Le représident de commerce

Le voyage présidentiel en Chine signale une fois encore l'affirmation d'une conception marketing de la fonction présidentielle au détriment de son rôle de chef d'Etat, institution régulatrice ayant pour but de garantir l'efficacité des droits de l'Homme qui assurent le bien-être général, la justice sociale et l'adhésion de tous aux formes démocratiques de la République.

N'est-ce pas une forme de prostitution institutionnelle que de faire prévaloir le commerce sur le droit ?

Il y a un conflit d'intérêt à ce que le président de la République garant de l'Etat et de sa fonction régulatrice prenne partie pour des commerçants et des industriels. Il rompt le principe d'égalité et démontre la vacuité du credo libéral "d'une concurrence libre et non faussée" en se faisant l'agent commercial de quelques sociétés, plutôt que d'autres. Une politique discriminatoire.

Ce comportement politique ne défend pas l'emploi mais seulement l'optimisation des profits. Voir par exemple les plans de licenciement qu'annonce Peugeot grâce à la réforme du code du travail imposée par Emmanuel Macron au mépris de la prohibition de la régression sociale, alors que Peugeot fait 1.2 milliard d'euros de bénéfices.

De plus, vendre des avions et de la technologie nucléaire implique un transfert de technologies et donc, dans un terme assez proche, une perte de compétitivité de la France.

Ce voyage en Chine illustre enfin l'incohérence du Médef à exiger plus de libertés des entreprises pour détruire le code du travail et solliciter le chef d'Etat ou le soutien de l'Etat pour aller se vendre à l'étranger.

Cette conception de l'Etat est du maquereaunisme.

 

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