Afghanistan : l'OTAN et Obama complètement à côté de la plaque

Le mouvement Taliban est un régime alternatif proche des terroristes mais dont l'OTAN et Barack Obama ont été incapables d'analyser les caractéristiques ; d'où l'échec de leur stratégie et la nécessité de se retirer. Explication de l'échec américain - "une si prévisible défaite " - et de l'alternative qu'elle crée avec la Chine, l'Iran, le Pakistan, la Russie, la Turquie.

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Après deux décennies de guerre, les Etats-Unis se retrouvent devant les débris de l’opération “ Enduring Freedom ”, dont le coût financier mirobolant rivalise avec un bilan humain scandaleux. En même temps, la recrudescence des assassinats politiques et l'offensive talibane ont contribué à l'augmentation inquiétante des victimes civiles, comme le pointe le dernier rapport de l'UNAMA. 

Comment interpréter le départ à bas bruit de la coalition internationale ? Les Talibans sont-ils aujourd'hui les seuls intendants crédibles au pouvoir afghan ? Pour en discuter avec nous, Gilles Dorronsoro, professeur de sciences politiques à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, auteur de “Le gouvernement transnational de l’Afghanistan. Une si prévisible défaite” en 2021, et Elie Tenenbaum, directeur du centre des études de sécurité à l’IFRI. Il a publié en avril 2021 avec Marc Hecker “ La guerre de vingt ans: djihadisme et contre-terrorisme au 21ème siècle ”.

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Wikipédia : Programme afghan

Le « programme afghan » (The Afghan program) est le nom souvent donné dans la littérature1 à l'opération secrète de la CIA qui consistait à armer les moudjahidines afghans opposés au gouvernement communiste afghan, ce dernier étant soutenu par l'URSS. Cette opération, dont le nom de code semble avoir été « Operation Cyclone »2,3,4,5, fut lancée par le président Jimmy Carter le 3 juillet 1979 et ne s'arrêta qu'au 1er janvier 1992 sous l'administration George H. W. Bush6

« Ligne Durand » : plaie ouverte au cœur des tensions afghano-pakistanaises

Les affrontements à la frontière afghano-pakistanaise ravive les tensions d'un différend frontalier qui entretient la conflictualité entre les deux pays depuis des décennies que cristallisent les 2.400km de la « ligne Durand ». Une frontière dont le nom renvoie au colonel britannique, Henry Mortimer Durand, qui, en 1893, fit le tracé séparant l’empire des Indes du voisin afghan.

Si cette démarcation reste intangible pour le Pakistan, l’Afghanistan, lui, refuse de la reconnaître, revendiquant une emprise sur l’ensemble du territoire pachtoune situé de part et d’autre de cette frontière.

En conséquence, ce territoire a longtemps été le lit de trafics, de conflits multiples, mais aussi le lieu d’émergence, bien sûr, du djihad global d’Al Qaeda. En effet, ce n’est pas un hasard si, dans les années 1980, Oussama Ben Ladden décide d’implanter sa base (Al Qaeda) dans cette région frontalière.

Comment ce différend frontalier a-t-il entretenu la violence dans la région ? Et dans quelle mesure la Ligne Durand est-elle responsable de l’échec des politiques de lutte contre le terrorisme islamiste ?

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