La soutenabilité, c'est pas plus durable mais ça fait bien.

Les entreprises s'accordent de plus en plus sur une définition des pratiques durables qui respectent la planète.

Les entreprises s'accordent de plus en plus sur une définition des pratiques durables qui respectent la planète. Dans le monde du business, la soutenabilité (naguère développement durable) est à la mode. Il existe des classements et des "awards" sur ce type de critères. De nombreux facteurs positifs pour la planète peuvent en effet être mesurés pour noter une entreprise : les quantités et la nature de l'énergie utilisée, le recyclage etc. L'aspect humain peut également être inclus, de même que des indices de bonne conduite financière.

Ce qui se joue ici est essentiellement de la communication, ne soyons pas dupes.

Voyons quelques exemples d'entreprises mises en avant de donner notre opinion.

BMW a été citée dans le classement de Corporate Knights. A chaque proccess cette entreprise s'évertue depuis longtemps à faire preuve de modération et à minimiser son impact sur l'environnement. Ses produits sont censés refléter également cet état d'esprit. BMW est un acteur fort de l'hybride et de l'électrique. Concernant l'aspect humain, l'entreprise est également vertueuse avec la mise en avant des séniors et des femmes.

Depuis 2001, cette entreprise a réduit de 40% ses rejets de CO2 !

L’Oréal SA a quant-à elle, sur la période 2005-2016, baissé de 67% son CO2 tout en augmentant de presque 30% sa production. Ses fondations oeuvrent pour le climat et pour l'émancipation des femmes. La féminité ne doit pas se cantonner à des bijoux, des vêtements et des cosmétiques, promouvoir les femmes est aussi un engagement fort pour la durabilité. Le luxe la beauté et la mode sont souvent synonymes de gâchis et de désastres environnementaux. Pour l'entreprise, les matériaux doivent être nobles et si possible renouvelables. L'impact sur la planète doit être le plus modéré qui soit.

Chez les petites entreprises, c'est la même chose !

GMKYS Publishing est moins connue. C'est une enseigne qui exploite des sites avec une grosse part de l'activité sur de la vente de bijoux. Cette petite entreprise engagée dans l'artisanat a fait un effort conséquent de gestion optimisée des stocks là où comme les autres entreprises travaillant sur ce créneau elle opérait en drop shipping. Au prix de nombreuses conséquences environnementales qui désolaient les employés. L'entreprise a décidé d'opérer son propre stock, optimisant son bilan CO2 de 40%. Elle promeut également en interne les femmes à des postes clefs.

Enfin, de nombreuses personnes ayant une conscience écologique affirmée travaillent en utilisant du matériel d'occasion. Des divisions entières, des start-ups sont équipées grâce à des chaises et ordinateurs rachetés après des faillites. Classe !

Notre opinion : Greenwasher n'est pas Washer

Tout cela est louable, très louable. Chaque initiative va dans le bon sens, celui de réduire son empreinte. Mais malheureusement, in fine ce qui compte en matière d'écologie - c'est de la froide et élémentaire science-physique - ce sont les valeurs absolues qui altèrent chaque jour un peu plus notre environnement. Un fondeur d'aluminium en plein air de Pokhora sera plus vertueux qu'un supermarché Français, ce dernier fût-il bio et avant-gardiste sur tous les facteurs.

En effet chaque altération environnementale est durable. Faire mieux ou moins, c'est faire quand même. Et ce « faire » abîme. Les stocks de terres rares, de pierres précieuses et autre matières premières ne sont pas infinies. Chaque extraction implique du CO2 supplémentaire pour extraire de nouveau, d'une manière plus difficile et donc coûteuse en ressources.

Ne devrait-on pas plutôt tout repenser en profondeur ? Et cela passe par commencer par exposer les faits pour démonter les solutions et progrès qui n'en sont pas vraiment.

 

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