" Toujours plus de répression et toujours moins d’éducation "

L'article 24 de la loi sécurité globale n'est pas un cas isolé de la dérive répressive. La justice pour les enfants connaît également une radicalisation de la sanction pénale. 200 personnalités liées à la protection de la jeunesse appellent les députés à ne pas "céder" à ce "simulacre de débat démocratique" et à s’opposer au vote du projet de loi qui réforme la justice des mineurs.

https://www.francetvinfo.fr/societe/justice/tribune-reforme-de-la-justice-des-mineurs-toujours-plus-de-repression-et-toujours-moins-deducation-denoncent-200-personnalites-liees-a-la-protection-de-la-jeunesse_4201793.html

A rapprocher :

de la réforme sur le code du travail (Muriel Pénicaud), de la réforme des universités (Frédérique Vidal), des différents états d'urgence, ...

Prolonger :

« Ceux qui sont en face de vous sont obligés de vous admirer »

Par Éric Plouvier le 24 Novembre 2020

L’article 24 de la proposition de loi sur la « sécurité globale » doit être supprimé. La promesse d’un ministre à un syndicat de policiers doit s’effacer face au risque grave d’atteinte à nos règles fondatrices. Ce n’est pas l’amendement cosmétique du ministre qui changera la faculté qui pourrait être ouverte par la création de cette nouvelle infraction d’interrompre la captation d’images s’appuyant sur la procédure pénale dans laquelle l’infraction nouvelle s’insérera.

En janvier 2020, place de la République, le préfet Lallement envoie ses troupes contre des manifestants et les unités de police et de gendarmerie oublient le juste précepte du préfet Grimaud en 1968 : « Dites-vous bien et répétez-le autour de vous : toutes les fois qu’une violence illégitime est commise contre un manifestant, ce sont des dizaines de ses camarades qui souhaitent le venger. Cette escalade n’a pas de limites. Dites-vous aussi que lorsque vous donnez la preuve de votre sang-froid et de votre courage, ceux qui sont en face de vous sont obligés de vous admirer, même s’ils ne le disent pas. »*

En fait, le préfet Lallement rompt avec la doctrine Grimaud. C’est normal, le 16 novembre 2019, on avait eu le fond de sa pensée lorsqu’il s’est adressé – filmé ! – à une manifestante en ces termes, certes ensuite regrettés : « Nous ne sommes pas du même camp, Madame ! »

Sous nos yeux, nous assistons au détricotage de nos libertés. Le « camp » du pouvoir et de la force grignote nos droits essentiels et séculaires.

Non seulement la force publique est galvanisée par le ministère de l’Intérieur, grand gardien du pouvoir par la force – le portail d’un ministère a été naguère dégondé – mais, en plus, chaque policier sait qu’il pourra désormais bénéficier de la nouvelle infraction incriminant la diffusion d’images malveillantes.

Le nouveau délit puni d’emprisonnement leur ouvrira la voie pour neutraliser les tournages d’images qui pourraient être en leur défaveur, comme en cas d’usage illégitime de la force.

(...)

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