ZAD: la démocratie mangée par son objet

Ceux qui scrutent les ZAD pour y discerner l'expression d'une démocratie retrouvée peuvent scruter longtemps.
Ce qui caractérise les ZAD, c'est avant tout que leurs objets dépassent tout système: la préservation absolue de tel ou tel écosystème y est sans cesse confrontée à toutes sortes de systèmes politiques, aucun de ceux-ci n'apportant la preuve de sa meilleure adaptation. Ainsi, les propositions politiques y sont en constante discussion; contradictoires et coexistantes; jamais conclues. L'indispensable fondement organique et terrien de la ZAD capture les individus qui la composent, qui se mettent en orbite pour un temps; repartent; rejoignent une autre ZAD. La permanence de l'objet à défendre permet ainsi que tout système soit en réalité tenu à l'écart, à commencer par la démocratie majoritaire; ses partis; ses syndicats et toutes ses institutions. Dans cette aggrégation, les riverains ont leur place: eux aussi, indépendemmement d'adhésions à des politiques, sont susceptibles de graviter à leur tour autour des ZAD, ce que certains font, pour la grande peur des gouvernants.
On comprend ainsi que la vacuité de politiques prétendant, autour s'un système, combler les gouffres insondés qui s'ouvrent devant elles, alimente cette attraction, objective, et qu'agiter la nécessité d'un consensus soit vain.

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