La dictature des commentateurs sur Mediapart

Mediapart est un bon journal en ligne, pour les commentateurs c'est tout autre chose.

Abonnée à Mediapart depuis 2009 j'y reste car j'apprécie tout à fait ce journal en ligne. En fait c'est le premier quotidien que je lis régulièrement. J'ai abandonné Libération juste après sa création parce qu'approprié par July et sa bande, alors que j'avais participé à sa création. Le Monde ne m'a jamais contentée même années 1970 ; du temps de la guerre du Vietnam je le suivis un peu plus ;  c'est sur ce journal que j'avais appris que Pinochet, nommé commandant en chef de l'armée par Allende, était un fidèle légaliste qui ne ferait jamais rien contre Allende (ce dont ce dernier était convaincu) ; le Nouvel Observateur je l'avais aussi abandonné depuis qu'il s'enfonçait dans la bobo-attitude dès années 1980, en fait c'était la section culture qui m'avait intéressée mais c'était fini. En fait tout ce papier qui était promis à la poubelle me dégoûtait, et quant à les stocker il faut de la place chez soi, et d'ailleurs les relit-on un jour ?

Donc je n'avais plus aucune motivation pour perdre mon temps à lire un journal ni à m'y abonner, car en plus cela fut toujours trop cher pour moi. Je me "réfugiais" donc dans l'excluvité de la lecture des livres.

Puis Mediapart paru, 9€/mois. Et j'y suis encore. N'étant pas d'une nature soumise je ne suis pas en accord sur tout. Mais globalement il me convient par la qualité de ses journalistes. Au début ce fut surtout Martine Orange qui m'accrochait. Puis d'autres journalistes diversifiés arrivèrent pour enrichir ce journal de leurs points d'enquêtes.

Je ne demande pas à un journal d'être entièrement sur mes propres positions politiques. À personne d'ailleurs. Ma position m'est personnelle et résulte d'expériences, de réflexions. N'ayant pas non plus de rigidité je peux avoir parfois des positions politiques qui pourraient paraitre contradictoires à certains, je les assume.

Mais voilà en fait le principal défaut de ce journal est du à ses commentateurs. Ce n'est qu'une petite minorité, mais elle tient à elle seule les commentaires et les blogs. L'immense majorité des abonnés (+100  milles) se tait. Lisent-ils les commentaires ? on ne le saura jamais. Lisent-ils les blogs ? idem.

Et ces commentateurs et blogueurs s'approprient tous les droits. Par exemple de faire des pétitions pour que les commentaires soient invisibles. Malheur à ceux qui avaient un avis différent, voilà que Mediapart s'est soumis à une minorité parce qu'elle crie et tempête.

Sur les billets de blogs et les commentaires des articles nous ne voyons qu'un point de vue à + 80 % : les pro-Mélenchon, les pro-parti de gauche, les autres étant pour ainsi dire muets on pourrait presqu'en déduire que cette ligne politique serait l'immense majorité des Français. Si jamais vous vous risquez à émettre un autre point de vue, même modéré ou nuancé, vous vous faites huer. On vous tourne en ridicule. Non il faut avoir le point de vue de mise : la leur, rigide, sans nuance, d'un bloc.

En fait ces pro-PG sont contre toute démocratie. Ils tiennent la place et entendent la garder. Et si c'est ce qu'ils espèrent pour la 6ème République ou l'arrivée au pouvoir de Mélenchon on peut avoir toutes les craintes d'un pouvoir dictatorial. Et alors ce ne serait pas "la dictature du prolétariat" mais la "dictature de la minuscule partie de la classe moyenne pro-Mélenchon pro-PG", en effet la classe ouvrière n'y a pas, malgré leurs désirs, sa place majoritaire.

On pourrait se poser la question de savoir si les muets le seraient par manque de temps ou édifiés par avance sur la tonalité des commentaires ils ont abandonné toute intervention. Car il faut une énergie et un temps à disposition pour avoir le courage dans cette atmosphère générale de contre carrer l'opinion majoritairement émise.

Je rêve de la démocratie sur Mediapart… cela parait un souhait vain.

Pour les courageux, rarissimes, j'ai pu relever (je ne les nomme pas pour pas leur faire avoir des "histoires", mais ils se reconnaitront sans doute) :

on recommande et on se tait…  ben oui ! Pour éviter des commentaires agressifs donc inutiles, peut-être !

Pour aller à contre courant d'une tendance vomitive convenue sur les pages de MDP ( surtout les commentaires!)  qui ne nous honnorent pas, l'intérêt de ce BUZZ est à court terme pour la lecture des articles mais décevant. Où est la pensée dans ce réceptacle des frustrations que nous subissons et exprimons dans ces lignes est ce résolutoire?  - NON ! Relevons le niveau de notre journal. Toutes ces invectives stériles, ça commence à bien faire! Argumentons de grâce!

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