Macron et la France a jauni

Peut-on jouer impunément avec l'émotion ? Près d'un an après la récupération médiatique du décès de Johnny Hallyday à La Madeleine, Emmanuel Macron se retrouve confronté à la colère du public, de la population qu'il avait rassemblés sur les Champs-Elysées ; en oubliant que le chanteur avait dans son répertoire le titre "Allumer le feu", notamment.

https://www.youtube.com/watch?v=s3O1Xro7oAI

Emmanuel Macron a négligé plusieurs titres du répertoire populaire de Johnny Hallyday :

  • Rock'N'Roll Attitude
  • Diego libre dans sa tête
  • Le pénitencier
  • Le droit de vivre
  • Dégage
  • Rendez-vous en enfer
  • Ma gueule
  • Toi tais toi
  • Mon P'tit Loup
  • Mirador
  • Debout
  • Vivre Pour Le Meilleur
  • ...

Les politiques qui lui ont rendu hommage ont ignoré la révolte du rock n'roll, sans craindre la contradiction. Jean-Pierre Raffarin, a consacré politiquement la discrimination sociale en affirmant qu'il existe une France "d'en bas" et une France "d'en haut", comme il existe une "ville basse" et une "ville haute" dans Métropolis de Fritz Lang.

Au-delà du rock, ils ont négligé d'autres concepts et notions dont la persévérance dans l'ignorance explique l'impasse dans laquelle ils se trouvent :

  • Le néolibéralisme américain : justification rationnelle de la criminalité organisée : On ne peut pas réduire l'homme à la dimension économique, c'est une folie selon Franck Knight, un des maîtres de Milton Friedman. La "folie" - l'erreur - du néolibéralisme est de négliger la dimension anthropologique et éthique au point d'assimiler la criminalité à une démarche rationnelle d'homo oeconomicus.
  • Des fripons devenus honnêtes gens : Les prospérités du vice : Depuis le sociologue allemand Max Weber et son livre « L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme », on se représente le capitalisme comme ascétique, rigoriste, autoritaire, puritain et patriarcal. Et, depuis près d’un siècle, on se trompe. Comme le montre la lecture et la redécouverte de Bernard…
  • Hayek : Capitalisme ou démocratie, mais pas les deux à la fois : On retrouve là une vieille idée libérale, réaffirmée avec force dans le néolibéralisme, notamment par Hayek ou l’école dite du public choice, qui veut que la société libérale doit s’immuniser contre les exigences démocratiques. Si on le laisse faire, le peuple est capable de voter en faveur d’institutions…
  • Deux siècles de rhétorique réactionnaire, Albert O. Hirschman : C'est le livre choisi par Jézabel Couppey-Soubeyran, maître de conférences à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, qui s'en est largement inspiré pour écrire son propre ouvrage "Blablabanque. Le Discours de l’inaction" publié en 2015.
  • Peut-on faire confiance aux élites ? (France Culture) : Frédéric Mion : « Les démocraties ont besoin d’élites ». Le directeur de l'ENA précise cependant dans dans le même article des Echos : " Le problème est que les jeunes qui sortent de l'ENA donnent l'impression d'être déconnectés de la réalité. C'est là-dessus qu'il faut travailler, et ce travail commence…

 

 

 

Prolonger :

 

Sur Médiapart :

Les «gilets jaunes» débordent dans les rues de Paris 1 déc. 2018 Par Mathilde Goanec et Dan Israel

Portfolio. La colère irradie Paris

Un révélateur de l’échec de la méthode Macron

A LREM, personne n’a la solution face au mouvement social  Par Manuel Jardinaud

Scènes de violence place de l'Etoile  Par Karl Laske

Derrière la rationalité de façade du gouvernement, une idéologie  Par Romaric Godin

 

Dans le Monde diplomatique de ce mois :  Analyse et explication de la déconnexion des diplômés des grandes écoles :

Infantilisation intellectuelle dans les écoles de commerce - Théologie du management : Pour convertir de studieux élèves de classe préparatoire et d’université en manageurs, les grandes écoles de commerce institutionnalisent un mépris pour la curiosité. Les étudiants perdent progressivement leur goût du savoir pour se plier aux injonctions de la vie de l’établissement. Délestés de leur souci scolaire, ils peuvent alors s’accommoder du « sérieux » du monde de l’entreprise.

 

Sur France culture :

Où s'arrête la critique des médias, où commence la haine ?

Les violences visant des journalistes lors des manifestations de gilets jaunes semblent inédites. Une illustration du fossé entre les mouvements sociaux et les médias ? Quel rôle joue aussi la classe politique bien souvent prompte, de Mélenchon à Macron, à s’attaquer au travail de la presse ? (Sur le sujet Horace Mac Coy "Un linceul n'a pas de poche" ; Gilbert Cesbron "Voici le temps des imposteurs").

Du-ras-le-bol fiscal à la guérilla urbaine : comment en est-on arrivé là ?

Que se passait-t-il dans la tête du président de la République découvrant que 8 Français sur 10 soutenaient le mouvement des "Gilets Jaunes" ? Que se passait-il dans la tête d’un Président observant cette société française fracturée avec ces clivages de classe sans appel : les classes moyennes et populaires soutenant massivement les "Gilets Jaunes", sans oublier les retraités, tandis que les cadres et professions dites « intellectuellement supérieures » restaient à l’écart du mouvement ?

La société ouverte ?

Nous sommes les témoins du retour de la clôture politique (fascismes, racismes, exclusions) et d’un discours qui réduit la société ouverte au marché. Dans ce contexte, il est urgent de relancer l’ouverture réelle.

 

A propos de l'Arc de triomphe :

Un modèle d'architecture néo-classique caractéristique de la culture promue par les régimes totalitaires.

Encyclopédie Universalis : https://www.universalis.fr/encyclopedie/architecture-neo-classique/

 

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