Charline Vanhoenacker et son regard sur la presse française

« Arriver devant Sarko avec une casserole ? C’était le pied ! » Mis en ligne le 8/01/2021 à 14:20 Par Nicolas Crousse LE SOIR - Sur le conflit d'intérêt des chroniqueurs politiques à voir gagner le candidat qu'ils suivent aux élections présidentielles, par exemple.

https://plus.lesoir.be/347801/article/2021-01-09/les-racines-elementaires-de-charline-vanhoenacker-je-venais-de-la-louviere-je-me

(...) Ce qui a déclenché pas mal de choses, et qui m’a fait connaître de Pascale Clark ou Daniel Schneiderman, c’est le Hollande Tour et ma couverture des présidentielles de 2012. A l’époque je suis encore à la RTBF, et je tiens un blog pour raconter les à côté. Et dès cet instant, mes papiers sont repris dans la presse, je reçois des invitations partout, il y a même une dépêche AFP sur le Hollande Tour, où j’explique le système français de couverture médiatique des présidentielles. Un système que je ne trouve pas très sain parce que c’est toujours le même journaliste qui suit toujours le même candidat, et donc il se développe un syndrome de Stockholm, où le journaliste espère que son candidat va gagner, parce que ça lui donnera alors l’accréditation à l’Elysée. Et dans ce blog, qui ne m’a pas valu que des amis, je remarque des choses comme : François Hollande, quand il gagne, il invite tous les journalistes à boire le champagne à son QG de campagne pour fêter ça. Le fait que j’ai été formée dans les médias belges, Le Soir et la RTBF, m’aide beaucoup à déceler qu’il y a un problème. Si je n’avais pas travaillé en Belgique, je ne m’en serais pas rendu compte. C’est comme si, tout à coup, j’avais trouvé que la crème Mont Blanc était industrielle et avait un goût dégueulasse.

C’était si différent de chez nous ?

Sur ce côté-là, on a des différences majeures. Notamment dans le traitement de l’extrême-droite. Je me souviens que quand je suivais des meetings de Marine Le Pen, Jean-Pierre Jacqmin (directeur de l’info à la RTBF) m’appelait pour me dire « Charline, on ne peut pas passer un son brut de Marine Le Pen à la RTBF ». J’ai été formée à l’époque où le cordon sanitaire était solide. On n’a pas les mêmes problèmes déontologiques, en France et en Belgique. Chez nous, le problème ce sont les fils de. Mais sinon, les journalistes belges à l’époque où j’ai été formée avaient une déontologie plus stricte que certains confrères français. Malgré mon intérêt pour la presse française et le fait que j’ai fait mes études en France, j’ai très vite abandonné l’idée de travailler dans un média français. Je m’en foutais. J’étais hyper bien au Soir et à la RTBF et je n’avais aucune ambition d’aller frapper aux portes en France. J’étais beaucoup plus libre de raconter la France depuis mon statut de correspondant étranger. Et donc, le fait que je sois à Inter est un hasard total. Mon seul plan de carrière était de bien faire mon travail et d’être reconnue par mes pairs. (...)

 

Prolonger :

Par Jupiter !

Du lundi au vendredi à 17h  par Charline Vanhoenacker , Alex Vizorek

Le Billet de Charline Vanhœnacker

Du lundi au jeudi à 7h57 par Charline Vanhoenacker

 

Les coulisses du Hollande-tour : la correspondante de la RTBF fait le buzz

Une journaliste belge moque le " Hollande Tour "

Charline Vanhoenacker déclare son amour à François Hollande sur France Inter (vidéo)

Portrait de Charline Vanhoenacker, la Belge qui dynamite le système

Vus de Belgique, les journalistes français sont bien trop proches des politiques qu'ils suivent

 

 

 

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