LA CASSE DE L’HÔPITAL PUBLIC dans le Centre

Manifestation le 24 novembre à Orléans : dans le Centre fermeture des maternités du Blanc dans l’Indre, à Vierzon dans le Cher, à Châteaudun dans l’Eure-et-Loir ou encore à Pithiviers dans le Loiret ; tract CGT.

DERRIÈRE LA CASSE DE L’HÔPITAL PUBLIC, C’EST L’ÉGALITÉ D’ACCÈS AUX SOINS POUR TOUS QUI EST MISE EN CAUSE

Depuis des années la CGT se bat contre le démantèlement de notre système de santé orchestré par le patronat, les grands groupes et mis en œuvre par les gouvernements successifs.

La CGT, avec les salariés de la santé et de l’action sociale luttent depuis plusieurs mois pour combattre le Plan Régional Santé (PRS) porté par l’Agence Régional de Santé (ARS) Centre Val de Loire. Une manifestation a été organisée lors de la tenue de la Conférence Régionale de Santé, au mois de mars dernier qui a conduit à ce que le vote de cette instance soit très divisé (adopté avec une courte majorité) contrairement à d’habitude. Seuls les syndicats CGT et FO ont voté contre ce deuxième plan régional de casse de l’hôpital public.


Ce plan, comme ceux présentés dans les autres régions, porte le démantèlement, la privatisation de l’hôpital public au profit des cliniques privées.

Réforme de l'Hôpital public © Rouliès Réforme de l'Hôpital public © Rouliès
Il acte la fermeture de maternités comme celle du Blanc dans l’Indre, Vierzon dans le Cher, à Châteaudun dans l’Eure-et-Loir ou encore à Pithiviers dans le Loiret. Il acte aussi des fermetures de lits, de services, de spécialités dans l’ensemble des hôpitaux de la région. Les difficultés d’accès aux soins dans les localités ne cessent de s’accroître, avec pour conséquence un engorgement chronique des services d’urgences, un renoncement à se faire soigner et donc de fait la mise en danger des populations.


Des centaines de suppressions de postes de personnels soignants médicaux et paramédicaux, de personnels administratifs et techniques sont contenus dans ce PRS2 alors même que ceux-ci sont déjà dans une grande souffrance, faute de moyens humains. Ces restructurations ont des conséquences dramatiques, notamment une augmentions des suicides chez les salariés des hôpitaux.

La maltraitance institutionnelle des personnels et des patients se généralise avec des conséquences dramatiques pour l’ensemble des habitants de la région. De plus en plus de médecins quittent aujourd’hui la région, ce qui aggrave la pénurie médicale au sein de nos territoires.


La CGT a décidé de contester et de combattre ce plan en proposant des solutions alternatives


Elle a pris l’initiative d’informer massivement les salariés et la population sur la nocivité des choix et décisions de l’ARS sous l’égide du ministère de la santé.

Une pétition demandant le retrait de ce plan et des moyens pour l’hôpital public a obtenu plus de 60 000 signatures. Une partie de ces pétitions ont ensuite été remises lors d’une séance plénière du Conseil Economique Social et Environnemental Régional (CESER) où la CGT est représentée, en avril dernier.

Les militants CGT qui avaient pris place pour écouter les débats, ont obtenu que la deuxième instance régionale (composée de représentants du patronat, de l’associatif, des organisations syndicales de salariés) refuse à l’unanimité ce PRS et s’auto saisisse des questions concernant l’hôpital public.

Dans la séance plénière qui a suivi, le Conseil Régional a également voté contre ce PRS isolant un peu plus l’ARS et le gouvernement dans leur obstination à casser le système de soins issue et financé par la sécurité sociale.

Une commission spécifique a été créée, dans le CESER, avec pour mission d’entendre tous les acteurs du secteur (professionnels de santé, directions d’hôpitaux, représentant de l’ARS, élus du personnels, représentants des usagers etc.. .).

Cette commission rendra un rapport avec des préconisations.


Dans la continuité des actions menées, afin de soutenir les usagers et salariés des hôpitaux, la CGT appelle à une grande manifestation régionale le samedi 24 novembre 2018, devant la préfecture de région, à 14h30 pour la défense de nos hôpitaux publics, pour un accès aux soins de qualité et de proximité, et pour la défense de notre Sécurité Sociale.

Nous appelons donc l’ensemble des salariés, des citoyens, des usagers, des professionnels de santé, des comités de défense des hôpitaux, des mutualistes à se rassembler et à venir manifester, pour exiger le retrait de ce plan qui met gravement en danger les populations de notre région, exiger la réouverture des services de proximité et des moyens pour remettre à flot l’ensemble des établissements publics de santé.

Dans tous les territoires, nous avons besoin d’hôpitaux de proximité.

N’attendons pas que les autres agissent à notre place le 24 novembre à Orléans manifestons tous ensemble.

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Communiqué du député Alain Bruneel

Depuis maintenant 11 jours, une mobilisation de citoyens, d’élus, de soignants occupaient la maternité du blanc (Indre) pour s’opposer à sa fermeture, décidée sans concession par l’Etat. Depuis cette fermeture, les futures mamans sont condamnées à accoucher à plus d’une heure de là où elles habitent.

Nous avons appris ce matin l’évacuation, par les forces de l’ordre, de cette délégation pacifiste d’environ 70 personnes occupant la maternité.

Nous sommes profondément offusqué.e.s par la réponse de l’Etat. L’Etat ne parle pas, ne cherche pas de solutions. Il préfère employer la force plutôt que de chercher à négocier. L’Etat fait le choix, en toute connaissance de cause, de ne pas mettre de moyens financiers pour stopper ce nouveau recul dans l’accès aux soins.

Pourtant à la fin de l’été, Agnès Buzyn, Ministre des solidarités et de la santé, certifiait qu’il n’y aurait « aucune fermeture d’un hôpital de proximité ». Nous voyons que la réalité en est tout autre.

Nous nous rendrons dans les prochains jours à la maternité du Blanc pour apporter notre soutien aux personnes qui luttent sur le terrain pour stopper cette fermeture inadmissible.

Paris, le 30 octobre 2018 Pour les Députés Communistes, ALAIN BRUNEEL.

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