Le blues des greffiers sur la mentalité anachronique de la justice

Lire les commentaires de cette actualité Dalloz : " Les greffiers ne sont pas « l’armée des ombres » du monde judiciaire. Les greffiers restent des acteurs du monde judiciaire surdiplômés encore en attente d’un vrai statut avec des missions juridictionnelles à la hauteur de leurs compétences..."

https://www.dalloz-actualite.fr/chronique/greffiers-ne-sont-pas-l-armee-des-ombres-du-monde-judiciaire#comment-8469

Commentaires

par greffière le 21 novembre 2017 13:55.

dommage que l'auteure n'évoque que les chefs de juridiction et de Cour en écriant ".../... Il est également plus que temps qu’il soit régulièrement sollicité, associé et entendu comme force de propositions par la Chancellerie, les chefs de juridictions et de cour comme un acteur à part entière de l’institution. La justice y gagnera en efficacité, elle y gagnera également en forces .../..."

Pour ma part, je dépend hiérarchiquement d'un Directeur de Service des Greffes, et pas d'un magistrat. C'est ce qui me donne mon indépendance, et j'y tiens.

Il est donc plutot dommage, que concernant les fonctionnaires des greffes, les Directeurs ne soient pas associés et entendu comme force de propositions par la Chancellerie, et comme acteur à part entière de l'instution. La justice y gagnera en efficacité, elle y gagnera également en forces

par Nadia le 21 novembre 2017 23:13.

Il y a ceux, comme moi, qui en ont eu marre d'attendre qu'un jour la Chancellerie reconnaisse leur profession à sa juste valeur et qui ont préféré partir ... 14 ans au Ministère de la Justice et c'est en partant vers d'autres horizons que j'ai trouvé la reconnaissance !

par Un GAM le 22 novembre 2017 10:00.

Très bel article, et très juste.

En revanche, pas convaincante l'idée de faire des greffiers des A et des greffiers en chef (DSGJ) des A+, ça n'a pas de sens.

Donnons quelques exemples de corps A+ qui constituent la haute fonction publique : Magistrat, Commissaire de police, Directeur d’hôpital, tous les corps de sortie de l'ENA,Conseiller des affaires étrangères du cadre d'Orient, etc.

Ça ne correspond en rien aux missions et responsabilités des DSGJ qui font du micro-management, des "petites" RH, etc.

Que ferait-on alors des attachés?

Quant aux greffiers il y a une tel hétérogénéité des profils, des parcours, des postes, des missions, la logique de la catégorie A ne correspondrait pas non plus. Sf à recentrer les greffiers uniquement sur l'assistance au magistrat.

par Chat noir le 22 novembre 2017 10:27.

le vrai problème de ce ministère ce sont les magistrats qui occupent de plus en plus en plus des fonctions qui ne sont pas les leurs, et qui considèrent le greffier comme un simple secrétaire. Il est tout de même incroyable qu'il ait fallu attendre 2016 pour qu'un directeur des services de greffe puisse accèder au poste de directeur de l'école nationale de greffe, poste autrefois réservé aux seuls magistrats.

par MORIZOT le 22 novembre 2017 15:32.

Il fallait l'écrire.....parfaitement écrit et tellement vrai. Immaginez en plus quand cela fait 31 ans que l'on "fait fonctions de greffier" sans même en avoir la rémunération....

par Sandra le 22 novembre 2017 18:33.

Ce discours est bien sûr très juste mais il est regrettable que ne soient pas associés à ces propos les directeurs (DSGJ) qui, eux aussi, ont tant à dire du mépris du ministère à leur égard.
Les groupes de travail qui s'ouvrent de ça et là à la chancellerie ne donnent que peu de places aux DSGJ, considérés aussi par la magistrature comme un corps devant "marcher dans leurs pas".
Et, pourtant, M. ou Mme le GAM qui a réagit le 22/11, le directeur est aujourd'hui, dans de nombreux cas et de nombreux contextes, un véritable A+ et loin de votre définition du cadre qui ne fait que du "micro-management" ou de "la petite RH", expressions que je ne comprends pas d'ailleurs....
La conduite de projet et du changement est au coeur de la vie des juridictions à présent et nous avons, directeurs, greffiers et adjoints, notre place pour être force de proposition.
Arrêtons les divisions qui font le jeu des....magistrats !

par DSGJ ancien greffier le 22 novembre 2017 18:49.

Très bel article qui met des mots sur mon ressenti, il y a quelques années de ça, quand j'étais greffier. J'ai depuis évolué vers le corps des directeurs, à hauteur de mon bac+5 et avec l'idée de "rester dans la Justice". J'ai emporté avec moi cette expérience des greffes si précieuse pour exercer mes fonctions et ai pu constater dans l'un et l'autre corps la richesse des projets travaillés en association avec l'ensemble des acteurs. Je suis en revanche une fois de plus peinée de constater que comme greffier, directeur est une profession mal connue et mal reconnue. Parler de responsabilité de "micro management et petites RH" me semble loin de mon quotidien et de celui de bon nombres de collègues, attachés à s'investir dans leurs fonctions (encadrement d'équipes entre 20 et 50 personnes, conduites des projets, informatique, formation, RH, budget, immobilier, ...) bien au-delà de la reconnaissance morale et financière accordée. Finalement, greffier ou directeur, à mon sens : même combat : obtenir des missions à hauteur de leurs compétences et une vraie reconnaissance. Le nombre croissant de directeurs en détachement dans des fonctions...d'attachés justement en est un témoignage.

par GEC le 22 novembre 2017 21:46.

Après la lecture de cette tribune (on ne peut pas réellement parler d'article), je suis très partagé et particulièrement navré.

Dans les chefs de file des Chantiers de la Justice, il est regrettable qu'on en soit venu à prendre des opérateurs privés et à ne pas solliciter des personnels de la Justice. Quant au choix d'un greffier chef de file, je n'ai pas d'avis mais je trouve navrant le fait de focaliser sur l'absence d'un greffier pour conduire ce chantier. Il faudrait s'assurer de la participation des agents du greffe dans les auditions qui sont menées, ce qui ne semble pas être totalement le cas et en soi critiquable.

Si je trouve génial le fait de donner la parole à une greffière, je trouve désolant le peu d'ambition porté par cette personne pour le statut des greffiers : considérer qu'il y a une valorisation des greffiers dans le rôle de GAM !!! on frôle le ridicule. Il n'y a aucune revalorisation indemnitaire. Quant à la réforme statutaire, il s'agit d'un recul pour tous les personnels de greffe.

Ne voir la valorisation du greffier que dans son rôle d'assistant me semble paradoxal avec la critique de trop (...) voir [les greffiers] dans l’ombre du magistrat...

Je passe sur les confusions et imprécisions quant au statut supposé des greffiers en Europe... Les "secretarios judiciales" sont en réalité plus proches des greffiers en chef que du greffier... et cela ne vaut pas que pour l'exemple espagnol...

Il y aurait tellement d'autres choses à dire...

par Olivier le 22 novembre 2017 22:46.

C'est un point de vue, mais on peut aussi se dire qu'au lieu de se plaindre de n'être pas employé à la hauteur de sa compétence, il suffit peut-être de passer et réussir un concours en adéquation avec sa qualification....Comment venir se plaindre de sa rémunération, de ses fonctions quand on passe un concours niveau BAC+2 en revendiquant une rémunération de BAC+5 ?
Après effectivement il y a peut-être peu de BAC+2 dans les reçus, mais n'est-ce pas les BAC+3+4+5 qui "prennent leur place" ?
J'ai passé le concours quand seul le BAC suffisait bien que le programme soit au niveau du BAC +2. J'ai été reçu au concours avec mon seul BAC en poche, je n'ai donc pas toutes les connaissances ni le niveau en droit d'un magistrat.
Concernant mon salaire je le trouve correct eu égard à mon niveau de qualification. Il ne tient qu'à moi de faire le nécessaire pour évoluer si je le souhaite.
Concernant la reconnaissance du travail du greffier, que celui-ci soit reconnu pour ce en quoi il consiste actuellement serait déjà bien. De ce point de vue là il y a effectivement des efforts à faire de la part de la chancellerie.
Alors peut-être qu'effectivement il pourrait y avoir une fonction intermédiaire entre le greffier (tel qu'il existe actuellement) et le magistrat, mais généraliser une extension de compétence du greffier et faire reconnaître un niveau BAC+4 ou +5 fermerait des portes à biens des personnes qui n'ont pas les moyens (financiers notamment) de faire de longues années d'études . Et puis la compétence n'est pas seulement question de diplôme, pour preuve tous les C qui font effectivement bien souvent fonction de greffier sans en avoir la rémunération...
Alors peut-être que cela peut passer pour un manque d'ambition, mais la fonction de greffier telle que je l'exerce actuellement me convient parfaitement. J'ai certainement aussi eu la chance de travailler en majorité avec des magistrats respectueux de notre travail et conscients de nos difficultés (en terme d'effectifs). J'espère que les futurs greffiers aimeront autant leur travail que moi et ne seront pas des greffiers "aigris" se mettant en concurrence avec les magistrats alors que nous devons tous travailler ensemble et dans l'intérêt des justiciables.

par Anonyme le 22 novembre 2017 23:15.

Franchement, c’est pas en faisant ce métier qu’on aura une quelconque possibilité d’évolution... Être greffier demande certaines compétences oui, mais entre nous, ce métier s’apprends très vite, et ne demande pas non plus une immense réflexion de tous les temps. C’est routinier, lassant, abrutissant... bref un métier à ne pas conseiller.

par legouyat le 23 novembre 2017 17:14.

Il me semble que l'on se paie de mots et que l'on se hausse excessivement du col. La technicité du métier de greffier n'a rien à voir avec celle du magistrat ou de l'avocat, sans parler de ses responsabilités. Quant à soutenir que les magistrats prennent les greffiers pour des secrétaires alors que maintenant la quasi totalité des magistrats tapent eux-mêmes leurs décisions!

par Chat noir le 24 novembre 2017 11:16.

@legouyat je vous rejoins sur le fait que la technicité du métier de greffier n'a rien a voir avec celle du magistrat ou de l'avocat en effet le greffier est un technicien de la procédure et non du fond. En celà ce sont des métiers différents je vous l'accorde. Cependant je vous rappelle que les procédures évoluent et le métier de greffier est en constante évolution. Si pour vous le métier de greffier consiste à enroler convoquer et notifier alors je vous l'accorde un agent est est mesure de le faire dès lors le greffier n'a plus aucun intérêt en tant que garant de la procédure et pourquoi pas le supprimer. Quant aux magistrats qui tapent eux même leurs décision certains le font mais c'est pas encore le cas de tous et je ne parle même pas du nombre d'acquisition de logiciels de dictée vocale par le ministère pour des magistrats incapable de se servir d'un clavier ... Quant à se hausser du col il y a parmis les greffiers des gens qui sont tout aussi pointus juridiquement que des magistrats ou des avocats et ce n'est pas se hausser du col que d'énoncer un fait.

par Chacun sa place ! le 24 novembre 2017 11:47.

STOP ! Ne mélangeons pas tout.
C'est certain qu'on lit une certaine frustration de ces greffiers qui sont bombardés de diplômes et qui n'ont pas pu réussir d'autres concours (ENM, IRA,... ) ou d'autres examens (CAPA, notariat...).
A qui la faute ? Au magistrat qui est passé par l'ENM, au DSGJ qui a réussi le concours ? certainement pas ! Faut-il admettre qu'en France les diplômes ne servent à rien puisqu'ils ne permettent pas d'acquérir les connaissances suffisantes à la réussite du concours ou de l'examen ? c'est fort possible.
La seule solution pour cette greffière ce serait qu'elle réussisse un concours à la hauteur de ses espérances. Ou changer de travail si cela ne lui convient pas. Peut être a-t-elle échoué 3 fois à l'ENM ... tant pis !
Les greffiers, expert en droit ? Il n'y a pas si longtemps,les greffiers demandaient encore comment faire ceci ou cela au greffier en chef, comment interpréter une circulaire et bien d'autres encore ... et ça continue encore aujourd'hui, lol.
Tous les greffiers dans le même sac ? je ne pense pas. Il y a ceux qui ont passé le véritable concours et ceux qui sont devenus greffier au mérite (au choix), ou même par les effets pervers d'un faisant concours ! Et pourtant, ce sont tous des greffiers, il ne peut pas y avoir de différence.
Pour terminer avec une note positive ; je dirais à cette greffière :"souvenez-vous le jour où vous avez appris que vous étiez reçu au concours de greffier ? elle n'était pas belle la vie ?".

par paulfilo le 26 novembre 2017 12:32.

Toujours étonnant de voir à quel point on ne pose jamais la vraie question : et si le métier de greffier ne servait à rien ? Garder la trace écrite de l'oralité de la décision du magistrat au 21ème siècle, encore utile ? Et combien de greffiers ne maîtrisent pas (ou mal) l'informatique ou les statistiques pourtant indispensables à leur fonction. Beaucoup de corps administratifs de la fonction publique pourraient les remplacer avantageusement. Le manque de reconnaissance est une conséquence de l'inadaptation, pas une décision ex nihilo.

par Virginie le 26 novembre 2017 12:54.

Beaucoup de magistrats n'ont pas encore trouvé le mode d'emploi du fax ou la manière de mettre un courrier sous enveloppe d'où l'intervention technique du greffier. Ce constat vaut également pour le fonctionnement de la photocopieuse notamment pour le recto-verso. Les fonctions de greffier ne sont pas à ce point techniques qu'elles nécessitent un passage en catégorie A. Dans de nombreuses administrations des B instruisent des dossiers et garantissent le respect de la procédure inhérente à leur domaine. Les seuls qui au vu de leurs attributions mériteraient de passer À sont les greffiers fonctionnels pas de pot ce sont justement des postes de A qui ont été basculés en B qui leurs ont été attribués. Mêmes fonctions mais pas le même salaire. et publication des postes à la BIEP tout bénef pour l'administration. Le greffier exécute c'est une fonction de B voire de C dans certains cas et eux n'ont même pas le début d'un embryon de reconnaissance financière. Le problème est que beaucoup de greffiers sont frustrés par leur travail (combien rêvent de devenir magistrats !)pour la grande majorité être greffier est loin d'être une vocation. Tous les postes de B et de C sont occupés par des personnes sur diplômés ce n'est pas l'apanage du greffier. Par ailleurs je rejoins le point de vue d'anonyme pour ce boulot est répétitif, fort peu intéressant en conclusion rébarbatif mais je me soigne et au lieu de revendiquer un passage en A totalement j'essaie de quitter ce poste. Quand on n'est pas satisfait on part.

par Yenamarre le 27 novembre 2017 23:39.

Moi je trouve sincèrement ce métier ennuyeux... ça nous élève en rien l’esprit. On ne fait qu’appliquer des procédures, et obéir aux décisions de nos supérieurs parfois incompétents...les jours passent et on fait toujours les mêmes choses. Un boulot de secrétaire amélioré soit, mais un boulot complètement abrutissant. Parfois je le dis mais qu’est ce que je fous la! Je n’ai aucunement envie e rester vieille greffiere ronchonneuse... bref fuyez!!

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.