Comment à Buenos Aires, Macron a en vain tenté d'éviter les gilets jaunes

Pendant que Paris vivait des scènes de guérilla urbaine, à Buenos Aires, à 11.000 km de là, Emmanuel Macron a en vain tenté d'éviter le sujet des gilets jaunes, entre un escapade dans le passé argentin et les méandres d'un G20 décevant. AFP

http://www.lalibre.be/actu/international/comment-a-buenos-aires-macron-a-en-vain-tente-d-eviter-les-gilets-jaunes-5c0318f1cd70e3d2f704a1e3

Le président français a réussi pendant trois jours à ne jamais prononcer les mots mêmes de "gilets jaunes", malgré un discours, deux conférences de presse et de nombreuses questions sur ce sujet.

Mais après une série de petites phrases allusives, les violences à Paris samedi l'ont finalement obligé à s'exprimer. Il s'est limité à condamner les exactions, qu'"aucune cause ne justifie" et qui "ne relèvent pas de l'expression d'une colère légitime". Selon lui, leurs auteurs "veulent le chaos" et devront répondre de leurs actes.

Paris a été samedi le théâtre de scènes de guérilla urbaine, à l'occasion de la troisième journée nationale d'action des "gilets jaunes", un mouvement né sur les réseaux sociaux réunissant des Français modestes protestant contre la politique fiscale et sociale du gouvernement.

Seule mesure annoncée, une réunion d'urgence dimanche matin, dès le retour à Paris d'Emmanuel Macron, avec le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur et les forces de l'ordre.

Il a ensuite refusé tout net de répondre à la moindre question sur le sujet. "Je viens d'apporter la réponse", a-t-il tranché, définitif, au journaliste qui lui demandait sa réponse politique au mouvement.

Malchance

Arrivé mercredi soir en Argentine, après 14 heures de vol, le président de la République avait joué de malchance: dès sa sortie de l'avion, victime d'une erreur de protocole, l'actualité l'avait rattrapé.

Au lieu d'officiels argentins, il est accueilli par des agents de l'aéroport... en gilet jaune. L'image incongrue de leur poignée de main a tourné en boucle sur internet, partout en Argentine comme en France.

Le décalage avec la situation dans l'Hexagone s'était accentuée jeudi. Pour sa journée de visite officielle en Argentine, ce féru de littérature a choisi de se plonger dans la culture du pays, savourant cette "parenthèse enchantée".

En commençant par une discussion intense avec des écrivains argentins, réunis à sa demande dans la plus belle librairie de Buenos Aires. Avec eux, il a disserté de l'imaginaire, de l'importance des parenthèses chez Jorge Luis Borges et confié qu'il écrivait tous les jours.

"Une fois que j'aurai fini avec tout cela, je reviendrai à la vérité", a-t-il glissé, cryptique.

Réalisant un autre de ses voeux, il a bavardé avec la veuve du célèbre poète Jorge Luis Borges, auteur fétiche de son adolescence, s'enquérant du quotidien du poète aveugle, "doublement heureux d'être là".

C'est encore une escapade dans le passé -- dramatique - du pays, quand il jette des roses dans le Rio de la Plata, le fleuve où ont été largués, vivants et drogués depuis des hélicoptères, des milliers d'opposants.

Malchance

Arrivé mercredi soir en Argentine, après 14 heures de vol, le président de la République avait joué de malchance: dès sa sortie de l'avion, victime d'une erreur de protocole, l'actualité l'avait rattrapé.

Au lieu d'officiels argentins, il est accueilli par des agents de l'aéroport... en gilet jaune. L'image incongrue de leur poignée de main a tourné en boucle sur internet, partout en Argentine comme en France.

Le décalage avec la situation dans l'Hexagone s'était accentuée jeudi. Pour sa journée de visite officielle en Argentine, ce féru de littérature a choisi de se plonger dans la culture du pays, savourant cette "parenthèse enchantée".

En commençant par une discussion intense avec des écrivains argentins, réunis à sa demande dans la plus belle librairie de Buenos Aires. Avec eux, il a disserté de l'imaginaire, de l'importance des parenthèses chez Jorge Luis Borges et confié qu'il écrivait tous les jours.

"Une fois que j'aurai fini avec tout cela, je reviendrai à la vérité", a-t-il glissé, cryptique.

Réalisant un autre de ses voeux, il a bavardé avec la veuve du célèbre poète Jorge Luis Borges, auteur fétiche de son adolescence, s'enquérant du quotidien du poète aveugle, "doublement heureux d'être là".

C'est encore une escapade dans le passé -- dramatique - du pays, quand il jette des roses dans le Rio de la Plata, le fleuve où ont été largués, vivants et drogués depuis des hélicoptères, des milliers d'opposants.

Les sommets sont "comme des plaques tectoniques, avec parfois des jaillissements", mais souvent leurs résultats sont "illisibles" et ne se voient pas, a-t-il reconnu avant de s'envoler pour Paris. Il y est attendu dimanche matin par Edouard Philippe, qui, à cause des gilets jaunes, a renoncé à se rendre à la COP24, sommet-clé pour le climat.

AFP

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