piscine du Rhône © Olivier Rouzet Gradins et piscine du Rhône © Olivier Rouzet

Pourquoi est-il normal de ressentir de l'angoisse ?

Lors de mes expériences de groupe, j'ai remarqué qu'il y avait un cycle énergétique. Un groupe vit des expansions et des replis, qui s'étalent sur quelques jours. Faire une fête sur une journée, c'est trop court. Mais au-delà de 3 jours, on commence à s'épuiser.

Peut-être en est-il de même avec ces 3 semaines : 1ère semaine, effet de surprise, nécessité de faire face. Certains ont fui dans leur résidence secondaire. 2ème semaine : on s'organise, de façon créative et on tente de combler le manque soudain de relations sociales. 3ème semaine : une certaine lassitude s'installe. La routine gagne.

Des crises d'angoisse apparaissent, souvent de façon inexplicable. Éventuellement face à une scène de violence dans un film, qui passerait habituellement plutôt inaperçue. Pourquoi ?

Parce que nous sommes passés à la soumission au stress, attitude propice aux angoisses et à la dépression. Parce qu'il nous manque une journée de travail, dans laquelle nous pouvons donner libre cours à notre agressivité naturelle, notre sens de la compétition. Nous voici affaiblis, vulnérables. Est-ce la fatigue liée au changement d'heure, qui tombe comme un cheveux sur la soupe ? Est-ce la peur d'être infecté par le virus ? Que penser d'une gorge irritée le matin ? Est-ce le début de la fin ? Ou simplement une rhino-pharyngite ou une allergie saisonnière ?

Et puis, faut-il le rappeler, cette situation est totalement inédite. Nous n'avons jamais vécu une telle expérience de confinement légalisé. Et celui-ci est arrivé de façon très soudaine, avec peu de signaux d'alerte, peu de préparation. C'est un événement particulièrement stressant, et qui touche à la réalité globale, la réalité sociale.

Alors que faire pour améliorer l'ordinaire ?

Il me semble souhaitable d'éviter la violence à l'écran, les films de guerre, de combat. Préférer plutôt les bluettes, les comédies, les nanards. Prendre soin, bien-sûr. Quelques astuces pour échapper à l'angoisse : boire beaucoup, respirer profondément, faire appel aux huiles essentielles (par exemple respirer l'HE de Basilic ou de Lavande vraie). Reprendre des exercices de sophrologie ou de yoga. Et c'est le moment de méditer. La moitié de l'humanité est concernée. Nous sommes isolés, mais nous sommes nombreux à partager la même contrainte. Et nombreux subissent des situations bien pires que la notre. Ceux qui sont croyant trouveront un temps de prière et se rejoindront à l'assemblée. Ceux qui sont athées retrouverons le coussin ou le tapis de méditation, et feront brûler de l'encens sur fond de musique cool.

Episode n°7

Primeurs vendus dans la rue devant le cinéma Comoedia © Olivier Rouzet Primeurs vendus dans la rue devant le cinéma Comoedia © Olivier Rouzet

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