La perspective d'un renversement du régime en Iran

Alors qu'une tentative d'attentat menaçait le meeting de Villepinte, le 30 Juin dernier, madame Radjavi a prononcé un discours mettant en avant la Capacité de Résistance et de contestation du peuple iranien, contre la politique des mollahs. Elle a revendiqué le leadership de cette contestation, et émis le souhait qu'elle débouche sur une alternative politique.

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La tentative d'attentat manqué, à Villepinte, le 30 Juin dernier, mettant en scène un diplomate iranien, travaillant à l'ambassade de son pays, en Autriche, et arrêté en Allemagne après avoir remis à un couple belgo iranien en Belgique, un explosif très puissant, qui aurait pu faire beaucoup de victimes lors du meeting organisé, à cette occasion, dans la banlieue parisienne, traduit la perte de sang froid du régime iranien, qui tente d'empêcher l'extradition de son ressortissant vers la Belgique, et marque son désarroi profond dans une opération inédite et très risquée, sur le territoire français, contre son opposition la plus virulente.

  Lors de ce rassemblement à Villepinte, madame Radjavi a, dans son discours, tenté de démontrer la perte de légitimité complète du pouvoir islamique à Téhéran, et essayé de mettre, a contrario, en évidence la puissance et l'efficacité d'un réseau militant à l'intérieur de l'Iran, dont elle revendique l'action et la mise en mouvement, et qui est le mieux à même de faire trembler le régime. Elle a rejeté volontiers la possibilité d'une réforme du régime islamique à Téhéran, car "les deux factions du régime", a-t-elle dit sont compromises dans la répression de "la jeunesse insurgée" aui "siffle la fin du jeu" pour elles. Le mouvement de protestation qui a débuté en Iran, en Décembre dernier, et qui a touché 140 villes sur l'ensemble du pays, a couvert l'ensemble des couches de la population touchées par la paupérisation: les ouvriers des ateliers de productions en passant par les enseignants, mais aussi les retraités spoliés, les épargnants."(...) "Même le bazar de Téhéran s'est allumé du soulèvement"(...)Les agriculteurs, à la mosquée d'Ispahan, ont tourné le dos à l'imam de la prière de khamenei en criant: dos à l'ennemi, face à la patrie", ce qui est apparu comme sacrilège par les mollahs. Madame Radjavi a expliqué que "la vie chère, le chômage, la misère, les inégalités, ont atteint un point de non retour"(....) La position de Khamenei s'est considérablement affaiblie, et l'ensemble du régime est dans une impasse, parce que les caisses de l'Etat sont vides, et la fameuse milice du Bassidj compte de plus en plus de désertions, signant la perte d'autorité des mollahs."

 La clef de la réussite pour un changement de régime, a-t-elle continué réside dans la rencontre "d'un peuple en colère" et d'une opposition organisée, et la reconnaissance par les mollahs de cette connexion traduit déjà leur défaite à demi mot. Cette alternative, selon elle ne souffre pas d'options biaisées,a-t-elle martelée, comme la promotion de mollahs "déguisés en mouvement vert" ou "le retour de monarchistes rétrogrades", car la véritable alternative réside dans un changement de régime, et non pas dans sa réforme ou sa transformation. Le renversement de ce régime nécessite de la sincérité et des sacrifices". Le principe du renversement de ce régime repose, selon elle, sur la possibilité d'une insurrection du peuple en colère "sans intervention (militaire) extérieure, seule garante d'un changement démocratique. La résilience du peuple iranien lui permet d'envisager une lutte encore longue et la constitution de nombreux foyers de révoltes et de "contestations". Elle a conclu en affirmant:"je suis venue ici au nom d'une Résistance qui a conservé tout ce qu'elle possède à la victoire du soulèvement en Iran et à la liberté...". Ce n'est plus qu'une question de temps...

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