Le contexte de la naissance du fascisme

Origine dans le mouvement agraire d'inspiration socialiste né dans le Sud de l'Italie à partir des années 1892 : les "fasci" = faisceaux. Le socialisme italien a une coloration anarchiste sous l'influence de Bakounine ; et de Marx. C'est à partir de ces courants que se construit le parti socialiste, avec des tendances radicales et anarchisantes en 1891.

Le terme fascisme trouve son origine dans le mouvement agraire d'inspiration socialiste né dans le Sud de l'Italie (Mezzogiorno) à partir des années 1892 : les "fasci" = faisceaux.

Le socialisme italien a une coloration anarchiste sous l'influence de Bakounine. Le Capital est traduit en 1886. C'est à partir de ces courants que se construit le parti socialiste, avec des tendances radicales et anarchisantes en 1891.

Ses publications sont Critica sociale et Avanti où collabora Mussolini ; elles touchent les ouvriers des métropoles industrielles et les paysans de la plaine du Pô. Mais l'émigration a commencé durant la crise de la fin du XIXè siècle, et atteindra jusqu'à 870 000 départs en 1913.

Aucune tradition démocratique en Italie, l'unité de 1861 se fait dans une Italie analphabète à 70 % et une absence de consciences politique et civique. Le mode électoral est censitaire. Dures répressions des mouvements de revendications ouvriers, suivies d'émeutes en 1898 à Milan.

Giovanni Giolitti qui demeura aux affaires de 1903 à 1914 dégrade l'institution parlementaire par une corruption électorale. Il va pourtant consolider l'économie du pays et atténuer les oppositions politiques. Lui va éviter les répressions brutales, tout en établissant une alliance contre les socialistes. Il annexe la Libye en 1911, après les échecs en Éthiopie.

La réforme électorale a lieu en juin 1912 accordant le droit de vote à tous les Italiens de 21 ans sachant lire et écrire ou ayant accompli leur service militaire, et à tous les analphabètes hommes à partir de 30 ans, le corps électoral passe ainsi de 3 millions à 8,5 millions.

Le climat intellectuel est marqué par le progrès de la future base idéologique fasciste : le nationalisme.

Le nationalisme en Italie

Le nationalisme nait au moment des désillusions colonialistes. La grandeur passée de Rome a son poids. Ce nationalisme est la conjonction de divers courants dont Croce (1866-1952) sera l'initiateur dans les milieux intellectuels, par ses œuvres littéraires et historiques et sa revue Critica fondée en 1903.

Le nietzschéisme de la volonté de puissance, la glorification de l'instinct et du subjectivisme, un cynisme anticonformiste. Divers inspirateurs Oriani, Corradini, Papini, Prezzolini, les revues Leonardo, La Voce, Lacerba, et un provocateur futuriste Marinetti.

Gabriele d'Annunzio y contribuera par sa langue, sa rhétorique, son esthétisme décadent par l'appel à "l'action sœur du rêve". Cette profusion verbale fascine la moyenne bourgeoisie, tout en état fustigée par les nationalistes pour sa médiocrité (1). Giolitti, président du conseil, se sert de cette force pour la mettre au service de sa politique extérieure.

L'action des nationalistes sera décisive pour l'entrée en guerre de l'Italie en 1915.

Je vous fais grâce de la guerre de 1915-1919 dont vous pouvez trouver tous les détails sur le net !

Notant qu'elle fut précédée par une accentuation des extrêmes, une "agitation sociale" qui se traduisit par des grèves générales ; une poussée de l'extrême gauche au élections de 1913, et la "semaine rouge" dans les Marches (Centre) et les Romagnes (Lombardie).

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Note : Mussolini et le Fascisme, Paul Guichonnet, Que sais-je n°1225, 1966.

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(1) le peu d'italien que j'appris en 2de fut à l'aide de d'Annuzio fin années 1950 ! (sans commentaire)

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