Consultation publique pour limiter les pesticides à 5 ou 10 mètres des habitations

Le gouvernement propose de limiter l'épandage de pesticides à 5 ou 10 mètres des habitations. Ces aérosols très volatils vont bien au-delà de ces distances selon des études scientifiques (plusieurs kilomètres). Quel ministre vit avec un champ à côté de sa maison, sa seule habitation qu'il occupe avec sa famille à l'année ? N'est-ce pas se moquer dramatiquement des électeurs (encore une fois) ?

10 mètres, c'est se moquer du monde quand des études énoncent que la dispersion peut aller jusqu'à plusieurs kilomètres*. Voilà une annonce qui ne signale un souci très sérieux du gouvernement pour les habitants des communes dont des représentants de LREM et du Modem prétendent vouloir s'occuper à l'approche des élections municipales.

Il est où d'ailleurs ce site de consultation ?

L'observation de la stratégie de communication du pouvoir laisse malheureusement présumer que cela risque d'être la même mauvaise plaisanterie que pour la pétition sur la vente d'Aéroport de Paris.

Un effet d'annonce sur des "concertations" purement formelles (cf. le grand baratin présidentiel débat), pour se justifier d'une décision déjà prise (cf. la réforme du code du travail, la réforme des retraites, la réforme...).

S'il ne s'agissait que de mépriser l'opinion ; mais il y va chaque fois de la santé et de la sécurité de la plus grande majorité des personnes (voir par ex. la lutte des urgentistes).

De leur bien-être, de leur droit à un niveau de vie décent. Aussi.

En guise de dialogue, le pouvoir réprime dans le sang et la violence ceux qui se plaignent de la régression sociale.

La start-up nation produit principalement des livreurs à vélo, un boulot de galérien ou d'espèce nocturne, tels les "juicers",. Les soutiers de l'économie, les esclaves de Métropolis.

Une consultation pour savoir si les personnes préfère se faire empoisonner à cinq ou dix mètres montre que les politiques ne se formalisent même plus du ridicule et de l'indécence de leurs idées.

C'est un peu comme demander à quelle distance des habitations, 5 ou 10 mètres, faire passer une autoroute, installer un aéroport ou un incinérateur, une usine Sévéso 2, ...

Qui veut habiter à côté d'un lieu pollué ? A qui veut on faire croire cela ?

Qui le vit à l'Assemblée nationale, au Sénat, au gouvernement ?

On ne vit pas à côté d'un champ par choix comme on ne choisit pas d'être au chômage.

Toujours disposée à soutenir l'idéologie de l'optimisation immédiate du profit, la direction de la FNSEA entretient malhonnêtement la confusion dans le débat contre les pesticides en stigmatisant les personnes  qui le portent et en les opposant aux agriculteurs :

" Les écologistes et des politiques n'ont pas arrêté tout le week-end d'insulter et de mépriser les agriculteurs." Christiane Lambert, présidente de la FNSEA sur France info

Les déclarations de Madame Lambert son intellectuellement malhonnêtes et témoignent d'un mépris profond pour la santé des personnes.

La lutte contre les pesticides n'est pas dirigée contre les agriculteurs.

Bien au contraire.

La lutte contre les pesticides se préoccupe tout autant de la santé des agriculteurs, premières victimes de ces intoxications, que des riverains, qui sont peut-être parfois les mêmes.

Le modèle que défend la FNSEA impose non seulement à l'agriculteur de s'empoisonner, mais également d'empoisonner sa famille, ses voisins et les consommateurs.

Madame Lambert semble ignorer qu'il y a encore des agriculteurs qui aiment la vie, la nature, les animaux.

Que ceux-ci n'embrassent pas cette activité par vocation d'apprentis-chimistes ou calcul d'opportunité d'actionnaires dans l'industrie polluante dont la dangerosité est dramatiquement avérée (Bhopal, Seveso, AZF, Triskalia, ...)

La logique du syndicalisme devrait normalement conduire la FNSEA à garantir d'abord la sécurité au travail des agriculteurs plutôt que les profits des entreprises.

A moins que la FNSEA ne soit à l'agriculture ce que le Médef est au syndicalisme ouvrier. Un représentant du capital et un défenseur des profits.

 

Mise à jour :

Contre les pesticides, restaurer « de la diversité afin de favoriser la lutte biologique »

15 septembre 2019 Par Amélie Poinssot

Alors que pour la deuxième fois un tribunal administratif est venu contester, vendredi 13 septembre, un arrêté antipesticides pris par une commune, du côté de la recherche, ils sont nombreux à modéliser une agriculture sans pesticides et à montrer que la transition est possible. Entretien avec l’un d’entre eux, Pierre-Marie Aubert.

 

Prolonger :

Les SDHI, ces pesticides qui inquiètent les scientifiques Par Émilie Torgemen Le 6 septembre 2019

On en retrouve partout, jusque dans nos assiettes. Selon un groupe de spécialistes, qui réclament leur suspension, les fongicides SDHI présentent un risque important pour la santé.

Mécanismes de transport des pesticides dans l'environnement

Glyphosate : quand l'UE base ses décisions sur un copié-collé de… Monsanto  Par Hadrien Mathoux

L'Union européenne doit se prononcer début octobre sur la ré-autorisation du glyphosate, un herbicide fortement soupçonné d'être cancérigène. En 2015, le produit avait été autorisé par l'UE sur la base d'un rapport... qui se contentait de recopier un document de Monsanto, géant des pesticides et distributeur du glyphosate.

Pesticides : le journaliste Fabrice Nicolino dénonce "une bombe à fragmentation"

Dans son nouveau livre, Fabrice Nicolino enquête sur les SDHI, des fongicides très répandus, et très dangereux selon lui. Il met en cause l'ANSES, l'Agence publique de sécurité sanitaire.

Santé et produits chimiques : « l’inaction confondante des pouvoirs publics »  Par Christophe Gueugneau

Le journaliste Fabrice Nicolino publie une enquête remarquable sur la place prise par la chimie dans nos vies. Plongée effarante depuis la découverte de la chimie industrielle, au milieu du XIXe siècle, jusqu'au drame sanitaire en cours, en passant par les gaz moutarde et autres gaz de combat, les pesticides, les PVC…

Monsanto a déjà remplacé le Roundup par le Dicamba

Nicolas Hulot se moque du monde à se battant contre le Round Up quand Monsanto a déjà sorti son remplaçant, pire encore. Voir les méthodes de l'entreprise Monsanto contre le chercheur Eric Seralin telles que les révèlent les " Monsanto papers ", la publication des mails de cette entreprise.

 

* Documentation officielle mise en ligne par (liens actifs permettant de visiter le site et télécharger le document) :

Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

Bulletin de veille scientifique14 - Santé/environnement/travail - juin 2011 p.18 et s.

Mesure et modélisation de la dispersion des pesticides dans l’air au voisinage des parcelles agricoles

Période : août 2010 à octobre 2010

Carole SINFORT et Bernard BONICELLI

Montpellier supAgro – ITAP – Montpellier

Cemagref – UMR ITAP – Montpellier

Mots clés : Air, Dispersion, Eaux superficielles, Mesure, Modélisation, Pesticides

Lors des épandages de pesticides par pulvérisation, les pertes dans l’air sont très variables et dépendent principalement du matériel de traitement, de l’état de croissance des plantes, des conditions climatiques et des produits pulvérisés (Sinfort et al., 2009). Au voisinage immédiat des parcelles, cela se traduit par des risques d’exposition, accidentels ou chroniques, pour les professionnels travaillant dans ces zones, les résidents présents dans la zone ou pour les passants occasionnels. La dynamique de ces expositions est importante et dépend essentiellement de la distance du lieu de traitement, des conditions climatiques favorisant la dispersion des produits dans l’air (Gil, 2005) et, bien sûr, de la hauteur des voies respiratoires. Cette exposition est potentiellement importante lors des épandages (Bozon et al., 2009) mais se poursuit après application lors de la volatilisation des produits déposés sur les plantes ou sur le sol (Bedos, 2010). La caractérisation de ces expositions est donc difficile et les méthodes classiques de surveillance de la qualité de l’air sont notablement insuffisantes pour apprécier cette dynamique. Des essais exploratoires menés en 2001 (Bonicelli, 2003) ont ainsi montré que le niveau de contamination de l’air restait significatif jusqu’à quelques kilomètres et que le choix et l’emplacement des préleveurs, les durées de prélèvement relevaient d’une problématique complexe. À l’échelle européenne, ces problèmes préoccupants ont fait l’objet d’un important travail de synthèse (Kubiak, 2003).en France un groupe d’experts du CORPEN (Collectif, 2007) a complété ce travail en proposant des mesures d’accompagnement pour améliorer la situation. Ce travail se poursuit aujourd’hui pour déterminer quelles améliorations techniques sont à privilégier (Bonicelli, 2010).

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