KL - Une histoire des camps de concentration nazis

Il n’existait pas en français d’histoire générale des camps de concentration nazis. Le sujet a toujours été complexe et, au vu de la charge criminelle impliquée, propice à bien des débats, sinon à des falsifications. L’historien Nikolaus Wachsmann, né à Munich et enseignant à l’université de Londres, s’est employé à cette tâche avec la plus grande minutie. - Thierry Jobard le 09/10/2017

https://www.scienceshumaines.com/kl-une-histoire-des-camps-de-concentration-nazis_fr_38805.html

Le premier enseignement de KL (Konzentrationlager) est la plasticité du système des camps : on comptera jusqu’à 27 camps principaux et plus de 1 100 camps satellites.

Les camps étaient créés et fermés, transférés, remplacés en fonction des besoins, parfois pour quelques semaines seulement. Il arrivait que les SS eux-mêmes ignorent le nombre de camps existants.

Ensuite, il est établi définitivement que les camps nazis furent bien plus meurtriers que les camps soviétiques : 90 % de survivants pour ces derniers, moins de la moitié pour les premiers. Enfin, le site d’Auschwitz-Birkenau, malgré sa taille et son exemplarité dans la mémoire collective, n’est pas représentatif du système concentrationnaire.

Il n’existait pas de camp type.

L’ouverture des premiers camps, au printemps et à l’été de 1933, s’était faite de façon totalement improvisée : hôtels, châteaux, terrains de sport, auberges de jeunesse furent réquisitionnés. Mais Dachau – le seul ouvert sur toute la période 1933-1945 – fut, dès l’origine, conçu comme un KL à part, plus meurtrier que les autres.

Si les premiers SS des camps se voyaient comme des soldats du front intérieur, à la fin de la période, le besoin en hommes au front leur fit céder la place à un personnel plus ordinaire.

Pourtant « la terreur se poursuivit alors même que la présence SS décroissait ». Et la dynamique du développement du système concentrationnaire ne fut brisée que par l’avancée des troupes alliées.

Qu’il s’agisse des expériences « médicales » pratiquée dans les camps, du « perfectionnement » des méthodes de tueries, du rôle équivoque des prétentions économiques de la SS ou de la complicité des grandes entreprises allemande, tout est abordé par N. Wachsmann.

L’ampleur et la maîtrise de cette synthèse en feront un ouvrage de référence pour longtemps… 

KL . Une histoire des camps de concentration nazis, Nikolaus Wachsmann , Gallimard, 2017, 1 160 p., 45 €.

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