Quels sénateurs agissent pour les trains de nuit ?

Le retour en grâce des trains de nuit à l’été 2020 a créé la surprise. Et pourtant, il n'est pas venu de nulle part. Depuis plusieurs années, une action importante de nombreux acteurs, et en particulier des sénateurs, a rendu possible un véritable retournement de situation.

De 2016 à 2018 les sénateurs ont posé pas moins de 23 questions au gouvernement pour pointer du doigt les incohérences de l’argumentation de la SNCF et demander le développement des trains de nuit.

C’est en mars 2019 que le Sénat a pu négocier un virage de la stratégie gouvernementale à travers les débats de la Loi d’Orientation des Mobilités (LOM). Eliane Assassi (Seine-St-Denis) et Guillaume Gontard (Isère) du groupe Communiste Républicain Citoyen et Ecologiste (CRCE) ont ainsi fait voter un amendement pour que l’État étudie le développement de nouvelles lignes de trains de nuit. Au total 7 amendements ont été déposé par diverses groupes politiques (3 ont été adoptés).

Le groupe CRCE a poursuivi l’action en convoquant un débat sur les trains de nuit le 20 novembre 2019. Le virage était alors consommé : les trains de nuit génèrent désormais un consensus important au-delà des clivages politiques. Petit résumé du débat :

Max Brisson (sénateur LR des Pyrénées-Atlantiques) a dénoncé l'attitude de la SNCF : « La SNCF a bien laissé entendre que ses trains de nuit étaient vides et déficitaires. Mais l’Autorité de Régulation des Transports a rectifié […] en 2015, le taux d’occupation des trains de nuit était près de 10 points au-dessus de la moyenne de l’activité des Intercités. »

Josiane Costes (sénatrice radical du Cantal) a pu argumenter que « ce sont les fermetures successives des lignes de trains qui ont rendu vital le recours à l’avion. Pour certains endroits de notre pays la seule réponse est la diversification de l’offre ferroviaire. »

Pour Frédéric Marchand (sénateur LREM du Nord) « Avec l’avènement d'une catégorie de touristes écoresponsables, on peut imaginer qu'au niveau européen le train de nuit puisse être envisagé comme une alternative à l'avion. »

Olivier Jacquin (sénateur PS de Meurthe-et-Moselle) propose d'avancer vers une vision d'avenir : « Imaginons que demain la vérité des prix soit rétablie sur le coût complet et le coût écologique des transports. Le rail offrira, avec son efficacité énergétique incomparable, un bel avenir. Les trains de nuit ont un bel avenir. » [voir le débat complet en vidéo ou en version texte]

A l’occasion des élections sénatoriales du 27 septembre 2020 nous proposons d'encourager la mobilisation des futurs sénateurs, en publiant la carte de France des sénateurs qui agissent pour les trains de nuit, ainsi que les engagements des nouveaux candidats (cliquer ici).

Les candidats et les sénateurs qui ne l'ont pas encore fait sont invités à s’engager à travers notre questionnaire sur https://ouiautraindenuit.wordpress.com/

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