Point après les dizaines d'agressions sexuelles sur les femmes de COLOGNE, HAMBOURG, STUTTGART, ZURICH (SUISSE).

Retour sur la situation en ALLEMAGNE et en EUROPE, dans les médias et dans l'opinion après les agressions sexuelles commises contre des dizaines de femmes à COLOGNE, HAMBOURG, STUTTGART, ZURICH (SUISSE ALLEMANIQUE). Les amalgames vont bon train. L'extrême droite se mobilise pour des manifestation ce week end. Le point sur cette situation malsaine.

Des centaines de personnes manifestaient ...

 

Des faits graves se sont déroulés contre l'intégrité sexuelle et physique de dizaines de femmes à Cologne, à Hambourg, à Stuttgart, à Zurich en Suisse allémanique. Ces faits "mal gérés" sur le plan de la communication des ministères locaux et fédéraux allemands, ont vite servi de tremplin à une extrême droite allemande, qui mène actuellement campagne contre les migrants, et n'hésite pas dans certains Lander à employer la violence, comme en HESSE, en BADE WURTEMBERG et en BAVIERE. Certains appellent dans la presse bien pensante libérale, à ne pas minimiser les faits... 

Le simple fait d'appeler à ne pas minimiser, par certains médias notamment anglais,  est scandaleux, le fait de rapprocher Cologne, les lieux où se sont produits les faits, les délits, les crimes (si viols il y a eu) avec la place TAHRIR est en soit une manipulation. Cologne n'est pas confrontée à une Révolution, ni à un affrontement entre démocrates et musulmans. Ensuite, faire ce rapprochement quelle qu'ait pu vivre cette journaliste (qui était intolérable) c'est déjà désigner les coupables : les arabes et les musulmans. 

Or, jusqu'à cette heure, nous sommes sûrs que des faits graves ont eu lieu, avec notamment des agressions sexuelles sur des dizaines de femmes... Ce qui partout ici, en RFA, ou n'importe où est inacceptable, abject, intolérable, indigne. Mais à cette heure aussi, si 200 plaintes ont été portées selon les uns, 120 selon les autres, la police de Cologne, le ministère fédéral avec MAIZIERE, ou MAAS, ne détaillent pas ces plaintes en dénombrant les vols et les agressions sexuelles. Ce faisant ils ont laissé l'amalgame s'installer entre divers violences, divers délits, divers faits ...car des arrestations ont également été enregistrées pour des jets de pétards suivies de violences, par des gens bien coalisés pour déclencher des incidents sur les parvis de la cathédrale. 

Ensuite, remarquons que la police de Cologne qui publiait dès le 1er décembre que la nuit avait été "sans histoire", qui est chevronnée, encadrant notamment des manifestations sportives, renforcée par des collègues de l'ensemble de la région habitués notamment aux grandes foires, au Carnaval (à Cologne c'est une expérience pour les forces de l'ordre), s'est contentée de vider l'esplanade (qui est divisée en deux grandes parties), sans suivre ensuite vers la gare à deux cent mêtres de là tout au plus les foules diverses qui refluaient vers cet espace moderne, éclairé, laissant des scènes se dérouler dont certains témoignages montrent la violence. Le tout se passe sous des dizaines de caméras de surveillance, des dizaines de portables également qui filment les scènes... 

Remarquons ensuite, qu'il a fallu plusieurs jours pour que des chiffres fusent de la part des autorités alors que les réseaux sociaux, les groupes de presse notamment les groupes qui gèrent la presse locale, mais aussi des dizaines de journaux ne livrent pelle mèle chiffres et spéculations bien ciblées. Tout de suite on accuse des arabes, des africains du nord... puis des migrants, ou des turcs avec des chiffres lancés à la volée.. On parle à Cologne de 1000 agresseurs... dans certains journaux. 

Une manifestation est organisée. Des femmes défilent à Cologne refusant l'appoint des PEGIDA et AFD and co... car dedans la récupération est déjà en marche par l'extrême droite dont les néo nazis dont les actions en HESSE sont beaucoup moins relayées... Or ces actions sont armées, on incendie et on tue. Ceci ne minise évidemment pas ce qui s'est passé à COLOGNE. C'est cette manifestation qui déclenche de la part de la presse les spéculations les plus diverses et qui installe l'idée que des migrants seraient massivement responsables des événements. 

La communication des ministres fédéraux, MAIZIERES et HAAS sont tout aussi catastrophiques que celle de la maire de Cologne qui se croit autorisée de critiquer les tenues des femmes !!! Le tout se passe en pleine résurgence du fameux KINDER KIRSCHE KUCHE dévolu aux femmes par la CSU notamment et la droite de la CDU dont MERKEL est la chef de file. 

Or à cette heure, les informations restent confuses, et on ignore encore l'ampleur exacte de ce qui s'est passé à Cologne d'une part mais aussi à HAMBOURG, à STUTTGART, et aussi à ZURICH. On ignore qui sont encore les auteurs, et si cela a une importance (maintenant politiquement cela en a car les amalgames ont eu libre cours), leur nombre exact, les identités etc... Même si on dit dans certains milieux policiers, que les suivis de portables mènent "près de quartiers" largement habités par des "émigrés". 

Manipulation de masse il y a car si des dizaines d'agressions ont eu lieu ce qui est (encore une fois) inacceptable, intolérable, on a laissé et la police en premier lieu, la justice également, les médias spéculer sur ces faits, publier des chiffres sans véracité avérée, dans un contexte où les luttes internes de la droite SPD et CDU compris, portent notamment sur le refus des émigrés. Il est en effet clair que le discours de MERKEL du jour de l'an dont la partie sur les migrants a été volontairement détaché du reste, et relayé partout, ne plait pas à certains milieux d'affaires, à certains dirigeants de LANDER, dont SEEHOFFER, ou les dirigeants de la HESSE, où les agressions anti migrants deviennent comme en BADE WURTEMBERG plus que préoccupants. 

Manipulation car dans un contexte de tensions dans toute la RFA, dans toute l'UE, ce sont trois ou quatre groupes de presse acteurs de la montée de l'extrême droite en Autriche, en Suisse, en Pologne, bienveillant à l'égard de la Hongrie, relais de la propagande anti russe, dont les pratiques relèvent d'organes de propagandes, soutenus par de grands groupes industriels et bancaires, qui livrent des informations non fondées sur des sources fiables, des amalgames dignes de groupuscules d'extrême droite afin de surfer sur l'appréhension  des foules. 

En RFA, le mobile est clair. Il s'agit de ne pas accueillir de peur que l'hospitalité coûte, même si la dérégulation se nourrit de l'émigration. Il s'agit toujours en RFA pour les banquiers de maintenir austérité et dumping social. 

En France le mobile de la complaisance vis à vis des amalgames d'extrême droite, est clair. D'une part, ancrer l'austérité, le dumping, mais aussi, sacrifier les émigrés dont certains jugent dans les affaires, qu'ils sont un obstacle à la consommation par l'insécurité qu'on leur prête, mais aussi, dans une certaine mesure, obtenir des restrictions telles qu'elle permettront son exploitation plus facile. 

Aujourd'hui comparer TAHRIR à COLOGNE relève de l'abjection. Aucun être humain ne peut minimiser les actes de Cologne, ni les excuser. Ces actes sont à condamner... mais comme le disent quelques journaux allemands conscients de l'effet de bombe social de l'engrenage mis en route par les réactionnaires, les coupables ne seront vraiment connus qu'une fois l'enquête aboutie, et quelle que soit le résultat de l'enquête, il ne peut en être déduit une responsabilité collective sur tout un ensemble qu'il soit sexuel, d'origine, d'ethnie, de religion ou autre... 

Il faudra donc établir des responsabilités et des culpabilités dans la sérénité de la justice... Ce qui devrait en démocratie inciter les médias à balayer devant leurs rédactions, leurs portes. 

Pour rappel à certains ... l'an passé focale était rendue sur l'Inde... Des campagnes ont été faîtes l'an passé sur les agressions sexuelles dans le métro à Paris... Des viols ont lieu lors des guerres de populations chrétiennes, et des européens dans les balkans violaient d'autres européennes à des fins stratégiques, il y a moins de vingt ans. 

S'en prendre aux arabes, aux turcs, aux migrants, ou aux émigrés c'est aussi cautionner que le fléau des violences faîtes aux femmes ou l'inceste se perpétuent aussi chez nous dans toutes les couches de la société. 

Le viol reste l'un des ferments les plus anciens de toutes les sociétés totalitaires, c'est pourquoi toutes les démocraties doivent les combattre férocement : ceci commence par l'égalité des salaires femmes hommes, ce que la France et le gouvernement actuel feignent d'ignorer. 

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