Emmanuel Macron, déclarations démagogiques et contradictions violentes

Emmanuel Macron peaufine son discours sur le « patriotisme républicain ». Son action dément la sincérité d'une telle annonce.

https://www.20minutes.fr/politique/2851591-20200901-emmanuel-macron-peaufine-discours-patriotisme-republicain

Qu'il parle de séparatisme souligne qu'il a conscience de son échec à maintenir l'unité nationale et l'adhésion des citoyens.

Il prend une posture martiale mais ne s'interroge pas sur sa responsabilité et sa politique qui atomisent le lien social. Les gilets jaunes en sont une illustration, tant dans ses causes que dans sa répression disproportionnée et sanglante.

Le discours d'Emmanuel Macron persiste dans l'illustration de l'archaïsme rigide de la conception française du chef. La persistance de cet anachronisme interroge sur l'imperméabilité de la culture politique française à ce qu'est une société démocratique moderne.

Un tel constat interroge et peut contribuer à expliquer, avant toute réticence au sein de la population, l'inertie des majorités à consacrer l'indépendance de la justice, par exemple. Voir également l'impossible consécration de la prohibition de la discrimination par la ratification du protocole additionnel N°12 de la CEDH par la France malgré les nombreuses déclarations de l'exécutif contre le sexisme, le racisme, l'antisémitisme, etc.

Il y a un opportunisme du pouvoir à se saisir de chaque évènement - de chaque émotion - pour se mettre en avant. Mais, systématiquement, chacune de ses nouvelles déclarations, qu'il multiplie à un rythme soutenu sans craindre d'en redire une ancienne (pas tenue), chasse la précédente et la fait oublier, puisqu'elles ne sont jamais rappelées.

C'est une rhétorique du baratin, du verbiage, de la logorrhée. Séduction et mensonge.

Cette superficialité bavarde de la politique, assez répandue, comme la mauvaise qualité critique des éditorialistes, assez générale, affectent directement la crédibilité de l'action publique dans l'opinion.

L'une comme l'autre expliquent le mauvais bilan de l'action d'Emmanuel Macron, son libéralisme autoritaire, et lui permettent de de durer alors que la réalité le situe totalement à l'opposé d'un patriotisme républicain, c'est-à-dire d'un patriotisme constitutionnel, tel que cela peut se concevoir d'après Jürgen Habermas.

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