ARTE : l'ingénierie financière du nazisme et la dénazification ratée

Mise en place dès la fin de la guerre, la dénazification aurait durablement sorti la société allemande des affres du fascisme, du totalitarisme et de l'autoritarisme. Et pourtant cette vaste opération d'épuration fut loin d'être totale et a connu bien des ratés et des limites. 52 min Disponible gratuitement en ligne sur le site du 29/12/2020 au 05/09/202 ( * )

https://www.arte.tv/fr/videos/090597-000-A/les-coulisses-de-l-histoire/

Dans la même série documentaire sur ARTE :

Les nazis et l'argent : au coeur du IIIe Reich **

Comment l’Allemagne hitlérienne a-t-elle pu avec peu de devises, un chômage de masse, d’insuffisantes ressources naturelles et un appareil industriel limité déclencher ce cataclysme que fut la Seconde Guerre mondiale et occuper une grande partie du territoire européen ? Étayé par des travaux récents d’historiens et nourri d’archives rares, un passionnant décryptage. 94 min Disponible du 02/02/2021 au 09/05/2021

 

* Le 8 mai 1945, l'Allemagne nazie est vaincue. Surmédiatisé, le procès de Nuremberg sonne quelques mois plus tard comme la promesse d'épurer l'Allemagne d'une idéologie dévastatrice. Mais cette tâche va rapidement relever du vœu pieux. Malgré leurs intentions initiales, les Alliés savent déjà qu'il sera impossible de "traiter" les millions d'Allemands qui ont gravité autour du parti nazi. L’irruption de la guerre froide fait bientôt passer la dénazification au second plan des préoccupations. Dès 1947, le nazi n'est plus l'ennemi à combattre : le communiste et le capitaliste le remplacent. Les Américains et leurs alliés se livrent à une course à l'exfiltration de scientifiques renommés. Soucieux de ne pas priver l'Allemagne de ses forces vives pour sa reconstruction, ils réduisent l'épuration à un simple questionnaire. En zone soviétique, la traque des anciens nazis constitue surtout un moyen de répression contre les opposants au nouveau régime. Il faut attendre les années 1960 pour que le procès d'Adolf Eichmann à Jérusalem replace la Shoah sous le feu des projecteurs, et pour que l'obstination du procureur Fritz Bauer aboutisse au procès de Francfort. Pour la première fois, la jeunesse allemande découvre les crimes nazis et réclame des comptes à ses parents... 

 

**  Quand il arrive à la chancellerie du Reich le 30 janvier 1933, Hitler est à la tête d’un pays à genoux, ruiné par l’hyperinflation des années 1920 puis par la Grande Dépression. Suivant la feuille de route qu’il a tracée en 1925 dans Mein Kampf, le führer vise trois grands desseins : la remilitarisation du pays – qui lui est interdite par le traité de Versailles –, la destruction des échanges internationaux, et l’expansion vers l’est. Le régime hitlérien, qui a réinstitué en 1934 la conscription, entend réarmer en toute discrétion. Un astucieux montage financier permet de produire chars, avions et munitions en échappant aux radars de la Société des nations. Lançant de grands chantiers d’infrastructures qui mobilisent des millions de chômeurs, l’Allemagne nazie met en œuvre parallèlement une répression politique et syndicale qui rassure le patronat, et institutionnalise les persécutions envers la communauté juive, dont les biens sont spoliés. Des programmes sont également mis sur pied pour pallier le manque de matières premières (carburant, fer, charbon, caoutchouc…) indispensables à l’effort de guerre. Après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, les pays occupés par les armées du IIIe Reich, la France en tête, sont pillés sans vergogne…
Bureaux d'études
Comment l’Allemagne hitlérienne a-t-elle pu avec peu de devises, un chômage de masse, d’insuffisantes ressources naturelles et un appareil industriel limité déclencher ce cataclysme que fut la Seconde Guerre mondiale et occuper une grande partie du territoire européen ? Nourri d’archives rares et illustré d’originales animations d’inspiration dadaïstes, " Les nazis et l’argent - Au coeur du IIIe Reich " décrypte la manière dont les questions économiques ont joué un rôle majeur dans la mise en œuvre de la funeste idéologie du IIIe Reich, des foyers allemands poussés à l’épargne aux bureaux d’études sommés de rationaliser les productions d’armement, en passant par un ravitaillement des troupes allemandes au détriment des populations des territoires occupés. S’appuyant sur les travaux récents d'historiens européens (les Britanniques Adam Tooze et Richard Overy, l’Allemand Frank Bajohr et la Française Marie-Bénédicte Vincent), Gil Rabier met en lumière la façon dont ce régime monstrueux, lancé dans une guerre idéologique à outrance, a surmonté ses difficultés économiques, industrielles, monétaires et alimentaires par la manipulation financière, la prédation, la corruption, la spoliation, le travail forcé et le crime de masse.

 

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