Les réflexions de trois jeunes sur " Résister aujourd'hui pour inventer demain "

Les trois lauréats du concours des rencontres économiques d'Aix - Naelle Verniest, Benoît Piveteau et Étienne de l'Estoile - livrent leurs contributions sur le thème proposé cette année : " Résister aujourd'hui pour inventer demain ", distingués par le jury présidé par le physicien Étienne Klein, directeur de recherches au CEA et docteur en philosophie des sciences.

https://www.franceculture.fr/economie/resister-aujourdhui-pour-inventer-demain-les-reflexions-de-trois-jeunes-aux-rencontres-economiques

Les messages des trois contributions sont de coopérer face à la crise climatique, s'interroger sur se réadapter au papier et un crayon après une cyber-pandémie, se servir de l'expérience du passé pour critiquer le présent et envisager l'avenir.

Lauréats 2021

Naelle Verniest est analyste à la Banque de France - elle y travaille particulièrement sur la prise en compte du changement climatique dans les politiques monétaires. Elle préside aussi l'association Inter-connexions, qui propose des ateliers numériques pour les seniors, et elle est également apicultrice.

Naelle Verniest dit avoir été inspirée par la résistante Germaine Tillion et de son oeuvre, pendant sa détention au camp de Ravensbrück, pour sa contribution intitulée " Une tragédie de l'horizon " :

" J'ai été assez marquée il y a quelques mois par cette oeuvre, "le Verfügbar aux enfers", écrite par Germaine Tillion, pour et avec les autres prisonnières, qui décrit, non sans humour, leurs conditions de travail et de survie. J'ai repris ce format d'opérette pour évoquer la crise climatique et montrer comment la coopération peut éviter une crise brutale, qu'il s'agisse d'une coopération internationale, pluridisciplinaire, ou encore entre institutions." (...)   "  Je fais là un parallèle avec la crise du coronavirus. C'est la première fois que je suis témoin d'une crise brutale qui change notre mode de vie. Et les réactions à cette crise m'ont fait beaucoup réfléchir à une potentielle crise climatique dans les années à venir.  "

Benoît Piveteau est data-scientist chez CNP Assurances et a intitulé sa contribution " La grande déconnexion "

Il a commencé un journal pendant la l'épidémie de coronavirus qui lui a servi pour s'interroger sur la capacité de nos sociétés à résoudre les problèmes par le recours aux technologies et les limites d'une telle vision. Quel est l'avenir de la start-up nation  ? Benoît Piveteau entend démontrer les risques d'un développement technologique non raisonné et fragile aux impulsions électromagnétiques naturelles et artificielles.

" J'ai souhaité imaginer la prochaine grande crise qui pourrait nous frapper : une cyber-pandémie qui viendrait paralyser nos sociétés et nos économies.  " A la fin de son récit, le narrateur se retrouve avec un papier et un crayon, une manière pour Benoît Piveteau de matérialiser l'issue d'une cyber-pandémie, à l'exacte opposé de la crise que nous traversons aujourd'hui. Il veut croire aussi que, bien maîtrisée, l'évolution technologique peut "trouver un "second souffle sur les questions très importantes que sont la lutte contre les inégalités, le réchauffement climatique, mais aussi la réduction de la fracture numérique". Il faut accompagner l'ensemble de la population vers ces nouvelles technologies pour que personne ne soit laissé de côté et que les inégalités sociales et professionnelles déjà existantes ne soient pas accentuées".

Le directeur général de CNP Assurances, Stéphane Dedeyan, a sollicité depuis Benoît Piveteau pour travailler à ses côtés sur les sujets évoqués dans sa contribution, les questions environnementales et la responsabilité sociale et environnementale des entreprises. 

Etienne de l'Estoile est économiste à la Banque de France. Il a abordé le thème " résister aujourd'hui pour inventer demain " par une critique rétrospective des souvenirs d'une personne confrontée au bilan que lui oppose l'actualité intitulée " Souvenirs pour demain ".

" Pendant cette crise, j'ai été frappé par l'expression, " le jour d'après ", j'ai donc essayer de figer ces moments qui surviennent après un événement et de montrer comment on réfléchit après une crise. ". " On commence en 2021, "Mr R". est au soir de sa vie, puis on remonte le temps, un deuxième texte rédigé après les attentats du 11 septembre 2001, puis en 1969 après une année assez chargée sur le plan politique, géopolitique, intellectuel et culturel. Enfin, en 1943, il écrit une lettre à sa mère, alors qu'il est résistant. . " Mon personnage ne peut se permettre de tirer des leçons de ces différentes crises, parce qu'on est toujours pris dans un contexte. Cela dit, il essaie d'avancer des idées avec humilité et une forme de résistance. Tout en gardant une capacité à inventer, parce que c'est ce qui permet d'agir et de transformer, de créer et de construire l'avenir. "

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