J’ai écrit cet article pour soutenir Jean Luc Mélenchon et l’Union populaire aux présidentielles.
Comme beaucoup d’entre nous, je suis infiniment déçu de notre nouvelle défaite si près du but.
Il ne faut pas perdre espoir et continuer à lutter encore, chacun comme il le peut. Les législatives à venir constituent peut-être une opportunité de gouverner, à tout le moins une possibilité d’infléchir la politique du futur gouvernement.
Plus que jamais il nous faut un changement radical et le moyen le plus sûr d’y parvenir serait l’élection d’un gouvernement révolutionnaire.
Si grâce à ce texte je réussis à convaincre ne serait-ce qu’une petite poignée d’électeurs supplémentaires de voter pour la nouvelle union populaire, alors je serai satisfait.
Je crois en la nécessité d’un changement radical pour que la France avance dans le 21ème siècle d’une façon constructive et positive, et pour les français, et pour le reste de l’humanité.
Par radical, je n’entends pas violent, mais conséquent. Ce changement n’est pas seulement nécessaire, il est tout à fait possible.
Or parmi les candidats en lice dans cette présidentielle de 2022 je ne vois qu’une personne incarnant un tel changement susceptible de l’emporter. C’est comme vous l’avez compris Monsieur le député Jean-Luc Mélenchon.
Je continuerai donc de voter à gauche malgré les épisode Hollande et consorts, car je crois en la possibilité de mener une politique responsable et progressiste qui poursuive des idéaux et qui ne se fixe pas pour seul but de permettre au marché économique un développement maximal.
Il faut changer promptement, avec urgence. Il y a urgence à prendre soin de la planète, de la nature dont nous dépendons et des femmes et hommes que nous sommes.
Le changement doit être profond et il doit se faire autant dans la politique à établir que dans les consciences individuelles.
Singulièrement, ce changement est d’autant plus possible qu’il est profond. Car les consciences, nous sommes tous libres de les changer. Il nous appartient de mener nos vies d’une manière un peu différente afin de préserver ce monde et même de tâcher dans la mesure du possible de réparer ce qui a été détruit et de l’améliorer..
Ainsi ma préférence va à Jean-Luc Mélenchon car il propose vraiment de protéger l’environnement et de faire de cette protection une priorité.
De même, il aborde de front le thème tout aussi central de la protection de l’humain, de la nécessité d’avoir des conditions de travail non seulement dignes mais meilleures, ici en France, mais aussi ailleurs dans le monde. Et à cette fin d’opérer un contrôle de qualité environnementale et humaine des produits entrant sur le territoire français.
Il propose aussi d’aider les pays pauvres à se développer, et c’est cette façon, la seule juste, de considérer l’humanité comme un tout, qui me rend ce candidat attrayant.
Il est un des seuls à proposer un projet d’avenir pour le pays quand tristement, les autres candidats ne montrent pour la plupart quasiment aucune initiative, aucune autre ambition pour le pays, que celle de retrouver “la croissance”. Il un des seuls qui propose des idées, les autres se contentant de gérer le réel, incapables d’amorcer un début de changement, enfermés à leur escient dans leur carcan du principe de réalisme.
Je ne peux pas dire que je sois d’accord avec toute sa méthode mais qu’importe, Jean-Luc Mélenchon est le bon candidat. D’ailleurs qui est d’accord sur tout ? Le débat est la richesse de notre démocratie. Je pense que cet homme peut faire du bien à la France.
Et j’espère que les idées que j’exposerai ici, en ce qu’elles vont en grande partie dans le même sens que celles de ce candidat, vous en convaincront.
Les sujets à traiter sont d’une quantité déroutante, vu qu’il nous faut repenser un horizon nouveau pour nos sociétés démocratiques. Aussi voudrais-je apporter ma modeste contribution dans quatre paragraphes traitant de quatre thèmes d’une façon ouverte, pensés comme des pistes de réflexion sur ce que je crois être des thèmes cruciaux dans la tâche qui nous incombe de construire un monde durable et meilleur.
Le « faire à tout prix » ou la croissance pour seul horizon
Nous serions pauvres, et promis à une baisse de niveau de vie certaine.
Un rééquilibrage en faveur de l'Asie serait en passe de survenir et nous, occidentaux outrageusement dépensiers, devrions très prochainement nous serrer la ceinture pendant des années jusqu'à rééquilibrer les dépenses et ainsi assainir les finances publiques. Il nous faudrait travailler plus, plus longtemps, retarder l’âge du départ à la retraite. Sacrifier les droits des travailleurs pourtant acquis de haute lutte.
Ce prêche libéral qui ne dit pas son nom, subtil mélange de faits économiques réels et de projections politiques, et qui se présente comme une évidence absolue, est martelé en permanence dans les médias. C’est l’orthodoxie économique que l’on nous sert à longueur de journée.
La France, pauvre ? Je ne peux que ressentir une profonde indignation à constater autour de moi la vivacité de cette assertion délibérément mensongère. Il y a des pauvres en France, et de plus en plus, mais le pays est riche. Répéter à tue-tête que « l’économie va mal », que « la France va mal », que « notre identité est menacée » c’est faire état d’une liste de symptômes soigneusement sélectionnés, pour mieux occulter les problèmes véritables, peu ou prou passés aux oubliettes par les candidats de droite : la répartition des richesses et le saccage de notre environnement. Grossière manipulation, consistant à appuyer fortement sur des problèmes relativement mineurs pour détourner l’attention des électeurs et ne pas aborder les questions de fond.
Moi qui voyage souvent, quand je rentre en France, le pays me semble d’une richesse inouïe.
La France est riche, très riche, culturellement et économiquement et ceux de nos politiques qui passent leur temps à agiter le chiffon rouge anxiogène du déclin sont soit des inconscients, soit des menteurs.
Mais mon propos dans cet article n'est pas de tenir un réquisitoire contre le manque de vision ou les mensonges de nos dirigeants, mais de montrer quelle nouvelle voie il est possible d'emprunter pour sortir de cette crise, qui n'est pas tant financière qu'idéale, car c'est bien d'une crise des idées dont nous sommes en ces temps victimes.
Une crise des idées si grave que les experts de tous les domaines ( et de tous les bords ) qui répandent leur prétendue expertise dans tous les médias ont perdu leur faculté de jugement.
Tout est jugé à l'aune, non pas d'un productivisme, mais d'un "faire".
Car, entraînés que nous sommes par l'élan irrésistible de la course à la production, le champs sémantique et conceptuel s'en est trouvé bouleversé pour faire accroire que faire est égal à dynamique de vie et repos à régression.
Une sorte d'embrouillement intellectuel passé inaperçu mais aux conséquences les plus funestes pour nos sociétés..
Ne rien faire est devenu suspect, c'est même considéré coupable par rapport à faire n'importe quoi.
La croissance est le remède à tous les maux. Croissance, axe vertébral de cette mystification, de ce dévoiement du faire.
Je peux vous parier, car c'est déjà le cas depuis 30 ans, que peu importe le taux de croissance, le chômage restera constant, et même, augmentera.
Je me souviens encore avoir provoqué les gémonies de mon sociologue de professeur à l'université quand dans mes travaux de recherche, j'avais affirmé que paradoxalement, on devrait se réjouir dans un pays riche comme la France d'avoir un nombre important de chômeurs.
“Brûlot, pamphlet politique, du grand n'importe quoi, loin, très loin de la scientificité qui sied à tout travail universitaire”.
Je défendais la thèse selon laquelle grâce aux gains considérables de productivité dans l'agriculture, l'industrie et les services, il existait aujourd'hui peu de domaines où un homme ne pouvait pas accomplir seul la tâche où un siècle plus tôt dix hommes étaient nécessaires.
Cette situation unique dans l'histoire de l'humanité aurait dû nous réjouir puisqu'elle nous permettait de nous libérer de plus en plus du travail. En énonçant ce constat arithmétique, je fus traité de fou.
Mais l’histoire nous montre que, du fait de l’absence de mécanismes correcteurs efficaces, les gains de productivité sans cesse augmentés, ont abouti à l’accumulation des richesses entre les mains de quelques-uns, au lieu de laisser place à un partage plus équitable.
Résultat des courses : puisque des machines remplacent les hommes au travail, il y a des chômeurs. Face à cette situation, plusieurs possibilités s'offrent à nous.
Celle qui semble la plus logique, la plus pleine de bon sens, la plus équitable, la plus responsable, la plus belle, est la suivante :
Puisqu'il y a moins de travail pour le même résultat, partageons ce travail (ce qui dans les faits, se traduit par une diminution considérable des temps de travail) et les gains ce qui permettrait à chacun de continuer à avoir une activité de production sociale, un salaire lui permettant de vivre et beaucoup plus de temps pour les activités de son choix, autres que celles créatrices des seuls besoins de subsistance.
Si l’on schématise à des fins d’illustration :
On part d’une situation où dans une entreprise 50 employés travaillent 40h/semaine
productivité = *10 du fait de l’amélioration constante des technologies
On arrive à une situation où pour la même quantité de production, on a besoin de 5 employés travaillant 40h/ semaine
Logiquement, si on réorganise les tâches en fonction des nouvelles machines productives on arrive à 50 employés travaillant 4 heures par semaine ou 2 jours par mois.
N'est-ce pas là le début du paradis, où nous tous, libérés de la fatigue d'une tâche souvent ingrate, nous pourrions nous adonner aux innombrables activités de notre choix et aux plaisirs de la vie les plus divers ?
Mais ce n'est pas la voie qui a été choisie. La possibilité choisie est la suivante :
la productivité est 10 fois supérieure mais le propriétaire, ne va pas garder les 50 salariés, les faire travailler 10 fois moins et les payer le même salaire ( ce qui aurait été sympathique).
Il va licencier 45 employés, en garder 5 qui feront toujours 40 heures chacun, les payer le même salaire et (il arguera des coûts des machines, d'entretien des coûts de production, du montant des impôts, la liste de prétextes est infinie...) ainsi augmentera ses bénéfices du nombre de salaires qu'il ne paye plus.
Même exemple :
L'exploitant agricole vend pour 100 000 euro par mois, paye ses 50 salariés 1000 euros, soit 50 000 euros
il lui reste 50 000 euros de bénéfices.
Avec l'arrivée de la machine, il produit toujours pour 100 000 euros par mois mais pouvant se contenter de 5 salariés, ne paie que 5000 euros de salaires.
Il lui reste 95 000 euros, il a augmenté ses bénéfices de 90%.
Le problème, c'est que nous avons désormais 45 chômeurs.
Bien sûr, tout cela est extrêmement schématique. Mais pas tellement en fait. Je veux par ces exemples un peu caricaturaux, non pas faire la caricature d’un système mais bien dénoncer une tendance nettement audible ces derniers temps dans les médias, et qui est opposée à nos deux candidats de gauche quand ils abordent ce sujet de la raréfaction du travail.
Le discours tenu par Mr Lenglet, l’économiste attitré de France 2 (et donc qui bénéficie d’une large audience) est un parfait exemple de cette contre vérité à la mode.
Cela peut sembler un détail, mais ce n’est pas un détail. Absolument pas.
Le travail humain nécessaire à l’effectuation d’une tâche donnée est en constante diminution du fait des constants gains en productivité, conséquence de la progression des sciences et technologies.
Pourtant, on entend souvent dire le contraire ces derniers temps, chiffres, statistiques et tableaux à l’appui. Mais l’on mélange joyeusement toutes sortes de données qui n’ont rien à voir les unes avec les autres, pour aboutir à des constructions opaques qui viennent appuyer notre parti pris.
On argumente que certains secteurs ne parviennent pas à recruter, qu’il y a plus de travailleurs aujourd’hui qu’il y a 100 ans et autres rhétoriques vaseuses que l’on n’oserait pas présenter à un collégien dans un problème de mathématiques.
Bien sûr, il y a plus de travailleurs aujourd’hui qu’il y a 100 ans puisque la population mondiale a presque quadruplé et que la population française et passée de 40 millions à 65 millions en un siècle et que les femmes ont enfin été comptabilisées comme participant à l’économie nationale.
Bien sûr, des emplois se créent tant que l’on décide de créer de plus en plus d’objets et services à l’utilité douteuse, ce qui ne signifie pas que les gains en productivité n’aboutissent pas à une réduction de l’effort humain nécessaire à l’accomplissement d’une même tâche.
Et l’on mélange allègrement ces diverses données pour vous servir un conclusion malhonnête intellectuellement mettant en doute la courbe absolument logique d’une raréfaction du travail.
Tout cela est faux. Et je demande au lecteur de bien méditer cette phrase et de bien méditer sur les implications que ce constat suppose pour l’organisation sociale, pour le pays, et pour le monde.
Le travail humain nécessaire à l’effectuation d’une tâche donnée est en constante diminution du fait des constants gains en productivité, conséquence de la progression des sciences et technologies.
Revenons aux conséquences réelles des gains en productivité et de la raréfaction du travail qui s’ensuit :
Comment faire pour nourrir ces pauvres bougres qui n'ont pas de quoi se payer à manger. Un manger qui existe soit dit en passant.
Et bien, puisque le patron n'entend pas partager ses bénéfice, il faut leur trouver un nouveau travail, mais précisément, il n'y a plus de travail du fait des machines. Et c'est là qu'intervient le mythe imparable et salvateur de la croissance. Dieu en personne a trouvé son incarnation dans la seconde moitié du 20ème siècle.
Pas de travail ? Nous allons en créer ! Comment cela ? Les besoins de tous ne sont-ils pas déjà satisfaits ? Si la nourriture, les maisons, les vêtements, sont déjà disponibles en quantité suffisante pour tous.
En inventant des besoins bien sûr, en produisant une masse infinie d'objets plus ou moins inutiles. En polluant la planète d'une quantité astronomique de déchets. En profitant au passage de guerres meurtrières (peu importe qui les fait et au nom de quoi) pour faire tourner un complexe militaro-industriel qui se porte mieux que jamais.
Tel est le visage du dogme imposé de la croissance : faire, faire n'importe quoi, faire, pourvu que cela produise de l'argent, et si au passage ça crée des emplois, tant mieux, cela calmera les ardeurs subversives des armées de chômeurs.
Et voilà comment en quelques décennies, l'homme qui grâce à la fulgurante progression des sciences et technologies se trouvait en mesure de se libérer du poids de la lutte pour la survie s'est enchaîné, sous l'impulsion et à la faveur d'une classe (et c’est là une des difficultés, les actionnaires sont bel et bien une classe mais très difficile à cerner et à circonscrire physiquement, voire à incarner) à la production massive d'un monde infini d'objets sous l’œil complice du Dieu croissance.
Combattants devant l'éternel pour la reproduction de l'espèce sur le point d'obtenir notre libération, nous nous sommes constitués esclaves d'un dogme absurde, ravageur et aujourd’hui tout évidence funeste, nous lançant dans la course folle du productivisme (qui usurpe son nom) et bientôt dans ce que j’appelle « l'esprit du faire ».
Pourtant, un autre monde est possible. Plus logique, meilleur, plus harmonieux, plus juste, plus beau. Il est là, tapi en nous, à portée d'imagination. Ce n'est pas une utopie, il nous faut juste recouvrer notre imagination pour commencer la construction de ce monde différent.
J'aimerais non pas dessiner la figure de cet autre monde possible, cette tâche est bien trop grande et nous appartient à tous, mais faire rêver le plus possible à une vision différente de la société pour que tous les jeunes d'aujourd'hui se libèrent de la camisole mentale dans laquelle on veut les forcer et ouvrent pour l'humanité l'ère d'un monde plus intelligent et plus beau. N’écoutez surtout pas ceux qui vous disent que votre projet n’est pas réaliste car « les marchés sanctionneront votre initiative » qui sort de l’orthodoxie.
N’écoutons surtout pas ces gardiens de l’ordre qui ne nous proposent rien d’autre que de poursuivre le présent, c’est-à-dire de ne rien faire. Non, la politique n’est pas morte face à l’économie. Il faut juste que nous daignions nous en ressaisir.
Rêvons ensemble de ce à quoi pourrait ressembler une société démocratique plus avancée.
-l'économie serait en grande partie dématérialisée, au sens où les biens culturels auraient quantitativement pris l’ascendant sur les biens matériels.
-l'on pourrait tout de même être riche de ces biens immatériels
-les biens spéciaux que sont l’espace physique « m2 » (maison), la nourriture, l'eau (et l'air) feraient l'objet d'un régime spécifique différent du marché /qui ne les placerait pas directement sur le marché.
-l'écologie ne serait plus une option mais une évidence et une obligation
-le recyclage serait une immense industrie
-le temps libre bien plus important
-les arts, la science et la recherche beaucoup plus valorisés
-l'investissement bancaire serait strictement contrôlé par l’État afin de limiter la spéculation
-la modification de l’esthétique des paysages encadrée juridiquement
Tout serait un plus lent mais en fait plus efficace.
Le temps libre serait, comparé à ce qui se fait aujourd’hui, immense, ce qui engendrerait une transformation favorable de l'être humain vers une sagesse beaucoup plus grande.
Ses loisirs seraient intelligents, ce ne seraient plus des distractions passives mais des activités créatives, ludiques.
Le savoir serait le plus grand de tous les biens, l'information occuperait la place qu'occupe la richesse matérielle aujourd'hui.
Délivrés du souci de ne plus pouvoir se loger ou de ne plus avoir à manger le lendemain, les hommes acquerraient une nouvelle stature, ceux-ci continueraient de se développer et de s’enrichir car le développement personnel et l’enrichissement économique tendraient de plus en plus à se confondre au sein d’une économie de plus en plus dématérialisée où les biens de consommations auraient une forte valeur ajoutée intellectuelle et devraient nécessairement s’inscrire dans un schéma écologique et humain précis (ne pas polluer et être produits dans de bonnes conditions pour les hommes).
La nature aurait retrouvé une place centrale, y compris dans nos villes.
Le « faire » serait relégué aux oubliettes de l'histoire, une étrange facétie d'ancêtres qui auraient failli nous perdre et qu'avec le recul on regardera avec un sourire, comme une curieuse période où les hommes étaient encore croyants, une sorte d'âge de pierre de la matérialité, les hommes dans l'adolescence intellectuelle/conceptuelle de la technique et inconscients de leur capacité à maîtriser leur destin, remettaient celui-ci au Dieu croissance.
Oui, l'on rira de notre époque dans ce futur où le « faire » aura été remplacé par le « connaître » (plus haute marche de la condition humaine) et notre humanité de consommateurs sera remplacée au terme de cette parenthèse matérialiste par une humanité de citoyens acteurs, informés et responsables.
Propriété foncière et biens spéciaux
C'est donc un fait notable majeur de cette entrée dans le 21ème siècle que nous vivons une époque où la profusion sans précédent de richesse matérielles n'a pourtant pas conduit à une désaliénation proportionnelle des hommes.
Comment se fait-il donc que l'apparente richesse ne soit pas traduite par une plus grande liberté ?
Plusieurs raisons sont en cause et une seule n'a pas le monopole de cette situation paradoxale.
Tout d'abord l'effort humain est mal dirigé. Pour une grande partie, il est en fait gaspillé et pire encore, il est dirigé à saboter la planète.
Il est important pour toute politique responsable d'avoir une morale (quoiqu'en disent les philosophes télévisuels de tous bords). Que signifie pour une politique posséder une morale ? C'est identifier sur une échelle de valeurs, les entreprises, les biens, plus ou moins important pour les hommes. Fixer une échelle des priorités, c’est précisément faire de la politique. Ce que ne font plus nos dirigeants, consommateurs et serviteurs d’une soupe idéologique capitaliste prônant le laisser-faire et honnissant le mot « morale ».
Ainsi, il existe des secteurs clés, en ce qu'ils sont vitaux au sens propre et c'est ce pourquoi ils doivent posséder un statut spécial, non marchand.
Ainsi en va-t-il de l'habitat (du m2)
Ainsi en va-t-il des denrées alimentaires
Ainsi en va-t-i de l'énergie
Ainsi en va-t-il de grandes lignes de transport et de communication.
L'argument rabâché est toujours le même : le marché, par son dynamisme et son caractère automatique répond le mieux, en termes de vitesse, adaptabilité et diversité, aux besoins, en logements ou en alimentation.
Toute planification en ce domaine aboutirait à des ratages et il vaut mieux laisser le marché réguler l'offre en fonction de la demande.
Va pour l'adaptabilité du marché. Et encore, les exemples ayant prouvé la fausseté de ce postulat sont innombrables.
Néanmoins, je vois la question d'un regard plus critique encore. Je pense que la majorité des hommes sont « logés à condition ».
C'est à dire qu'ils encourent le risque permanent d'être expulsés de l'endroit où ils vivent. Ils ont une épée de Damoclès au dessus de leur tête.
Or dans ce chantage continu, il ne peut y avoir la sérénité nécessaire à un véritable épanouissement.
C'est peut-être un thème éculé que celui du statut de la propriété foncière mais il ne me semble pas inutile de rappeler à quel point l'immobilier est une question stratégique, au-delà de considérations financières. C’est la différence entre « profit » et « monopole » qui échappe au néophyte mais qui est pourtant indispensable à une lecture correcte du monde économique.
Pour faire simple, on peut posséder beaucoup d’argent, cela ne signifie pas pour autant que l’on se trouve dans une situation de monopole. Cela ne signifie pas non plus que l’on possède une partie physique importante du monde.
Autrement dit, il y a mille manières d’être riche. Je peux être milliardaire et vivre dans un 100 mètres carré à Paris et avoir un compte en banque très garni (nous n’abordons pas ici la question de ce que fait la banque avec mon argent). Je peux aussi être milliardaire et posséder des milliers d’appartements à Paris que je loue à des prix élevés ou prohibitifs. Alors je pèse sur le marché, je profite de mon pouvoir pour monopoliser des biens vitaux et faire monter les prix, je spécule...
Je peux aussi être milliardaire et investir dans une entreprise de recherche médicale. Je peux être milliardaire et construire des parcs à thème au goût douteux, etc.. Mon propos est ici de souligner combien la question de la richesse est plus complexe qu’une simple histoire de chiffres.
Il y a à mon avis des biens qui doivent faire l’objet d’un régime particulier, ce sont les biens vitaux que sont :
Le logement, l’eau, l’air et la nourriture.
La liste bien-sûr peut et doit être rallongée et inclure à notre époque moderne, l’énergie, une partie des systèmes de transports, les réseaux de communication de l’information. Il appartient à la société de se saisir à travers la politique de la question de la propriété de ces biens élémentaires et de décider lesquels et en quelles proportions, doivent être retirés du régime de la propriété privée classique. Je vois déjà les boucliers se dresser et crier au communisme stalinisme. Ne vous laissez pas intimider. Il n’y a rien dans cette idée de sortir les biens élémentaires à la vie du régime marchand classique, qui constituerait une restriction à la liberté d’entreprendre érigée au passage en sacro-saint principe sociétal. C’est au contraire un progrès considérable pour toute la société que de consacrer ces principes. Une avancée que la France, pays riche et organisé se doit à elle-même. Une avancée qui nous fera tous progresser, comme l’ont fait en leur temps les congés payés, la semaine de cinq jours, le droit à l’école publique et gratuite.
Creusons cette question de la propriété foncière.
Partons du principe que « les hommes naissent libre et égaux en droits ».
Heureux d'avoir acquis le statut d'hommes libres depuis la Révolutions de 1789, j'aimerais avancer un constat simple tiré de l'expérience des démocraties capitalistes.
Personne ne me contestera sur le principe unanimement accepté qui énonce le droit de tous les hommes à la vie.
Pourtant, à y regarder de plus près, ce droit essentiel, ce préalable à tous les autres droits, ce princeps sans lequel tout le reste est vacillant, ne semble pas trouver une activation claire dans la technique juridique, dans sa mise en œuvre concrète.
Qui a vécu ne serait-ce qu’un temps court dans la rue, sait que le plus fatiguant dans cette affaire, ce n'est pas de ne pas dormir, mais c'est de ne pas avoir de lieu à soi, de nid, ne pas avoir de refuge. Quiconque a connu la rue sait que la vie y est vite éreintante du fait que pour pouvoir se reposer, il faut un lieu où l'on est physiquement protégé, à l’abri, en sécurité où l'on peut relâcher sa vigilance.
En d'autres termes, sans maison (qui plus est, si l'on observe la vie animale, c’est un besoin nécessaire et assouvi chez toutes les espèces), il est erroné de dire que la vie est possible.
Je soutiens que le droit à la vie, au sens le plus littéral, c'est à dire, le droit à la vie biologique n'est pas assuré par le simple fait de ne plus être esclave de quiconque ou ne plus être menacé par les armes.
En fait, ce n'est même pas la même question. On pourrait même se demander (avec une pointe d’ironie bien sûr) si prisonnier mais logé, le droit à la vie n'est pas mieux respecté que libre et sans possibilité de logement.
Bien au-delà de la malice qui peut sembler se dégager de ce propos, est ici soulevée une question fondamentale. Je tiens à attirer l’attention sur le fait que le droit à la vie et la liberté ne sont pas exactement sur le même plan.
En quelque sorte, la liberté sans droit à la vie est comme vidée de sa substance, dévoyée. Or sans logement, la vie biologique est une espèce d'illusion.
Si le corollaire du droit à la vie est le logement, alors le logement ne peut en toute logique pas être un bien soumis à la loi du marché.
Limpide, ce principe est pourtant complètement inappliqué sous une foule infinie de prétextes.
Tous les prétextes sont faux, tout particulièrement dans un pays riche comme la France.
L'unique et véritable raison pour laquelle le droit au logement n'est pas appliqué concrètement et l'habitat retiré du marché économique, au moins en partie, est que cela impliquerait un rééquilibrage de la hiérarchie sociale trop défavorable à la classe des possédants, rentiers et entrepreneurs par l'établissement d'une égalité beaucoup plus forte entre les hommes.
L’écologie et le recyclage
Il y a une formidable industrie du recyclage à mettre en place. Quand je dis formidable, je ne mâche pas mes mots.
Puisque cette énorme industrie devrait logiquement en volume représenter la moitié de l'industrie.
Cette industrie n'a que des avantages :
-elle pallie au manque de plus en plus cruel de matières premières.
-elle diminue l'extraction toujours polluante pour l'environnement de ces matières.
-elle réduit drastiquement les coûts d'approvisionnement en matières premières pour la France.
L'objectif raisonnable doit être à moyen terme un recyclage de 100% de tous les objets et matériaux.
Si ce recyclage à 100% n'est pas possible techniquement, alors cela signifie que des matériaux qui n'auraient pas dû être employés l'ont été. La chaîne de production est donc à revoir.
Toute production doit faire l'objet d'un contrôle écologique minutieux lors de ou avant sa diffusion. Car comme le dit très bien Jean-Luc Mélenchon, l'écologique c'est le social.
Tout produit doit, sous peine d'impossibilité d’être produit en série et diffusé sur le marché, être impérativement conçu de façon à posséder un mode de recyclage. Il doit être mis sur le marché avec son protocole de démontage recyclage. Les entreprises qui recyclent elles-mêmes leur produits ou qui s'en chargent doivent être massivement exonérées d'impôts. De même pour les entreprises qui favorisent la réparation des produits, c'est-à-dire, le long terme. Cette industrie devrait créer massivement des emplois.
Elle donne un avantage stratégique conséquent à la France en la rendant moins dépendante de l’importation de matières premières. Elle est le meilleur investissement pour les futures générations, en soulageant l'environnement de sollicitations trop massives.
Elle représente la mise en place d'un système productif éthiquement responsable.
Si l'on contraint les entreprises à des conditions de production écologiquement respectueuses (produits importés + entreprises françaises à l'étranger aussi)
dès lors, le nombre d’entreprises exerçant une activité socialement irresponsable devrait se restreindre de lui-même. Ne devraient subsister que les entreprises socialement utiles et socialement neutres.
Rien n'empêche à quelqu'un de faire fortune dans les activités économiques socialement neutres et en toute logique la société a grand intérêt à encourager financièrement les activités économiques socialement utiles (par des subventions par exemple). « Neutre » signifiant ici conforme à un droit du travail exigeant et à une réglementation environnementale stricte.
Théoriquement, rien ne s'oppose à l'établissement d'un nouveau capitalisme intelligent (tout comme il est possible d'avoir une dictature verte).
Mais il est bien évident que les entreprises, si elles n’y sont pas forcées par une réglementation stricte sont peu enclines à faire des choix respectueux de l’environnement et avantageant leurs salariés si ces choix représentent des coûts supplémentaires et diminuent leur profits. Ceci est d’autant plus vrai que les propriétaires ne sont plus connectés physiquement aux grandes entreprises qui sont souvent possédées par de conglomérats d’actionnaires.
Je tiens à insister sur la forte liaison qu'il y a à mon avis entre le respect de normes écologiques drastiques et l'établissement d'une vraie justice sociale.
Par exemple, si l'on prend l'écologie au sérieux et donc qu'on y inclut l'homme, des conditions de production dangereuses pour la santé humaine ne doivent pas être possibles.
C'est donc toute l'industrie qui doit être repensée, réorganisée, pour que dans la chaîne, le
processus de production soit agréable aux hommes, et pour qu'en bout de chaîne, la production soit respectueuse de notre environnement..
Il faut un grand plan de réaménagement industriel, c'est toute la société qui doit être mobilisée. Probablement les détracteurs de la gauche scanderont-ils l'impossibilité d'un tel réaménagement.
Mais l'histoire nous donne raison plusieurs fois, en des circonstances pourtant incomparablement plus dramatiques. L'effort d'après-guerre n'a-t-il pas été la redirection de l'industrie et l'impulsion de l’État vers des industries alors futuristes ?
La transition verte est une véritable aubaine, une occasion de se servir d'une dynamique pour réorganiser la production et la répartition sociales.
La France est bloquée de ce que les dirigeants politiques qui se sont succédés au pouvoir n'ont eu ni le courage, ni l'indépendance nécessaire à prendre des décisions innovantes qui remettaient en cause des pans importants de l'économie française. Ils ont été guidé par les intérêts de nos grandes entreprises (qui ne se confondent pas avec l'intérêt du pays contrairement à ce que l'on veut nous faire croire) et par des perspectives à très court terme poussé à cela par un manque de vision et par une logique électoraliste qui les incite à ne rien faire qui puisse froisser l’intérêt d’entreprises puissantes, de syndicats, d’électeurs, d’électeurs potentiels, d’ordres professionnels, bref à ne rien faire de significatif, à renoncer à la politique en quelque sorte.
Nos ingénieurs foisonnent, nos centres de recherche sont éminemment reconnus et bien qu'on se plaigne souvent du manque d'investissement dans divers secteurs de la recherche nous avons une population éduquée, la matière grise est à disposition.
Nous avons une agriculture solide et efficace mais qui est en train de s’épuiser, enfermée dans un schéma productiviste issu d’une autre époque et qu’il faut aider à prendre le tournant écologique moderne.
Il faut organiser la transition progressive vers une agriculture plus durable, un autre type d'agriculture, plus respectueuse de l'environnement.
De même, il faut absolument mettre fin au monopole des supermarchés, casser leur entente sur les prix et rétablir une valeur juste pour la production agricole.
Dans le secteur bancaire, il faut lancer une nouvelle politique qui favorise massivement les prêts aux entreprises qui décident de faire des efforts dans le respect de l'environnement. Et si le secteur bancaire est trop frileux, l’État doit lui-même multiplier les organismes de « prêts verts ».
Il faut construire massivement du logement et affecter spécifiquement à cet effet une industrie qui construise des modèles de logements intelligents. C'est à dire à pensés pour une très longue durée. Les nouvelles technologies de production d’énergies renouvelables et de recyclage foisonnent (panneaux solaires, éolien, eau recyclée, déchets organiques compostés, etc...) et il est impératif d’en tirer un profit maximal immédiatement pour le plus grand bien de notre environnement et de notre santé.
Bref, il faut trouver le bâtiment le plus efficace dans une vision à long terme, c'est toute une industrie à repenser.
Construire massivement signifie aussi procéder à un réaménagement du territoire.
Alors qu'il existe un projet du grand Paris, il serait peut-être plus judicieux d'amorcer une déconcentration des structures et du pouvoir de la capitale vers la province.
Il faut cesser le tout automobile (et réquisitionner nos constructeurs s'il le faut) pour rétablir le rail et des formes de transport plus collectives et plus efficaces énergétiquement et écologiquement.
La transition verte passera par un ralentissement de l' « agitation économique » mais par une plus grande efficacité réelle, c'est-à-dire prenant en compte le coût environnemental et humain en plus du coût financier.
Il faut réussir à moyen terme à mettre fin au culte de l'automobile.
Savoir contre faire, connaissance contre consommation
À propos de la recherche
Il faut développer de grands projets spatiaux pour :
1) prouver l'intérêt de la recherche, la supériorité du savoir sur la consommation. Dans ce
sens, la science impulsée par l’État doit donner l'exemple.
2) Symboliquement, comme un gage que la transition verte et le ralentissement économique
ne signifie pas tourner le dos à la modernité mais bien au contraire l'embrasser avec sagesse.
Car nos contradicteurs se feront un devoir de se lancer dans ce mensonge selon lequel toute réglementation stricte équivaut à une régression de la France, un recul face à la modernité et que sais-je encore. Alors que c’est exactement l’inverse, c’est une occasion unique pour nous de montrer l’exemple, d’être les pionniers d’un nouveau modèle économique et social plus moderne dépassant le conflit du capitalisme avec l’homme et la nature. C’est l’occasion pour nous de montrer une nouvelle voie.
Il faut investir massivement dans la recherche médicale, et la santé, pilier indispensable d'une vie de qualité pour tous.
L’État doit montrer l'exemple. Comment ?
L’État doit favoriser l'éducation en grand : la possibilité d’étudier toute la vie durant, l’usage massif des nouvelles technologies de la communication pour la diffusion de tous les savoirs. France Culture en est un brillant exemple. Il faut favoriser la multiplication de structures et lieux d'échanges et de transmission des savoirs.
L’État doit là aussi montrer l'exemple en créant de nouveaux lieux, grands, beaux, modernes, avant-gardistes, publics, de culture et de savoir, de réunion et rencontre comme le Centre Pompidou en est un bon exemple à Paris.
L’État doit encourager la transmission d'une culture scientifique, trop cantonnée à un public de spécialistes et pourtant aujourd'hui indispensable à comprendre le monde contemporain dans ses enjeux économiques, politiques et environnementaux, tous traversés par les transformations technologiques rapides. Un peuple averti est le meilleur garant d'une démocratie vivante.
La recherche appartient aux français et ils doivent y être partie prenante en tant que témoins afin d’être au fait des enjeux modernes de société et pouvoir le cas échéant, à travers le pouvoir politique encourager certains secteurs ou en restreindre d’autres.
Une économie en voie de dématérialisation
C'est le thème de la dématérialisation de l'économie ou comment nous avons tout intérêt à
évoluer vers une économie immatérielle (c'est particulièrement vrai en ce qui concerne les loisirs). Les avantages sont écologiques, face à une population mondiale croissante, les ressources sont de plus en plus sollicitées et préparer un avenir stable serait plus facile avec une industrie de la connaissance plutôt qu'une industrie des objets.
Il faut informer et faire comprendre aux membres de la société qu'un mode de vie à l'américaine pour tous n'est ni possible, ni souhaitable.
De plus, une économie dématérialisée au maximum est la plus compatible avec une égalité sociale prononcée.
Les deux grands axes doivent donc être :
1) le recyclage total
2) un encouragement massif à la dématérialisation de l'économie
Le contre-exemple de l'automobile
Chasser les automobile des villes, c'est rendre un espace vital de communication et d'échange à tous, en particulier aux enfants.
C'est chasser de la cité le stress terrible du vacarme permanent, c'est rendre les villes plus belles et l'air plus propre.
C'est améliorer la santé de tous du fait de la qualité de l'air et de la diminution du stress. C'est rendre la vie de tous bien plus agréable.
L'automobile, soutenue par un marketing tonitruant s'est appropriée une grande part de l'imaginaire des hommes. Pourtant, bien qu'en elle-même un instrument génial, elle est le plus antidémocratique des outils et aussi l'un des plus nuisibles.
Comme l'ont très justement fait remarquer certains philosophes techno-sceptiques, elle est devenue un style de vie plus qu'un outil et maintes portions – parfois énormes – du territoire sont aménagées autour de l'auto.
Elle pollue excessivement. Les scandales récents touchant Volkswagen et d’autres constructeurs et probablement Renault quant à la fraude au contrôle pollution ne font que confirmer ce constat. Elle n'est pas efficace en termes de rapport énergie dépensée / personnes transportées.
Et que nous donne-t-elle en échange de tous ces inconvénients ? Un sentiment de liberté !
Il est temps pour les hommes de grandir et de se rendre compte que ce magnifique engin de leur invention est en train de saboter la planète autant que la vie des hommes dans maintes
agglomérations.
Il n'est pas exagéré d'affirmer que les grandes villes d'où l'automobile est bannie sont transfigurées. L'espace occupé par les autos est rendu aux hommes qui n'étant plus cloîtrés à un étroit trottoir récupèrent la liberté pour leur corps, l'amplitude de mouvement, se libèrent l'esprit du stress du bruit des moteurs et du danger permanent que les autos représentent en ville.
C'est une ville régénérée, revivifiée, reposée, où les hommes peuvent se rapprocher, la société faire corps, l'espace public leur étant rendu, ils ont à nouveau la possibilité de se connaître et donc de mieux se comprendre.
Il faut donc réduire l'automobile à son usage le plus léger. Développer de systèmes d'auto publiques comme le vélib, des véhicules propres et bannir les voitures des villes. Il faut rétablir un maillage serré de voies ferrées comme au Japon, qui doivent desservir tout le territoire et développer une nouvelle génération de trains moins rapides mais beaucoup plus efficaces.
Un maillage serré, propre, ponctuel, peux onéreux, confortable.
Tels doivent être les enjeux d'un service public de transports et non pas la vitesse et la vente à l'international. Tout doit être ralenti y compris le fret mais doit être d'une efficacité réelle (sans impact écologique) et à un coût d'utilisation démocratique.
Les technologies de l'information poursuivront leur essor. L'accès de tous à internet toujours
gratuit doit être favorisé.
La rapidité de l'information venant, jointe à un rail efficace, établir un nouveau système logistique de la France plus efficace qu'auparavant.
La recherche et développement doivent être poussés à fond par l’État mais dans des domaines utiles et responsables.
Si l'énergie, le savoir-faire, le hommes, les matériaux, l'argent, consacrés à la construction de voitures étaient alloués à un plan habitat en France, notre pays deviendrait vite celui où l'on est logé de la manière la plus confortable.
C'est donc un gâchis de consacrer toutes ces ressources à un objet qui peu ou prou nuit au pays, à la société et à la planète.
Le modèle vente-achat
C'est l’esprit attristé que chaque jour je me lève pour affronter un société des objets. Je crois que le mal est à ce point ancré en nous qu'il est pour tous une normalité immuable, plus encore, une vérité naturelle, un état des choses, le cours de la vie, la nature des hommes.
Quelle que soit la manière dont on caractérise notre société, l'absolue prévalence d'un modèle vente-achat est perçue comme un donné primordial, comme un principe sociétal.
Pourtant, je suis persuadé de ce que ce principe n'en est pas un et que cette normalité est une construction.
J'aimerais partir d'une assertion toute simple que m'a faite une amie chinoise vivant en France.
À ceux qui ont les idées assez simplistes pour vouloir entrer en compétition économique avec l'Asie, à ceux qui font tant cas de la nouvelle puissance économique chinoise pour plonger la France à corps perdu dans le jeu de la compétition économique internationale sans règles, je vous répéterai cette simple phrase qu'elle m'a dite :
« L' Europe est riche, vous êtes riches. Car le vrai luxe, c'est la beauté. »
Le vrai luxe c'est aussi la démocratie serais-je tenté d'ajouter.
À ce jeu idiot qui consiste à mesurer la richesse à l'aune de la seule donnée monétaire, vous
menacez de détruire le trésor de civilisation que représente l'Europe et que tout le monde nous envie.
Car notre richesse en France, c'est la beauté de notre patrimoine, la qualité de notre nourriture, la vivacité de notre démocratie, la beauté de nos villes et campagnes, le respect relatif (encore pour combien de temps) de l'environnement, le talent de nos industries et j'en passe...
Notre richesse n'est pas combien de Peugeots nous vendons en Chine mais le fait que Peugeot puisse produire des voitures de haute qualité au sein d'un pays démocratique, riche culturellement, beau et relativement sain.
Notre richesse n'est pas que Dassault réussisse à vendre ses rafales aux dictatures arabes ni
qu'Airbus fasse la nique à Boeing mais bien que nous soyons en mesure de produire ces
technologies de pointe au service du plus grand nombre dans le respect de la société.
La France est riche, sans doute des ajustements sont-ils nécessaires, mais c'est en jouant le jeu à court terme du marché (qui bénéficie aux actionnaires et non pas à la France) que vous êtes en train de couler le pays par en haut et par en bas.
Les biens essentiels et le temps de la connaissance
Posez-vous la question. Quels sont les objets dont nous avons besoin pour une vie agréable ? Évidemment, c’est une question bien subjective. Mais, pas complètement après tout, les hommes ne partagent-ils pas tous leur humaine condition ?
D’aucuns me jugeront trop radical, mais j’aime penser qu’en ces temps d’urgence, une certaine radicalité ou vigueur dans les principes est de bon aloi.
Personnellement, je pense que les arbres plusieurs fois centenaires sont les objets les plus beaux que le monde nous ait donné. À côté de cela la quantité de camelote que nous produisons est ahurissante.
Penser qu'une économie soit instituée autour de biens souvent inutiles, moches ou néfastes est à
proprement parler incroyable.
Beaucoup de pays dits « en développement » sont pauvres, mais non pas tant de raison économique, mais de penser qu'ils le sont, pauvres de ne juger leur richesse qu’en points de PIB en accord avec l’orthodoxie économique qui a cours.
Souvent, autour de moi, dans des endroits modestes, que ce soit au Mexique ou en Chine, j’ai vu pourtant de la richesse même si elle ne portait pas la marque de fabrique de l'occident. Ni Mercedes ou Audi, ni Louis Vuitton ni restaurants chics dans un village mexicain. Pourtant, il me semblait que matériellement, tout était là ou presque, et parfois il m’est même arrivé de me demander dans ces endroits de si peu mais dignes si finalement là, l'essentiel n'avait pas encore été endommagé par le superflu. Seuls manquaient la conscience de cette richesse et les connaissances permettant d'en tirer profit judicieusement.
Le troisième millénaire sera celui de la connaissance ou la Terre mourra de nos excès matériels.. Ceux de nos dirigeants qui n’ont pas intégré cette donnée fondamentale appartiennent au passé.
Pourquoi il faut voter Jean-Luc Mélenchon
Avant même d'entrer dans un questionnement de la croissance comme modèle, il est passionnant de prendre conscience du fait qu'une transition écologique réelle constituerait pour toute société moderne un défi d'envergure exaltant, mobilisant toutes les ressources humaines de la société et tous les savoir-faire.
Une transition écologique réelle, même selon le modèle à mon avis désuet de la croissance économique, constituerait un vecteur si puissant de changement qu'il pourrait tirer cette croissance vers le haut au moins autant que ne l'a permis la reconstruction dans l'après-guerre.
Ce qui bloque le plus cette transition c'est la mise en cause de beaucoup d'intérêts solidement institués depuis longtemps. Réaffecter les forces de production ne se fait pas sans casse et sans froisser de puissantes entreprises qui ont intérêt à ce que les choses restent en l’état.
En cela je ne crois pas en l'homme d’un soi-disant consensus qui serait en fait un garant de la permanence de l’ordre établi, mais je crois en la nécessité d'un homme décidé qui impose les choix d'intérêts publics face aux entreprises et intérêts privés. Mr Mélenchon est le plus indiqué parmi les candidats en lice pour tenir ce rôle. Car le moment venu de faire de choix importants il ne faudra pas fléchir face aux intérêts économiques installés et leur armada de lobbyistes, de conseillers et d’avocats qui s'opposeront au changement ou feront tout – y compris des campagnes de désinformation – pour convaincre que leurs intérêts sont ceux des français.
Il faut des projets ambitieux pour la France et non pas se figer dans des visions à court terme qui ne correspondent qu'à une politique du porte-monnaie et qui remettent à plus tard les grands défis qui se présentent dès à présent.
Prenons l’exemple du chantier énergétique.
Changer l'énergie nucléaire par des énergie renouvelable sans plus attendre est l’un de ses défis qui nous attendent et devant lequel la plupart des candidats atermoient déjà.
Pour sortir progressivement du nucléaire, plusieurs actions conjointes vont être nécessaires.
Premièrement, il est plus qu'intelligent, il est moral, il est de conscience collective et environnementale d'envisager une réduction de la consommation d'électricité.
Il faut faire une chasse au gaspillage, une quête de la meilleure efficacité énergétique.
Les habitats doivent être rénovés en ce sens.
Les appareils électroménagers fortement consommateurs doivent être bannis ou surtaxés.
La facture énergétique de chaque foyer doit être minimale, c'est à dire que la consommation d'électricité pour se chauffer, chauffer l'eau, s'éclairer et faire tourner les frigos doit être amenée au plus bas niveau possible.
De même chaque entreprise doit procéder à un réexamen de ses processus de production ou de
fonctionnement à l'aide de cabinets spécialisés ou de détachés du ministère et être aidée dans une réorganisation en conséquence pour optimiser son empreinte énergétique.
Les entreprises hors ville disposant de surface (toits ou terrains) doivent immédiatement adopter le solaire.
Les petites communes et agglomérations moyennes qui ne connaissent pas le problèmes d'entassement des grandes villes doivent faire l'objet pour chacune d'un « plan stratégie énergétique» qui doit tirer le plus possible vers une indépendance énergétique non polluante et les faire dépendre de moins en moins des grosses centrales régionales.
C'est en ramenant ces problématiques au niveau local qu'on résoudra les problèmes. En traitant les questions de l'énergie et de l'eau à l'échelon le plus bas. Et non pas en construisant d'immenses usines.
Le chemin est long avant que nous n'atteignons ce stade d’une société plus équitable et écologiquement responsable, le respect de ce que Jean-Luc Mélenchon appelle la règle verte. Mais loin de devoir nous effrayer, c’est en ce qu’il est ambitieux que ce projet est une chance pour la France. Car ce n'est pas une tâche impossible, notre intelligence collective surpasse largement le défi représenté par ce projet.
C'est une question opérationnelle, c’est une question de volonté politique.
Je demande aux français de s’arrêter un instant, et d’observer autour d’eux en Europe.
Partout les pays sont confrontés aux mêmes problèmes. Parce que tous bénéficiant d’une économie plutôt efficace, d’élections libres et d’une relative stabilité nous ne sommes pas moins confrontés au même monde en transition avec nos démocraties un peu usées qu’il nous faut rénover. Alors, regardez un instant le panorama européen et regardez aussi un instant l’histoire. Vous comprendrez alors qu’il existe parfois des chances historiques de provoquer un changement salutaire, de provoquer un changement pour un avenir meilleur. Il n’y a pas en Europe aujourd’hui, un seul leader politique de la qualité de Jean-Luc Mélenchon, aussi préparé et en mesure de remporter des élections nationales et qui porte un projet innovant, ambitieux pour son pays et pour le monde.
Les opportunités d’améliorer la société sont peu nombreuses et il faut savoir les saisir. J’espère que les électeurs français comprendront qu’avec la révolution citoyenne proposée par les insoumis, ils ont l’opportunité de marquer le cours de l’histoire d’une façon positive et mettre la France sur les rails d’un futur plein d’espoir quand des partis d’un racisme anachronique ou d’un conservatisme économique stupide proposent rien de moins qu’une guerre civile ou de continuer à foncer droit dans le mur.
Le jugement économique altéré d'une caste d'économistes serviles
Comment va-t-on intégrer cette nouvelle donnée à une économie refondée ?
Comment va-t-on intelligemment imposer l'intérêt général sur les nombreux intérêts privés
actuellement en place ? Comment prouver contre nos détracteurs, que la primauté de l'intérêt général n'équivaut ni au communisme, ni à un État autoritaire ?
Je suis bien entendu convaincu que non, mais nos détracteurs se feront une joie d'arguer malhonnêtement du fantôme autoritaire pour, sous couvert de liberté, faire régner leurs intérêts particuliers au détriment de la société.
Non, imposer une réglementation drastique à la production industrielle, imposer des conditions sociales et écologiques sévères à la distribution de biens et services, n'est pas dictature messieurs les candidats de droite, c'est responsabilité et souci des citoyens.
L'économie en Europe n'est pas moribonde, elle ne l'a jamais été. Elle l'est selon les critères de nos chers financiers et analystes économiques incultes et assez étroits d’esprits, pour ne connaître ni l'étymologie du mot économie, ni le sens véritable de cette valeur.
Oui, l'Europe seule a beaucoup de pouvoir, et même la France !
Je soutiens que la Chine a bien plus besoin de l'Europe que l'Europe n'a besoin d'elle.
Seulement nos petits économistes en herbe abreuvés au lait tourné d’écoles de commerce et d’écoles du pouvoir où l’on enseigne la doxa financiarisée de l’économie sont assez ignorants pour ingurgiter toutes ces niaiseries néolibérales et en arriver à un point tel de lavage de cerveau qu'ils son incapables d'observer lucidement la réalité physique de l’Europe, la réalité physique de leur pays.
La France est riche car elle a une économie bien équilibrée. Évidemment qu'il y manque un peu d'industrie vu que nos dirigeants économiques ont eu l'intelligence d'aller produire dans n'importe quelles conditions en Asie et au Maghreb.
Mais bonne nouvelle, pas tant que ça en fait.
Car ce dont nous avons besoin aujourd'hui c'est de moins moins moins, moins et mieux !
Oui, moins, l'économie grâce aux connaissances toujours accrues est en passe de se dématérialiser. Nous sommes à l'aube d'une nouvelle ère productive où le terme même de production sera probablement changé. Il nous faut passer d'une économie de la production à une économie de la connaissance et de la production minimale.
Notre agriculture est puissante, il faut améliorer sa qualité et par un remodelage, aller vers une agriculture la plus biologique possible. Grâce à la recherche publique, améliorons toujours la qualité et recherchons le meilleur équilibre entre production agricole, ressources en terre et disponibilité en eau potable.
Il faut aussi diminuer les viandes, c'est un acte militant et généreux. Il faut relocaliser la production de véhicules de transports propres : bus, trains, tramways, vélos et voitures électriques, etc...
Il faut lancer en France par la recherche publique (et l'entreprise publique s'il le faut) un plan
d'énergies renouvelables : solaire, thermique, éolien...
Il faut un centre de recherche sur l’habitat combinant architecture et science, en charge de l'habitat durable et éco-efficient, seul chemin viable pour le futur.
Il faut un ministère de l'évaluation écologique de l'industrie.
Il faut un centre de recherche national conséquent ainsi qu'un ministère de la nouvelle industrie du recyclage.
En 20 ans tout au plus, nous aurions remis la France sur le chemin de l'avenir et fait de notre pays une Nation forte et responsable, digne des pages les plus glorieuses de son histoire.
Veut-on d'un monde empli de consommables de mauvaise facture, où les espaces publics disparus le cèdent à des ribambelles de commerces plus ou moins inutiles ?
Un monde où les jardins verdoyants où nos enfants pourraient courir et crier sont remplacés par le laid bitume des routes polluées par les voitures dont de surcroît, les enfants doivent se méfier, désormais cantonnés à l'étroit espace privé des appartements parentaux ?
Veut-on continuer à lutter pour survivre, à prendre le premier travail idiot et même néfaste que la société de consommation nous offre pour à peine subvenir à nos besoins ?
Ou veut-on travailler tous, moins, et effectuer des tâches gratifiantes de très bonne qualité ? Ceci pour participer à une société qui nous offre de belles conditions de vie, matérielles et intellectuelles ?
L’Europe est sans doute le territoire le plus diplômé au monde, le mieux formé, l'endroit à la diversité la plus prononcée. Le climat y est clément.
Des ignorants de dirigeants économiques de tout poil ne cessent de répéter que nous ne sommes pas compétitifs car ils n'ont pour seul horizon que le coût monétaire du produit fini.
Non, nous ne serons jamais compétitifs avec les pays où ne sont ni respectés les employés ni
l'environnement pour produire un ordinateur à bas prix.
En revanche, si nous nous mettions en tête de produire de la qualité, verte et socialement juste, et si les patrons n'étranglaient pas les salariés qui pourraient alors se payer ces produits, alors nous n'aurions pas notre pareille pour produire ces biens de qualité.
Bien sûr, toute l'économie aurait une allure bien distincte de celle d'aujourd'hui. Ce ne serait plus la profusion ou la quantité qui seraient de mise mais bien la qualité, l'intelligence et la durabilité qui prédomineraient.
L' « esprit du faire » ou le rendement monétaire pour seul but
Il faut absolument comprendre que nous sommes prisonniers d'un système productif qui a colonisé jusqu'aux tréfonds de notre intellect. Et que de nous-mêmes, aidés en cela par une publicité permanente et omniprésente, nous nous rendons esclaves d'un monde d'objets, d'un monde de consommables obsolescents.
La technologie ne travaille plus pour nous mais nous travaillons pour une fausse technologie, un univers de gadgets bas de gamme, inutiles et pire encore, nuisibles.
Nous consacrons la majeure partie de notre précieux temps désormais organisé totalement par les entreprises, à concevoir, produire (plus trop en France), stocker et vendre des objets qui ne servent à rien.
Nous sommes si étourdis par la litanie publicitaire que nous nous échinons nuit et jour à cette cause, à la consécration de cette matérialité « immonde » (car destructrice du monde), la considérant comme une normalité ou même un aboutissement de civilisation.
Finalement, il suffit qu'un modèle passe une génération (entre 20 et 30 ans) pour qu'il s'impose comme réalité et donc comme normalité.
Pourtant, mieux nous travaillerions, mieux nous serions organisés, moins nous aurions à travailler. Or c'est exactement l'inverse qui se produit et nous avons à travailler toujours plus pour subvenir à nos besoins dans une société où le coût de la vie continue d’augmenter, ce qui est la preuve même que l'effort est organisé de façon inadéquate.
Travailler mal comme nous le faisons, c'est égal à une population, qui selon la fameuse métaphore de l’île, pour se chauffer, couperait petit à petit tous les arbres de l'île qu'elle habite afin de faire du feu chaque soir au lieu de construire une maison. Car couper des arbres est plus facile, c'est un gain immédiat.
Consommer ou exister
Allez, osons ! Le lecteur n’a probablement plus de doute quant à mon soutien de la candidature de Jean-Luc Mélenchon pour les insoumis. Alors je peux parler de sixième République.
Rétablir l'espace public est un des devoirs de la sixième République : de la rue piétonne, des quartiers piétons, de nouveaux centres culturels grands et ambitieux, une politique favorisant des coûts bas pour les cafés et restaurants, lieux où par la convivialité les gens se mélangent et se fonde un peuple.
Il faut rétrécir la matérialité polluante pour que l'esprit puisse s'élargir, s'aérer.
La paix intérieure viendra d'une qualité de vie améliorée et des énergies créatrices s'en trouveront libérées.
Le temps libre, bien plus ample, trouvera une utilisation utile au bien public comme l'embellissement de l'architecture, le soin à la nature, les arts ou la connaissance.
On me traitera d'idéaliste mais que faire si l'on n'a pas d'ambition idéale pour sa société ?
Il faut parier sur le talent des hommes, miser sur l'intelligence collective et c'est pourquoi il faut à tout prix sortir la démocratie du jeu des lobbyistes et des contre-pouvoirs économiques pour que l'intelligence collective, meilleur fruit des républiques, puisse à nouveau poindre et prendre des décisions bonnes pour le collectif. Jean-Luc Mélenchon a raison, dégagez les tous et établissons les nouvelles règles d’une démocratie plus avancée où par exemple comme il est proposé, les citoyens pourront révoquer leurs élus.
Nous sommes peut-être bien plus près que nous le croyons d'une société libérée de la paralysie et sur le chemin d'une transition écologique et sociale. Mais nous sommes aveuglés par le brouillard pseudo-économique de nos dirigeants dans lequel, j’en ai bien peur, ils sont eux-mêmes empêtrés.
Un citoyen consommateur dépassé
En Chine, je vois ces shopping malls géants, ces speakers déversant nuit et jour des messages publicitaires, ces enseignes lumineuses, ces boutiques sur-éclairées, les musiques d'ambiance permanentes, les écrans partout allumés et j'en viens à me demander si je suis le seul à désirer ce monde dont je rêve. Le monde entier ne préfère-t-il pas s'adonner à la dépense sans compter de toute l'énergie matérielle qu'il est possible de capter, utiliser ou créer ?
Serais-je le seul à rêver d'un monde beau, dématérialisé ou harmonie entre homme, nature et technologie serait réalisée ? La Chine, très pauvre il y a encore peu de temps s’adonne désormais aux joies de la consommation. Pourtant des vagues de protestation éclatent partout dans l’usine du monde. Et Pékin tente tant bien que mal d’étouffer ces révoltes de travailleurs citoyens qui sont en première ligne des ravages du productivisme stérile de la société de consommation. Pollution brutale de l’air et des nappes phréatiques. Impossibilité pour les enfants de sortir du fait du smog, aliments impropres à la consommation. Sans même parler des conditions de travail esclavagistes qui rappellent l’Europe du 19ème siècle.
Nous sommes des citoyens du monde. Et le sort de tous les citoyens du monde nous importe. C’est cela une des grandes différences entre notre projet et celui des autres formations politiques. Notre projet est pour la France et pour les français, mais notre projet est aussi pour le monde et les femmes et hommes de ce monde. Nous ne voulons ni l’exploitation du genre humain, ni la destruction des écosystèmes, ni en France, ni ailleurs dans le monde.
Nous devons reprendre toute notre place en tant que citoyens et cesser d’être uniquement des consommateurs. Ceci est de notre responsabilité. Le système aujourd'hui en place nous maintient dans une enfance, dans une illusion économique, en tenant soigneusement à distance de nous les vérités qui dérangent. Nous avons beau savoir grâce aux médias, c’est loin, c’est donc abstrait, voire inexistant. Il est facile de fermer les yeux.
Mais nous voulons ouvrir grand les yeux ici, pour la France et pour le monde car nous aspirons à une société meilleure en France et ne souhaitons pas que notre style de vie suppose une armée d’ouvriers exploités en Asie et la destruction du continent Africain par le pillage de ses matières premières au travers la corruption de ses élites et l’état de guerre permanente qui découle de cette instabilité politique.
Il est bien évident que tout le monde en France porterait un regard différent sur la mode, voire même, la condamnerait, si les usines textiles étaient en France et non pas en Asie et si dans les mêmes conditions, un des membres de la famille s'y tuait au travail.
Seule une infantilisation de notre société – c'est à dire un déplacement hors de la vue des moyens de production, en l'occurrence en Asie, et donc de l'horreur – a permis de rendre acceptable aux yeux du public occidental – tout de même bercé d'idéaux démocratiques – le déferlement de biens de consommation bon marché produits dans des conditions inhumaines.
Une seconde fois, le citoyen occidental est plongé dans l'enfance quand, du fait du même facteur d'éloignement, il est coupé des conséquences écologiques délétères partout dans le monde provoquées par son mode de vie.
Plus encore qu'un changement politique et économique que je prône, c'est à un profond examen de conscience que j'invite chacun.
En tant que citoyen français en provoquant la révolution citoyenne, vous pouvez faire un changement pour la France et pour le monde.
Ne vous laissez pas berner par ceux qui agitent l'épouvantail d'une prétendue régression de notre société si l'on se mettait à combattre la consommation tous azimuts.
Ici, comme souvent dans l’histoire, règle décidée collectivement vaut progrès.
La fin de l’arbitraire du prince, de la société féodale. La fin de l’usure, l’obligation d’un salaire minimum, l’obligation d’aller à l’école, l’interdiction du travail des enfants, l’interdiction de faire travailler plus d’un temps déterminé.
Oui, encore la règle nous affranchira de maints désastres.
Quand il sera interdit de polluer, quand les salaires seront augmentés, quand des élus qui n’en ont cure de leurs électeurs pourront être révoqués, quand ces mesures seront effectives, nous auront fait le premier pas vers un progrès significatif de notre démocratie.
Nous avons un pouvoir en tant que consommateurs que nous n'exerçons pas.
Il est vrai qu'il est difficile de l'exercer tant la société est bouclée autour de l'acte de consommation et tant l'enclosure est poussée.
Dans ces conditions impérieuses, acheter plus qu'acquérir un objet s'apparente souvent à un acte vital d'existence, car il n'y a souvent rien d'autre à faire ; nature et espaces publics, temps libre étant réduits à la portion congrue.
Or, pour bien des secteurs non vitaux, nous,les « particuliers acheteurs », dictons absolument les règles. Nous sommes des faiseurs de rois.
Qu'il s'agisse de textile, d'automobile, d'aménagement intérieur ou de bien d’autres secteurs, et dans les pays riches où l'offre est variée, y compris dans le secteur de l'alimentation, Nous pourrions à l'échelle nationale (et bien sûr mondiale) – à condition de ne pas battre en retraite devant l'argument malhonnête de la défense nationale de l'emploi – soumettre des entreprises aisément. Les français n'ont pas droit de vie ou de mort sur la fnac ou sur h&m, néanmoins dans les faits ce sont eux qui par leur comportement abrogent ou prorogent l'existence de ces entreprises en France.
Sans nécessairement pousser jusqu'à son terme cette logique et pousser à mettre la clé sous la porte ces sociétés, nous pouvons sans passer par la politique faire pression sur elles pour obtenir d'elles un comportement que nous jugions plus adéquat que ce soit en termes humains ou écologiques.
Mais nous ne le faisons pas, chacun occupé à notre quotidien, chacun courant pour boucler les fins de mois, chacun pris en étau dans le bonheur consumériste obligé, chacun se disant, « on verra demain », chacun pensant « de toute façon rien ne va changer » ou « mon action individuelle n’est qu’une goutte insignifiante au milieu d’un océan ».
Ce que nous ne faisons pas par manque d’organisation et pour mille autres raisons comme consommateurs, faisons-le comme citoyens. Car ici une chance nous est donnée de reprendre la main par le haut sur l’économie débridée et d’enfin imposer à tous les acteurs de la société les choix qui en ces temps de crise idéale et écologique, s’imposent.
Allons voter
Je propose une société essentiellement écologique.
Je propose une société non tournée vers une idéologie de croissance.
Mais une société tournée vers une idéologie de développement.
Que faire pour remplacer le tout-achat ?
Que faire pour remplacer le tout-travail ? (J’invite le lecteur à lire le brillant essai de Hannah Arendt sur la question du travail « La condition de l'homme moderne »)
On voit à poser ces questions que deux éléments centraux de nos sociétés contemporaines sont à la croisée de tous nos destins et en temps de crise, il est de notre devoir de repenser ces deux concepts.
L'homme d'aujourd'hui a besoin de se gaver, de travail et d'achats, tant la société est qualitativement et spatialement organisée en ce sens et tant son esprit a été sculpté pour ce modèle au point qu'il s’en trouve désorienté si un de ces deux piliers vient à manquer.
Comment délivrer les hommes de cette idéologie qui prospère depuis les débuts de la révolution industrielle ?
Il y a bien eu un petit sursaut avec les luddites, ces ouvriers anglais du textile qui se sont révoltés contre les machines au début du 19ème siècle, mais bien qu'ayant eu une bonne intuition, ils se trompaient d’ennemi. Mais depuis leur écrasement sévère par le pouvoir en Angleterre, il n'a pas été souvent question de mettre en doute le productivisme, que ce soit du côté occidental ou du côté soviétique.
Au cours du 20ème siècle, les termes de l'équation socio-économique ont été modifiés.
1) croissance ne signifie plus développement du niveau de vie comme durant l'après-guerre.
2) Les technologies ont déjà atteint le stade où les hommes sont délivrés à une hauteur importante des tâches nécessaires à leur survie.
Quiconque se lance dans une analyse socio-économique sans tenir compte de ces deux données nouvelles qui changent radicalement la donne, ne peut qu'aboutir à une analyse profondément erronée de la situation actuelle.
Aujourd’hui, ce qu’on nomme des « crises économiques », n'en sont pas, (comment peut exister cette contradiction dans les termes qu'est une « crise de surproduction »). Ces crises sont des « crises des idées », des « crises politiques ». Elles sont dues à un refus de considérer l'équation humaine de manière réaliste :
-population
-ressources
-technologies
Le plus surprenant c'est que ce sont jusqu'à nos consciences qui ont été façonnées par l'impératif productiviste et il semble qu'il soit inconcevable aujourd'hui pour la majeure partie d'entre nous de « ne rien faire » au sens économique ou « sociétal » du terme.
L’acte gratuit s’est doublé du soupçon d’inutilité, du sentiment coupable de ne pas être performant.
Comme si une peur d’un vide matérialiste s'était emparée de nous tous, qui avions été gavés de travail salarié et de consommation.
Je veux l'affirmer, cette peur du vide qu'agitent les tenants du productivisme en faisant valoir un argument aussi simple et stupide qu'efficace que « que ferait-on ? C'est ridicule » ( si on ne travaillait pas), cette peur du vide, elle n'a pas lieu d'être.
Oui, elle n'a pas lieu d'être car nous ferions plein de choses, d'autant plus que la société et donc l'espace seraient organisés autrement. L'enclosure diminuerait notoirement et des liens d'une nature nouvelle se tisseraient. Ne pas faire une activité liée à l’argent ne signifie pas ne rien faire.
Comment trouver la voie vers un changement qui semble si ambitieux. Tout simplement en commençant, petit à petit. En commençant par établir une législation écologique et humaine beaucoup plus stricte et effective.
Dégageons-les tous.
Que des politiques dignes de ce nom ne soient pas capables d'opérer une discrimination parmi les activités des hommes entre celles qui apportent une utilité sociale, celles qui sont neutres et celles qui sont nuisibles socialement, est bien la signature du marasme politique actuel. La signature de l’abdication de nos élus à exercer la politique.
De même, c'est une faillite déclarée de ces soi-disant politiques – qui en usurpent le nom et qui se comportent en fait comme des agents des milieux économiques – que d'être incapables de désigner les biens matériels et intellectuels, artificiels et naturels qui sont inaliénables aux intérêts privés et qui par leur nature, sont inconditionnellement dans le domaine public. Ce qui ne signifie pas nécessairement qu'ils appartiennent à l’État mais qu'ils doivent être inappropriables et que l’État doit se porter garant de ce statut spécial.
Nous commencerons par la qualité de l’air et de l’eau, par un droit minimal au logement, à l’électricité et à internet. L’éducation, la santé, les transports. Les nouveaux élus et les citoyens à travers leurs nouvelles institutions seront à même de décider judicieusement ce qui est notre patrimoine commun et qui doit être mis à l’abri des intérêts privés.
Le chemin peut paraître long, mais il ne nous faudrait pas plus de 20 ans pour changer d’une manière radicalement positive le visage de notre démocratie et de notre pays.
Vingt ans, au vu de notre longue et riche histoire, ce n’est que le court instant d’une brève inspiration.
Celle qu’il nous faut prendre avant de sauter en avant !
Conclusion
Quand je vois la pleine Lune, si brillante, comme en cette nuit d'un Samedi de février à Sète, je suis absolument fasciné. Un sentiment incroyable m’envahit et je suis complètement terrassé par mon admiration envers la nature humaine.
Comment des hommes ont-ils eu l'audace un jour de penser qu'ils pourraient fouler de leurs pieds cet astre lointain ?
Par quel mécanisme extraordinaire de la pensée, un ou plusieurs membres de notre espèce ont-ils pu imaginer qu'il était possible de se hisser sur ce bout de ciel ? Il est dommage que la science, peut-être le plus précieux, le plus incroyable et le plus admirable de nos arts et savoirs ne soit pas appréciée à sa juste valeur.
La véritable connaissance rend humble en ce qu'elle nous rappelle chaque jour l'étendue de notre ignorance. Mais c'est précisément ce qui la rend si belle. Elle est une quête infinie, un territoire d'aventures toujours renouvelé. Quand les continents ont tous été découverts sur notre Terre, elle offre encore et toujours de nouvelles contrées à découvrir puis explorer.
Combien de malheurs seraient évités, j'ose le croire, si les hommes au lieu de se soucier de pouvoir et de propriété s'intéressaient plus nombreux à la bien plus fascinante entreprise de la connaissance.
Alors oui, Il faut relancer des programmes de recherche ambitieux, en physique, en biologie, dans la conquête spatiale car le destin de l'homme est de chercher.
Vous l’aurez compris, je crois plus aux arts et à la connaissance qu’au divertissement et à la consommation comme horizon à proposer à notre jeunesse et à la société toute entière.
Je ne suis pas de ceux qui croient que recherche scientifique rime nécessairement avec recherche militaire mais je suis de ceux qui croient que la politique si elle a un sens, c’est celui de faire des choix justes pour la société y compris dans l’orientation des grands programmes scientifiques. Mettons le savoir à l'honneur plutôt que cette matérialité bête et stérile, querelleuse et mortifère qui s'est emparé de notre planète.
Intéressons nos futures générations à la culture, aux connaissances et aux arts et sauvons les ainsi du néant consumériste qui ne leur offre que pour seule perspective de tromper leur vide avec un geste compulsif d'achat.
Le savoir est un outil puissant capable d’émanciper l’homme, mais aussi porteur de possibles destructions, il n’est ni bon, ni mauvais en soi, mais il est le destin de l’homme et celui-ci doit s’en saisir pour les bonnes raisons. Les hommes ont à toutes les époques trouvé des moyens de s’entre-tuer en masse sans l'aide d'aucune technologie sophistiquée mais pour la première fois, une idéologie – le consumérisme – poussé à fond par un complexe techno-commercial, peut rendre inhabitable la totalité de notre espace vital, le seul que nous possédions pour l'instant.
Il y a donc urgence pour les hommes à redessiner une valeur alternative au consumérisme (qui du reste n'est pas choisi mais imposé) et il me semble que la connaissance, dans toutes ses facettes, soit un but salvateur en ces temps de bêtise effrénée.
Je suis un optimisme forcené et je vois les hommes capables des plus grandes prouesses. Que des siècles de pensée nous aient permis d'aller marcher là-haut est bien la preuve que notre intelligence ne connaît pas de limites, notre imagination est sans bornes.
Trouver des alternatives au capitalisme matérialiste n'est rien en comparaison des prouesses intellectuelles qu'il nous a fallu accomplir pour arriver sur notre satellite.
Nous le pouvons, il nous suffit de croire à nouveau en notre capacité si réelle de maîtriser notre destin collectif.
Il faut détruire ce dogme mensonger de la main invisible du marché qui n'est qu'une piètre transposition du non moins médiocre adage selon lequel l'homme serait un loup pour l'homme. Les hommes sont une espèce sociale. Les hommes sont collectivement capables de grands accomplissements. Il faut juste qu'ils daignent se réveiller, se redonner un destin et qu'ils chassent de leur gouvernement des dirigeants qui ont abandonné la politique en élisant ceux qui porteront des projets véritablement alternatifs.
Saisissez-vous de cette chance historique pour la France, pour nous tous français, pour le monde.
Le 12 juin prochain, votez pour la sixième République et l’indispensable révolution sociale et écologique dont a besoin la planète !