Propriété privée : mystification juridique et justification de la répression

Deux articles de Médiapart sur la propriété, le vol, la violence institutionnelle.

https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/020221/imaginaire-proprietaire-et-societe-securitaire?onglet=full

 

Imaginaire propriétaire et société sécuritaire

2 février 2021 Par Joseph Confavreux

En braquant son regard sur les braqueurs, les voleurs, les gendarmes, mais aussi et surtout les volés, Arnaud-Dominique Houte fait effraction dans l’histoire de la France contemporaine pour saisir les évolutions de son rapport à la propriété.

Le philosophe Pierre Crétois veut sortir la propriété privée des droits fondamentaux

29 décembre 2020 Par Romaric Godin

Dans son livre La Part commune, le philosophe Pierre Crétois entreprend une critique radicale de la propriété privée et de ses fondements. Pour lui, la propriété est un droit secondaire au service d’autres droits, plus fondamentaux.

 

Le commentaire du vol évite souvent et étonnamment de traiter son aspect le plus important ; celui des détournements de biens et de fonds publics par celles et ceux qui ont reçu - après l'avoir sollicité - mandat de les gérer. Les mêmes se rendent d'ailleurs les complices des fraudes fiscales colossales par leur étonnante mansuétude persistante.

La gabegie est telle que des organes de presse conservateurs le dénoncent. Par ex. :

Voir aussi :

Reste à écrire une histoire du vol organisé par les " propriétaires " - et leur domesticité publique - au préjudice de l'intérêt général. Une tradition qui dure depuis le scandale de la vente des biens nationaux. Ce qui se poursuit aujourd'hui à travers les privatisations des biens publics et la déresponsabilisation des comptables publics :

Il y a d'ailleurs une mystification juridique à consacrer la propriété comme un droit de l'homme puisque personne ne naît propriétaire mais le devient (que ce soit par le travail ou l'héritage), à la différence de la dignité consubstantielle à la personne dès sa naissance et principe matriciel de tous les droits humains.

L'article consacré à Arnaud-Dominique Houte précise :

  • " Elle trouve ses fondements dans la seconde moitié du XVIIIe siècle lorsque, notamment à Londres, la tolérance vis-à-vis des petits maraudages diminue en même temps que se reconfigurent les logiques sécuritaires et que se déploie une « criminalisation accrue des atteintes à la propriété ». "

Ne serait-il pas plus juste de parler du mouvement des enclosure ? C'est-à-dire l'appropriation des biens communs par ceux qui revendiquent aujourd'hui le respect de la propriété ?

Ce qui s'est traduit pareillement en France au travers de l'interdiction et la pénalisation des usages sur les communs comme l'illustre d'ailleurs l'article qui cite par exemple la criminalisation du glanage, de l' affouage, de la cueillette, du ramassage,....

Cette tendance patrimonialiste est consacrée dramatiquement jusqu'à l'absurde aujourd'hui dans la poursuite de personnes ramassant des objets abandonnées - donc sans propriétaire - dans les poubelles et se trouvant en état de nécessité : En correctionnelle pour se nourrir dans une poubelle

La violence collective puis institutionnelle est apparue avec la propriété au Néolithique : Par les armes - Le jour où l'homme inventa la guerre

également :

La violence collective apparaît au Néolithique avec la propriété

Plusieurs sites archéologiques - des fosses communes de personnes abattues par flèches ou haches en pierre polie - signalent la violence collective au Néolithique avec la sédentarisation et l'appropriation des biens communs (agriculture, élevage). Cet héritage de la prééminence de l'autorité sur la solidarité…

 

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