Facebook en panne, et qui d'autres ?

La perte de confiance des utilisateurs de Facebook annonce-t-elle une prise de conscience et une désaffection des réseaux sociaux (qui n'ont rien de social) ? " Les utilisateurs de Facebook sont de plus en plus nombreux à supprimer l’appli de leur smartphone " Par Jean-Sébastien ZANCHI Journaliste

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Un sondage américain montre que plus d’un quart des Américains a effacé l’application Facebook de son smartphone. Les révélations de l’affaire Cambridge Analytica et la prise de conscience des informations détenues sur eux refroidissent les utilisateurs.

Le désamour des Américains pour Facebook s’est-il traduit concrètement après l’affaire Cambridge Analytica ? Oui, répond sans ambages le Pew Research Center. Ce « think tank » américain a effectué un sondage qui révèle que 74 % des personnes interrogées ont modifié d’une manière ou d’une autre son rapport au réseau social.

La majorité (54 %) a ajusté les réglages de vie privée sur des critères plus restrictifs. 42 % ont pris du recul par rapport à l’application et ne l’ont pas utilisée pendant plusieurs semaines, voire plus. Enfin, 26 % ont pris une décision encore plus radicale, ils ont purement et simplement supprimé l’application Facebook de leur smartphone.

Républicains comme Démocrates sont méfiants

L’étude du Pew Research Center montre que ces comportements s’observent quelles que soient les croyances politiques de utilisateurs. Qu’ils s’agissent de sympathisants démocrates ou républicains, tous ont affiché la même méfiance vis-à-vis du réseau social.

Dans un premier temps, Facebook avait été accusé de faire le jeu des Républicains pendant la dernière élection présidentielle américaine, avant de prendre des mesures compensatoires jugées à l’avantage des Démocrates. D’une manière générale, les entreprises de la Silicon Valley sont généralement perçues comme étant plus progressistes (donc démocrates) que conservatrices.

Les plus jeunes sont les plus sévères

Les différences de comportement apparaissent plutôt en fonction de l’âge. Ce sont les plus jeunes qui ont agi le plus sévèrement à l’encontre de Facebook. Si les plus de 65 ans ne sont que 12 % à avoir effacé l’application Facebook de leur smartphone, ils sont 44 % à l’avoir fait dans la tranche d’âge de 18 à 29 ans.

L’attitude est également très différente quant à l’ajustement des paramètres concernant les données personnelles : 33 % des plus de 65 ans les ont modifiés contre 64 % des 18-29 ans.

Plus on en sait, moins on l'utilise

Dernier enseignement précieux, l’attitude des utilisateurs est encore plus sévère lorsqu’ils prennent conscience des informations que détient Facebook à leurs propos. Parmi les 9 % d’Américains qui ont téléchargé leur archive personnelle, 79 % d’entre eux ont modifié les réglages de confidentialité (contre 54 % sur l’ensemble de la population).

Ceux qui ont effacé l’application de leur téléphone représentent même presque la moitié (47 % contre 26 % parmi tous les Américains). Moralité : plus l’on en sait sur ce que sait Facebook de nous, moins on l’utilise.

 

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Cours en chute libre, baisse du nombre d'utilisateurs... Faut-il s'inquiéter pour Facebook et Twitter ?

En quelques heures, Facebook est passé, mercredi 25 juillet, d'une valorisation de 539 milliards d'euros à 437 milliards d'euros. Une dégringolade qui montre l'inquiétude des marchés mais qui ne signe pas forcément le déclin de ces géants du web.

 

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