Populisme actuel et invention du fascisme par Benito Mussolini

Je mettrais en parallèle le mouvement actuel vers le fascisme avec le populisme qu'il soit dit "de gauche" ou "de droite" car ils ont peu de différence dans leur manière d'aborder la chose politique. Dans les deux cas nous avons des chef.es qui se veulent à eux seul.es par leur figure charismatique

À l'observation de tendances de fond en Europe, tant qu'au Brésil, qu'aux États-Unis, nous ne pouvons que constater que nous vivons une période où le fascisme reprend de la vigueur.

Je mettrais en parallèle ce mouvement avec le populisme qu'il soit dit "de gauche" ou "de droite" car ils ont peu de différence dans leur manière d'aborder la chose politique. Dans les deux cas nous avons des chef.es qui se veulent à eux seul.es par leur figure charismatique la.e représentant.e du Peuple. Dans les deux cas, en France, nous avons des chef.es qui remettent en cause le pouvoir juridique l'accusant d'être au service des "puissants" qu'ils soient de l'argent ou du pouvoir en place et en général élu.

C'est pourquoi il me semble indispensable de revisiter le cheminement de l'inventeur du fascisme : Benito Mussolini. D'autant qu'il avait une culture de gauche par ses parents et qu'il a été enseignant ; qu'il a été syndicaliste actif ; exilé en Suisse il est reconnu par ses paires socialistes ; rentré en Italie il milite au PSI, il rédige de nombreux articles dans divers journaux socialistes. Son idéologie lui vient de son père et d'une tradition italienne : l'anarchisme. Et à cet époque c'est la ligne principale des socialistes italiens, peu marxisants encore.

Pour plus de détails se référer à Wikipédia ou mieux au livre de Pierre Milza dont s'inspire cette encyclopédie : Mussolini, Fayard 1999, 985 pages. Je vais donc me référer à l'Avant propos de l'auteur pour appuyer mon raisonnement. Et pour un maximum d'honnêteté je vais procéder par citations.

"L'influence, alors considérable, de l'historiographie marxisante comme celle, aussi pesante de l'école des Annales (1) n'inclinaient guère les historiens à mettre l'accent dans leurs écrits sur l'action individuelle, fut-elle de personnalités d'exception ou occupant une position déterminante sur la scène nationale ou internationale. L'heure était aux tendances "lourdes" et au temps "long", aux "forces profondes", à l'intérêt pour les "masses" et pour les "oubliés de l'histoire". (…)

Nous avons été nombreux à subir durablement l'attraction de cette histoire à vocation explicative et globalisante. (…) l'accent était mis d'une part sur l'élaboration d'un modèle théorique reliant le fascisme italien à ses homologues européens et extra-européens, d'autre part sur les aspects économiques et sociaux d'un phénomène dont on se préoccupait surtout d'analyser les structures et d'examiner les relations qu'il entretenait, avant et après la prise de pouvoir, avec telle ou telle catégorie sociale.

(…) de là à m'aventurer sur un terrain que tant d'autres avaient labouré, il restait tout de même beaucoup à faire,

(…) à la lecture des très nombreuses "vies de Mussolini" (…) rares étaient celles qui répondaient vraiment aux questions que je me posais quant aux rapports de l'homme et du régime dont il a été le principal inspirateur.

(…) Il me semble toutefois que, pour comprendre le "mussolinisme", pour saisir la signification de certains gestes, de certaines décisions adoptées par le dictateur, il ne suffit pas de faire référence au milieu dont il est issu, aux forces sur lesquelles s'appuie son action, à la culture politique qui fut la sienne, comme aux évènements majeurs auxquels il a été mêlé avant d'arriver au pouvoir et de produire lui-même l'évènement ; mais qu'il importe également de s'interroger sur le poids qu'ont pu avoir "les choses de la vie" dans la conduite d'un individu qui n'offrait pas une imperméabilité sans faille aux aléas de l'existence ordinaire."

Et les "choses de la vie" on a pu voir récemment comment elles ont pu faire la une de tous les médias concernant un de ces leaders charismatiques.

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(1) influence que j'ai reçu durant mes études à l'Université de Paris VIII-Vincennes, début des années 1970, avec des profs comme Vinock, Marseille, Rébériaux, venant de la Sorbonne, pour les plus célèbres.

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