Vivre, mourir, renaitre.

Métempsychose, pourquoi vivons nous?

Vénérable métempsychose

Imaginons que nous soyons, comme certaines croyances anciennes le prétendaient, et certaines croyances modernes le prétendent encore, cela n'est pas plus absurde que d'autres croyances, des âmes, avec plusieurs centaines de vies potentiellement possibles en des vies matérielles, réincarnation donc. Essayons à partir de cette supposition de dégager ce qui serait et pourquoi cela serait, et si cela serait bon. Considérons que nous n'avons d'autres objectifs que l'adaptation à des corps physiques, par lesquels nous ferions l’expérience de sensations et de sentiments (impossible pour des êtres d’énergie immatérielle dépourvus de sensorialité et d’Ego) et ainsi concrétisés par ces séjours physiques. La réalité de nos êtres ne serait donc pas sur terre, mais dans une autre sphère, le monde immatériel pour lequel la vie terrestre quoique concrète ne serait pas vrai, une illusion très semblable à ces réalités virtuelles des jeux vidéos.

Forme active

Les expériences faites en ces incarnations sont aussi variées que la vie, et demeurent éternellement en notre mémoire. La mémoire est essentielle car elle nous représente, sans celle-ci nous ne serions qu'une particule d'énergie errant dans l'infini, consciente de l'instant, mais incapable de se fixer et ne sachant pas pourquoi elle est ; la mémoire, c'est ce que nous sommes. Pourquoi y croire? Quel humain accepte la mort, comme une fin définitive, je dis, l'accepte vraiment, sincèrement et y crois profondément? Quel humain peut dire en étant certain de ne pas subir un quelconque endoctrinement, une quelconque influence, un quelconque rejet du surnaturel par principe et position intellectuelle dont l’Ego est la fierté et l'orgueil, dire, je crois à la mort comme une finalité intangible. Il a toutes les raisons de le croire, car tout semble le prouver, dans le visible seule la mort apparaît, à dessein. Oui à dessein puisque cela n'apporterait rien au vivant de savoir qu'il est éternel. Malgré cela, je pense que tout humain au fond de lui-même espère avoir tort et souhaite sans jamais oser l'avouer, que quelque chose existe après la mort. J'accepte la mort, je vais mourir et jamais je ne reviendrais, et pourtant, tout ce qui fût moi survivra sous forme de mémoire. C'est plus confortable et rassurant d'imaginer une autre forme de vie, qui est en moi et qui emportera en elle tout ce que je suis. Je suis enclin à croire en la métempsychose. Je réfléchis sur ce que nous sommes depuis que j'ai cessé de croire en Dieu. J'ai peu à peu, à force de lectures construit une idée autour de la « renaissance », qui seule me satisfait car elle me semble pertinente, tant nous sommes dépourvus de perfection. Le but est multiple, d'abord ressentir la vie physique, à travers celle-ci comprendre l'être, et essayer d'égaler l'image perçue comme l'ultime idéal. Ayons l'idée que nous somme imparfait et que l'épreuve physique peut nous aider à percer le mystère de la vie. Nous ignorons et continuerons d'ignorer ce que nous sommes, si on se repli sur des principes qui sont des dogmes et des doctrines. Pour comprendre qui nous sommes nous devons rejeter tout ce que nous croyons être et nous ouvrir sans peur.

Un grand Dessein

Il semble y avoir derrière tout ceci un grand dessein, mais celui-ci est opaque, comme s'il ne nous regardait pas. Nous recevons une aide, par ceux là même qu'avec notre esprit humain limité nous nommons des anges, et qui le sont du point de vue humain, il faut toujours se méfier du mot et de son image, le mot n'étant pas la chose, une croyance qui doit avoir un fond de vérité. Croyez vous que nous puissions apprendre seul? N'avons nous pas des maîtres sur notre planète? Nous ne faisons qu'imiter, car en fait, une part de nous se souviens, et sur cette mémoire nous construisons notre vie terrestre. Pensez vous l'homme si intelligent qu'il puisse inventer tout ex-nihilo? C'est encore les travers de l’Ego, une grande prétention, beaucoup d'orgueil. Nous avons tué Dieu, il est bien mort, ils se battent et meurent pour un fantôme, cependant, nous ne sommes pas seul. Je crois ce que je dis, mais je n'en ai pas fait consciemment l'expérience, or pour qu'une chose dites soit vrai il faut en faire l'expérience consciemment, donc vous, ne croyez surtout pas ce que je dis, allez par vous même chercher la vérité et faites en l'expèrience.

L'unicité est un dogme,

une doctrine, elle ne semble pas être une réalité. J'ai l'impression qu'il n'y a que de la diversité, et que celle-ci s'additionne pour faire un « être » très complexe et multiple. C'est dans la diversité que se construit l'unité. Pour rejoindre cet « être » il faut suivre une lente évolution dont il semble qu'il soit l'aboutissement, mais cette impression n'est peut-être qu'une idée liée à mon endoctrinement. Il n'est pas important de le savoir. Ce qui semble émaner de celui-ci, uni dans sa multiplicité, est un amour sans limite, une tolérance infinie, une intelligence qu'aucune imagination ne peut traduire, et tous les superlatifs ne suffisent pas à le définir. Il ne nous juge pas, il essai toujours de nous aider. D'aucuns pourraient dire que je réécris l'image de Dieu, cette idée de Dieu toute terrestre est une autre invention. Notre être terrestre est trop limité pour comprendre et imaginer ce que nous sommes vraiment. Il n'a pas été conçu pour cela. 

La Planète

Ces univers physiques dans lesquels nous évoluons pour grandir sont notre création à tous. Nous devons tout faire pour les préserver, mais les choses suivent leur cour, la vie n'est pas éternelle et aucune espèce ne peut survivre au delà de ce qui était prévu. Si l'homme met fin à son espèce, personne ne viendra l'aider à la préserver. Il est donc important pour nous de se battre pour éviter notre extinction, car cette machine humaine est extraordinaire, elle est pleine de ressources et d'imagination, il n'est pas certain que dans cet univers beaucoup d'espèces intelligentes soient aussi passionnantes et déroutantes que la nôtre. La planète survivra à nos erreurs mais nos âmes auront perdues une espèce très intéressante pour le développement personnel. Il convient donc de prendre pleinement conscience que nous sommes au bord du gouffre et qu'il est grand temps de changer de paradigme. Cessons de croire que seule la technologie est notre sauvegarde, en nous un miracle est présent, il faut lui permettre de croître.

Seul sur une Terre vierge, céramique peinte, 60 x 60 cm, 2016 © Patrick Outil Seul sur une Terre vierge, céramique peinte, 60 x 60 cm, 2016 © Patrick Outil

 

 

 

 

 

 

 

Quelques points me semblent important :

Toute expérience sur terre est bonne, à condition qu'elle ne nuise pas à autrui.

Être conscient du corps et de l'esprit, vivre en harmonie, éprouver des plaisirs, sous n'importe quelle forme que ce soit est bon, si cela est bon pour autrui.

Tu ne peux te détruire que si tu ne nuis pas à autrui.

Tu peux choisir la souffrance, car il te semble nécessaire de la ressentir si celle-ci ne nuit pas à autrui, parce que savoir permet l'empathie.

L'attention apporter à l'autre est essentielle car elle permet d'augmenter l'amour en l'être.

En guise de conclusion.

Depuis l'enfance je sais que l'amour est notre essence. J'ai souffert par cet amour, et j'ai fait souffrir au nom de celui-ci. Notre savoir est beaucoup moins important, il renferme une auto satisfaction nuisible à l'intelligence. Les mains de l'humble menuisier derviche valent autant que celles de l'orgueilleux savant.

L'important se dévoile si l'on est attentif, par l'observation, par l'étude méthodique de ce que nous sommes. Cela s'appelle un comportement philosophique telle qu'on concevait chez les grecs la philosophie, une sagesse visant au bien être de l'être et à son épanouissement dans l'instant, sans jamais remettre au lendemain l'action envisagée. Comme le firent ces milliers d'oiseaux qui partirent un beau matin en quête du Simorgh*, à la suite de la Huppe, traversons les sept vallées, jusqu'à l'anéantissement du moi humain, voile de notre âme, pour que seule soit l'énergie éternelle. Alors nous obtiendrons l'harmonie, c'est peut-être ça l'apocalypse.



 

*La Conférence des oiseaux (en persan : منطق الطیرMantiq at-Tayr) est un recueil de poèmes médiévaux en langue persane publié par le poète soufi persan Farid Al-Din Attar en 1177.

 



Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.