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Billet de blog 22 mai 2016

VENEZUELA INFOS : LA FAILLITE DES ENTREPRISES ENTRE LES MAINS DU REGIME CHAVISTE

Dans un contexte dans lequel l'impossibilité d’acheter des dollars oblige les industriels à paralyser leurs usines, pour manque de matière premières, équipement ou pièces de rechange, le président Nicolás Maduro détecte une nouvelle opportunité pour augmenter d’un cran ses menaces:“usine arrêtée, usiné confisquée” menace-t-il le 14 mai dernier lorsqu’il “allumait le moteur de l’économie communale”

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Le Scénario

Au Venezuela, 96 de chaque 100 dollars qui rentrent au pays, viennent du pétrole, et comme il n’y a pas eu d’économies suite au boom de la hausse des prix du baril, ils se sont acharnés à endetter massivement, vider les réserves de liquidité du BCV et gaspiller en projets inutiles, le régime n’a plus de devises.  Des analystes pensent que, pour diminuer le cout de ses irrégularités, le régime de Nicolás Maduro aurait put mettre en place un plan de financement, renégocier le paiement de ses dates et appliquer un programme de réformes structurelles, mais maladroitement il a opté par supprimer les importations, ce qui touche principalement le secteur privé et le peuple en général.

La position du régime est que les industriels doivent utiliser leurs propres dollars pour importer ce dont ils ont besoin pour produire, idée que le vice-ministre de l’économie à appelé: “C’est l’heure de casser la tire-lire”.  Mais malgré les menaces d’expropriation,il est très peu probable que les entreprises fassent cela dans cette ambiance d’hostilité et d’instabilité politique.

Si Nicolás Maduro décide de saisir les usines, il ajoutera encore plus de noms à la longue liste d’entreprises contrôlées par le l’état.   En 2007, Hugo Chávez a commencé cette expansion expropriant des entreprises stratégiques surtout dans le secteur de l’alimentation, des terres, des manufactures et des services pétroliers.  Le résultat est loin de ce qui a été promis sur les papiers du Premier Plan Socialiste Simón Bolívar. (c’est terrible d’associer le nom de notre plus grand héros national à cette terrible folie et faillite)

¿Que se passe-t-il dans le secteur de l’alimentation?

En ce qui concerne le secteur des aliments, le régime a réussi à avoir le contrôle sur la production de café après avoir exproprié des entreprises phare, tels que Fama de América (2010) et Café Madrid (2009); ils ont commencer à diriger 11 centrales du sucre, ont fondé des usines de glaces, sardines, thon et sont passés à contrôler l’ensembles des usines du marché de la farine de maïs précuite.  Au même temps ils ont monté un labyrinthe dans lequel différents organismes publiques donnaient des subventions, stockaient et vendaient la production, tandis que des milliers d’hectares de terres expropriées auraient du garantir la production de matières premières tels que le riz, le lait et la viande.

En juin 2015, l’alors ministre de l’alimentation, a publié au Journal Officiel N 40690 une résolution selon laquelle il créait 14 conglomérats avec une longue liste d’entreprises dont l’état avait le contrôle.  Ces conglomérats laissent clairement apercevoir que l’état a créée un gigantesque consortium qui aujourd’hui devrait inonder nos marchés et étals de produits.  Et pourtant le résultat est une croissante pénurie qui oblige le peuple vénézuélien à faire de longues queues durant des heures aux portes de commerces.

Ces entreprises détenues par le régime est distribué comme il suit:

  • 9 entreprises d’huiles
  • 17 entreprises de riz
  • 29 entreprises de viande
  • 8 entreprises de poulets et volailles
  • 38 entreprisses de poissons et produits de la poche
  • 45 entreprises de produits laitiers et de fruits
  • 15 entreprises de farine de maïs
  • 6 entreprises de produits alimentaires pour animaux
  • 43 entreprises de silos
  • 6 entreprises de transport
  • 36 entreprise de stockage et de chaine de froid
  • 16 entreprise de conditionnement.
  • Point de distribution formées par les chaines de Pdval, Mercal Bases de misiones, bastos Bicentenario (l’expropriée chaine de supermarchés CADA)  et Fundaproal 

Au total ce sont 283 entreprises du secteur alimentaire qui ont été expropriées et qui aujourd’hui sont en main de l’état et qui n’ont pas rempli leur objectif d’impulser la “production du système socialiste” et transformer l’état en un efficace fournisseur d’aliments pour le peuple vénézuélien.

Le BCV signale qu’en 2015, la production du secteur alimentaire s’est réduit de 5,3 par rapport à 2014, tandis que le mémoire et comptes du Ministère de l’alimentation présente des chiffres en rouge.Selon les chiffres officiels du Ministère de l’Alimentation, en 2015 Industries Diana, Lácteos los Andes, Mercal (viandes) et Venalcasa ont eu un déclin de 14% par rapport à 2014, et de 23% par rapport à 2013

Au même temps, en comparant 2015 à 2014, la productions des usines de paquetage se réduit: granos Quíbor chute de 52%, Granos Urachiche de 30%, Azúcar Mampote  de 28%, la Planta Empaquetadora Hugo Chávez de 46% et la Empaquetadora de Tinaquillo de 19,6%

Les usines de farine de maïs précuite ont aussi donné des signes de grandes contraction en comparant les résultât de 2015 à ceux de 2014:

  • Planta Guanare -9%
  • Planta Zamora Vive -51%
  • Planta San Francisco Yare -3,5%
  • Planta Colonia - 10%
  • Planta Juana Ramírez -6%

En plus, la production des usines de riz de Arroz Barinas chute de 34% et la Planta Procesadora de harina de Pasta Turen de 23%

La manufacture

Les statistiques du BCV mettent en évidence que la production des industries souffrent d’une grande contraction.  En comparant le troisième trimestre de 2015 (dernière donnée publiée par le BCV) avec la même période de 2014, nous voyons une chute du 11,1%, et la grandeur de la chute est telle que le PIB du secteur se place en dessous du chiffre de 2014.  Et ce résultat est la conséquence directe du rendement des entreprises contrôlées par l’état.

Disposé à devenir une référence dans le secteur des voitures, le régime de Hugo Chávez s’st associé avec des entreprises étrangères pour créer des concessions, qui selon les plans, auraient du inonder le marché de camions, tracteurs et voitures, mais le résultat est très loin d’être celui prévu.  Le Mémoire et Comptes du Ministère de l’Industrie de 2015 révèle que la production se trouve très en dessous de l’estimation initiale et que n’est utilisé qu’un pourcentage très bas de la capacité installée.

Le 10 décembre 2007, l’état s’est associé à la Biélorussie pour créer l’entreprise mixte MAZ VEN destinée à produire, assembler, distribuer et commercialiser des camions dit “poids mi-lourds” entre 10 et 27 tonnes.  Au moment d’annoncer la création de l’usine, Hugo Chávez a dit: “En Amérique Latine personne n’a d’usine de camions, même pas le Brésil, mais nous allons nous multiplier dans toute l’Amérique Latine.  Nous aurons l’usine de camions de charge la plus moderne au monde”

Mais les statistiques officielle nous montrer qu’en 2015, MAZ VEN n’a assemblé que 325 camions, ce qui représente moins du 15% des 2500 camions qui étaient prévus. Et la conclusion est que l’usine n’a utilisé que 7% de sa capacité installée;

Paris les causes qui expliquent l’échec de production, ressort le fait que l’usine n’a plus de pièces détaillées.  Et le Ministère de l’Industrie admet que : “Il y a eu une réduction des objectifs d’assemblage prévus à cause de la chute du prix du pétrole et de la disponibilité des devises, ce qui a causé des retards du chronogramme de paiement (69,5 millions de dollars) avec l’usine de MAZ de Minsk, ce qui a provoqué des manquement à l’inventaire des pièces détachées pour l’assemblée des camions.”

Le 7 décembre 2007, l’état s’est associé à un autre projet avec la Biélorussie : Tracteurs VENEMINSK C.A. qui avait pour mission de : “produire des tracteurs de haute qualité et de manière efficace, confiance et rentable, à des prix hors concurrence, pour faciliter les besoins des communautés agricoles autant à niveau national, comme pour l’exportation aux pays de l’ALBA.”

Le Venezuela contrôle 79,98 des actions et Biélorussie 20,02%, et l’entreprise es aujourd’hui en faillite.  En 2015 ont été assemblés que 705 tracteurs, ce qui représente un 9% des capacités installées. 

La direction chaviste de l’usine explique que : “L’indice croissant d’absentéisme au travail durant le troisième trimestre 2015, les difficultés pour importer les pièces détaillées, ainsi que les difficultés internes ont généré une réduction des objectifs programmés”

SIDOR, la plus grande entreprise d’acier du continent est l’emblématique de la situation des entreprises de base de la région Guyana.  En 2007, lorsqu’elle se trouvait encore sous le contrôle de la transnationale TECHINT, l’entreprise avait battu tous les records de production, en plaçant sur le marché 4,3 millions de tonnes d’acier.  Les statistiques officielles indiquent que depuis qu’elle est entre les mains des chavistes, elle ne produit à dures peines que 21% de sa capacité installée.

Dans le cas de ALCASA Aluminios des Caroní, le résultat est tout autant décevant.  La capacité installé de cette entreprise pour la production d’aluminium liquide est de 170 mil tonnes par an et l’année dernière elle n’a produit que 28mil536 tonnes, ce qui ne représente que 16,8 de ses capacités.

La pénurie de ciment obéit aussi à la réduction de la production.  les chiffres officiels montrent qu’en 2015 la Fábrica Nacional de Cementos avait produit 257mil270 tonnes de ciment, ce qui représente une chute de 41% de sa production par rapport à 2011

En termes générales, le fonctionnement des entreprises qui se trouvent entre les main du régime chaviste, (dans les cas dans lesquels il existent des chiffres), mettent en évidence une situation critique et lamentable qui explique en grande partir les pénuries dans les différents secteurs de l’économie.

Les conséquences

Les raisons pour lesquelles le régime est en échec dans son rôle d’entrepreneur sont connues : les entreprises publiques ne peuvent pas se maintenir saines, quand c’est la loyauté politique qui prime pour noter les directeurs et gérants.  Cette opacité empêche de connaître leur véritable situation financière, ainsi que la disproportionnée croissance de travailleurs (stratégie employée par le régime pour diminuer artificiellement le taux de chômage), et le contrôle strict des prix, ce qui ne rapporte aucune rentabilité, tout au contraire. 

Un autre aspect à prendre en compte, est ce que les analystes appellent “la réduction budgétaire molle”, c’est à dire que l’état couvre les pertes avec les taxes et les rentrées du pétrole.  Il n’y a aucun encouragement pour réduire les coûts de production, augmenter la production ou placer la marchandise à des prix qui puissent permettre des bénéfices, et bien évidemment, de ne pas augmenter le nombre d’employés pour des raisons politiques.

L’institut national de Statistiques INE fait la remarque qu’à la clôture de décembre 2015, un total de 2 millions 779 personnes travaillaient pour le secteur publique.  Ce qui veux dire que depuis décembre 2004, les fonctionnaires ont augmenté de 1 million 148 personnes.  la conséquence est que durant ces onze dernières années le nombre de fonctionnaires a augmenté de 70%, et en moyenne, chaque jour 289 personnes sont engagées par l’état.  En mars 2014, Jorge Giordanni, Ministre de planification à l’époque à donné un document à Maduro dans lequel il tirait la sonnette d’alarme: “Nous n’avons pas suffisamment de moyens pour les ressources qui correspondent aux entreprises publiques, les nombreux programmes des ministères et autres organismes publiques, et la demande d’importation publiques, parmi d’autres dépenses, car ils ont augmenté sans contrôles et dans beaucoup de cas, sans obtenir les résultat escomptés.”

Tout ceci indique qu’augmenter le nombre d’entreprises entre les main du régime et continuer à diminuer l’activité du secteur privé ne fera qu’augmenter les pénuries et le poids de l’état sur les finances déjà maltraitées, dans un enbroglio confus qui n’arrive pas à couvrir son inefficacité et ses pertes ni avec les taxes ni avec les revenus de la rente pétrolière, qui, elle aussi diminue chaque jour, pour les mêmes raison décrites tout au long de cet exposé.

A la suite un reportage en 6 épisodes  sur l'état de plusieurs entreprises expropriées en espagnol

© Vivo Play

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