Venezuela Infos: L'or, la nouvelle victime de Maduro

Par mis les dernières mesures économiques annoncées le 17 août, le mandataire vénézuélien prône l’obligation pour les vénézuéliens d’épargner en achetant des «lingots» de 1,5 ou 2 grammes d’or à la banque Centrale du Venezuela, une mesure parsemée d’ombres encouragée par les mafias qui opèrent dans le pays.

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Le Venezuela traverse une crise humanitaire depuis un moment, et la réponse du régime de Nicolás Maduro a été d’obliger les vénézuéliens d’épargner en or.  Mais l’opération ne consiste pas à acheter de l’or en mini lingots que les épargnant pourraient stocker soit à la banque soit chez eux.  Non, il s’agit d’accepter des «certificats» de propriété, en échange des économies de la population.  Opération qui ne termine pas de convaincre les experts économiques qui expliquent que cette démarche, n’est pas une réelle épargne pour les citoyens, mais une fraude de détournement de l’or vénézuélien.

A ce jour, il est impossible de prévoir la quantité réelle d’or qui existe dans le «Arco Minero», où il est estimé la présence de 8000 tonnes du précieux métal, l’équivalent à 243.000 millions d’euros, et ceci, sans compter d’autres minerais tels que le cuivre, la bauxite ou du coltan.  Les gisements occupent 12% du territoire national, et est devenu la dernière échappatoire du régime de Maduro pour se financer.  Et à l’Arco Minero, comme il était prévisible, opèrent des mafias criminelles qui font la contrebande de métaux précieux et s’occupent de le vendre à l’étranger, sans que les vénézuélien puissent en obtenir quelconque bénéfice.  

Les mineurs se sont installés à Bolívar, plus spécifiquement dans les localités de Utapa et Tumeremo, précisément là où il y 2 ans, en mars 2016, 28 mineurs non affiliés à ces mafias ont été séquestrés et massacrés par la bande du Topo, avec l’aide et complicité des forces de sécurité de la région, dans la plus grande indifférence et mépris du régime.  Massacre qui bien évidement, est resté impuni.

Autre part, au Venezuela il existe une loi qui réserve les activités d’exploration et d’exploitation de l’or et autres minerais à l’Etat, raison pour laquelle toute activité relative à l’exploitation minière sans le consentement du Gouvernement est puni par la loi.  Mais malgré la loi, les dénonces publiques sur les activités illégales par des bandes avec le consentement du régime n’arrêtent pas d’augmenter, malgré les effort de celui-ci de les occulter.

Une enquête du journal español ABC, fait référence à des syndicats mafieux assez conséquents avec 40.000 personnes actives travaillant dans ces mines.  Un informant explique que «les chefs ont des laboratoires d’analyse pour déterminer la pureté de l’or, il le fondent dans des fours sur place pour en faire des lingots d’un demi kilo ou un kilo.  Cet or part dans des avions privés vers Aruba où il est certifié et vendu directement à des pays tels que Dubaï.

L’informant explique aussi, qu’en échange de leur silence, les autorités impliquées demandent 70% des bénéfices de ce qui est extrait, sachant que chaque lingot d’or peur valoir entre 20.000 et 30.000 dollars.

Les ethnies locales ont été persécutées et expulsées de leurs territoires par ces groupes criminels, militaires vénézuéliens et groupes guerrilleros qui ont le contrôlent de la région et dont chacun exige sa part du gâteau. 

Et comme si cela n’était pas suffisant, cette activité minière sauvage est en train de causer un écocide sans précédents dans la forêt vierge amazonienne du Venezuela.  L’impact pour l’écologie se traduit en contamination des rivières et cours d’eau au mercure et déforestation de la forêt vierge, dans une zone normalement déclarée Parc National, donc théoriquement non exploitable d’aucune manière.

Comme il arrive avec le dollar qui est utilisé comme monnaie non officielle au Venezuela, l’or est une nouvelle monnaie d’échange, nommé «grama» (pour gramme) et qui s’utilise couramment, dans certaines régions du pays, pour acheter des produits d’usage courant.

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Source: Mundiario.com

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