Dictature Pinochet : le procès tardif en France des ses crimes

La Cour d’Assises de Paris -la plus haute juridiction criminelle française- ouvrira ce procès du 8 au 17 décembre 2010 pour juger les membres des Forces Armées du Chili impliqués dans l’assassinat, après le coup d'Etat de 1973, de quatre Français.ALPHONSE CHANFREAU,JEAN-YVES CLAUDET FERNANDEZ,GEORGES KLEINet ETIENNE PESLE

La Cour d’Assises de Paris -la plus haute juridiction criminelle française- ouvrira ce procès du 8 au 17 décembre 2010 pour juger les membres des Forces Armées du Chili impliqués dans l’assassinat, après le coup d'Etat de 1973, de quatre Français.

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ALPHONSE CHANFREAU,

JEAN-YVES CLAUDET FERNANDEZ,

GEORGES KLEIN

et ETIENNE PESLE

 

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Après 2 ans et 7 mois de report du procès des sbires de l’armée chilienne qui ont participé à l’assassinat de 4 français au début de la dictature de Pinochet au Chili, la Cour d’Assises de Paris -la plus haute juridiction criminelle française- ouvrira ce procès du 8 au 17 décembre 2010. Dans ce même espace de Mediapart, le 8 mai 2008, nous expliquions les « difficultés » que le Parquet Général de Paris a eu depuis 1998 pour qu’ait lieu l’audiencement du dossier au rôle de la Courd’Assises. Nous sommes 37 ans après les faits qui seront jugés. Sept présidences ont passé avant que ce procès n’ait lieu : G. Pompidou, V.Giscard d’Estaing, deux mandats de F. Mitterrand, deux mandats de J. Chirac etcelui de N. Sarkozy, qui est loin d’être le chantre des droits humains (Chine, Tunisie…). Entre-temps, trois des principaux accusés sont décédés : Pinochet, Palacios, Paul Schaeffer (gourou de « Colonia Dignidad »).

 

Un report eut lieu quelques jours avant le début du procès qui devait s’ouvrir le 19 mai 2008, justifié par « une mauvaise évaluation du temps nécessaire à organiser un tel procès ». Comme si à la dernière minute, l’administration de la justice française se serait rendue compte des problèmes matériels pour prévenir les nombreux « grands témoins » sollicités par les parties civiles ainsi que pour convoquer les officiers chiliens mis en examen via la chaîne d’institutions françaises et chiliennes devant être traversées pour arriver jusqu'à eux en respectant les procédures en l’absence de convention d’extradition entre les deux pays.

A l’époque du report, la Garde des Sceaux était Mme Rachida Dati. La nouvelle date du procès a été fixée par la Garde des Sceaux Mme MichèleAlliot-Marie. Le procès s’ouvrira sous le ministère du Garde des Sceaux Mr Michel Mercier.

 

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Ce procès débutera après la visite en France du 19 au 21 octobre de Sébastien Piñera héritier politique du pinochetisme, un entrepreneur multimillionnaire à la tête du Chili. Ce procès qui traîne depuis 12 ans est finalement situé dans le calendrier politique français, si soigneusement organisé par la mandature de l’actuelle présidence, dans la période creuse des fêtes de fin d’année. Nous verrons quelle place sera accordée à ce procès, dérangeant les affaires, en France et au Chili.

 

Ce procès, avant tout symbolique, jugera par défaut 12 officiers chiliens, un argentin et un civil chilien. C’est au nom de la compétence personnelle passive et non au nom de la compétence universelle, que la justice française met les militaires chiliens, l’argentin et le civil en accusation.

 

A part les familles des victimes, quatre associations, ou organismes, se sont portés parties civiles au procès : CODEPU – Corporación de Defensa y promoción de los derechos del Pueblo, l’AEXPPCH –Association des ex-Prisonniers Politiques Chiliens en France, FAL – France Amerique Latine, La FIDH – Fédération Internationale des ligues des Droits de l’Homme et la LDH Ligue française des Droits de l’Homme.

 

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Henry Kissinger, lequel a joué un rôle dominant dans la politique étrangère US entre 1969 et 1977, et était un énergique supporter des régimes militaires latino-américains. « Kissinger a donné l’ordre aux ambassades des Etats Unis dans la région de ne pas intervenir dans les crimes qui alors se commettent dans le cadre du Plan Condor. » Pagina 12, 11/4/2010

 

En tout état de cause, si ce procès prononce des jugements à l’encontre des accusés, des mandats d’arrêt internationaux déjà lancés pour les faire comparaître, continueront sine die.

Les associations et organisations politiques concernées par ce procès seront les mercredis 8, lundi 13 et jeudi 16 décembre de 11:00 à 14:00 sur la Place Saint-Michel, à défaut d’autorisation préfectorale de manifester en face du Palais de Justice de Paris sur l’île de la Cité, pour informer du déroulement du procès. Et à la Mairie du 3° Arrondissement (2, rue Eugène Spuller) : Vendredi 17 décembre à partir de 17 heures pour s'informer sur le compte-rendu du Procès et une soirée fraternelle suivra.

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