Anita quitte sa famille bourgeoise romaine début du 20è siècle

Rome est la référence antique et aussi papale. Double entrées, antagonistes. Son Histoire est inscrite dans chaque rue, chaque quartier et c'est là qu'Anita nait.

Qui était-elle ? qu’a-t-elle laissé comme trace ? D’abord mère de 4 enfants : 2 filles et 2 fils. Un mystère plane sur sa vie quand on s’y penche pour essayer de la connaitre. Un mystère du à son premier mouvement connu : le départ de chez sa famille romaine pour aller vivre à Bologne.

La représentation qu’on a d’une fille vivant fin du 19ème dans une famille bourgeoise de Rome est qu’elle vivait dans une sorte d’enfermement. Non par contrainte physique, mais par contrainte de mœurs. Son avenir est forcément se marier bien avec un homme d’une famille semblable à la sienne : romaine bourgeoise. Anita fit autrement.

L’Histoire moderne de l’Italie est difficile à se représenter pour un Français républicain Jacobin dont le territoire s’est constitué par des guerres d’attaques, ou de défenses, contre tous ceux qui refusaient de reconnaitre sa volonté de constituer son territoire qu’elle voulait le plus grand possible sans références historiques mais à venir. Une ambition constante au fil des siècles, qui parait comme une évidence au temps présent, pas pour l’Italie.

D’emblée on se représente le territoire de l’Italie unie du Nord au Sud tel qu’il nous est familier depuis la fin de l’Antiquité et tel qu’est l’État moderne, tout en sachant qu’il fut découpé en États désunis, voire ennemis, selon que ses parties furent possédées par l’Espagne, l’Autriche, la France, le Pape, les Normands, les Lombards, Byzance, des Musulmans, des Chrétiens… ou encore en puissances autonomes.

Rome est la référence antique et aussi papale. Double entrées, antagonistes.

L’Antique influence encore une grande partie de l’Europe par sa civilisation et sa langue. Les deux sont indélébiles. Ses monuments parsèment les pays modernes de l’Europe, du Nord de l’Afrique et de l’Asie mineure, ses institutions et le sens de la politique les ont inspiré et les inspirent encore, sa langue incrustée définitivement dans l’anglais, devenue internationale par le biais des puissances mondiales successives de l’Angleterre puis des États-Unis, le français, l’espagnol, le portugais, parlées sur plusieurs continents, sans oublier le roumain parlé dans l’Est de l’Europe. L’Italie actuelle nous parait bien loin de ces réalisations, il s’agit pourtant du même pays et du même peuple, que l’on devrait dire au pluriel : peuples, l’intégration partant de la Rome antique (Latium).

La papale sous la forme des États pontificaux fut une puissance territoriale et religieuse en un temps où le catholicisme ordonnaient aux Princes, Rois, Empereurs.

Ces deux pendants peuvent faire oublier que Rome fut un centre majeur de la Renaissance, et que l’art baroque y naquit.

L’Histoire de Rome est inscrite dans chaque rue, chaque bâtiment, chaque quartier, et, à l’époque d’Anita, elle est devenue la capitale de l’Italie, enfin unifiée.

Sans aucun doute Anita avait conscience de la grandeur de sa ville. Elle était cultivée. On le sait car elle est identifiée institutrice. A-t-elle reçu une formation spécifique pour exercer cette profession ou l’est-elle devenue en fonction des circonstances de sa vie ? À cette époque les filles, dans l’obligation de gagner leur vie, devenaient préceptrices dans une famille bourgeoise ou aristocratique fortunée. À moins qu’on la dénomma institutrice terme générique, mais non forcément pratiquée dans une institution officielle d’État.

Anita avait au moins un frère cadet, Enrico, qui apparaitra dans un moment critique de sa vie en soutien vital.

Bientôt Anita apparait exerçant sa profession dans la ville de Bologne. Déjà il fallut une raison majeure à Anita pour être dans l’obligation de gagner sa vie alors qu’elle était issue d’une famille riche de Rome.

Comment s’est-elle retrouvée vivre à Bologne ? Pourquoi a-t-elle quitté le foyer familiale ? C’est une question majeure, par quel bout prendre le problème ?

Déjà deux hypothèses se posent face à deux indices : institutrice d’État ou préceptrice dans une famille ?

Dans le premier cas elle se serait proposée d’elle-même à un poste vacant et aurait été sélectionné. Le deuxième cas suppose qu’elle aurait répondu à une proposition. Pourquoi à Bologne et non à Rome ? Aucune famille romaine n’aurait eu besoin d’une préceptrice à domicile pour ses enfants ? Dans les deux cas on se demande pourquoi Bologne et non Rome. Et Bologne est-il un choix ou un hasard ?

Bologne n’est pas une ville neutre : elle est renommée par son Université depuis le début du millénaire. Sa dénomination de Rouge de longue date due à la couleur de ses constructions, est renforcée depuis la fin du 19ème et le début du 20ème par ses révoltes à tendances anarchistes, qui continuèrent à l’identifier au long du 20ème siècle.

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