Faire de la politique est une infraction selon Benjamin Griveaux

" Eux sont dans un combat politique. Ceux-là, qu'ils soient certains d'une chose : force restera à la loi. " (?) Benjamin Griveaux lors d'une conférence de presse. Depuis quand la politique, la liberté d'opinion, est une infraction ; justifie la répression policière et l'instrumentalisation de la justice dans un Etat de droit démocratique moderne ? C'est du délire.

https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/video-gilets-jaunes-le-mouvement-est-devenu-le-fait-d-agitateurs-declare-benjamin-griveaux_3129515.html

A quoi rime une invitation au dialogue sous la menace ? Le débat, la démocratie, c'est accepter la contestation, la critique. Benjamin Griveaux - qui a déjà exprimé tout son mépris des citoyens "qui fument des clopes et roulent au diesel" - menace clairement les Français de la répression policière - donc d'un risque de mutilations - et de poursuites judiciaires lors de l'exercice d'une liberté fondamentale : la liberté d'opinion (car manifester est l'expression de sa liberté d'opinion).

Il y a lieu à s'interroger et s'inquiéter très sérieusement sur la conception très critiquable du pouvoir que se fait M. Benjamin Griveau à l'entendre - au nom du gouvernement - menacer la population aussi ouvertement.

Il y a là le signe d'une très grave dérive des institutions qui ne peut pas être ignorée de bonne foi par ceux qui invoquent abusivement la loi pour défendre un système économique antidémocratique (cf. par ex. l'étude d'Olivier Jouajan : "Justifier l'injustifiable" ; Laurent Joly "L'Etat contre les juifs" ; Albert Hirschman "Deux siècles de rhétorique réactionnaire")

 

VIDEO. "Gilets jaunes" : le mouvement est "devenu le fait d'agitateurs", déclare Benjamin Griveaux

A la sortie du premier Conseil des ministres de l'année, le porte-parole du gouvernement a durci le ton vis-à-vis du mouvement des "gilets jaunes".

 

 

Le mouvement des "gilets jaunes" "est devenu le fait d'agitateurs qui veulent l'insurrection et, au fond, renverser le gouvernement", a estimé vendredi 4 janvier le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux. Après les "réponses concrètes et rapides" apportées par l'exécutif aux revendications sur le pouvoir d'achat, "ceux qui restent mobilisés" sont engagés "dans un combat politique" et "ne veulent pas participer au grand débat national", a-t-il estimé à la sortie du premier Conseil des ministres de l'année.

Eux sont dans un combat politique. Ceux-là, qu'ils soient certains d'une chose : force restera à la loi.

Benjamin Griveaux lors d'une conférence de presse

Le porte-parole s'est dit "prêt à discuter avec des gens sincères qui ne font pas d'instrumentalisation politique de la difficulté que connaissent nos concitoyens". Interrogé pour savoir si la fermeté à l'égard des "gilets jaunes" toujours mobilisés ne risquait pas de radicaliser le mouvement, il a répondu : "La loi, rien que la loi, toute la loi, et si certains ont des problèmes avec le respect de la loi, ce sont effectivement les personnes les plus radicalisées", a-t-il souligné, évoquant "quelques-uns qui sont habitués des plateaux télés".

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