Radicalisation politique, violence institutionnelle, antisémitisme : relire Chapoutot

Les meurtres et l'attaque de la synagogue de Halle porte à s'interroger sur la banalisation d'un discours violent et comprendre les mécanismes d'une telle dérive dont Johann Chapoutot dans son étude " La loi du sang " sur le nazisme en propose des clefs de compréhension auxquelles font étrangement écho des théories comme celle du " grand remplacement ".

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Bibliotheque-des-Histoires/La-loi-du-sang

 

La loi du sang. Penser et agir en nazi

Collection Bibliothèque des Histoires, Gallimard Publication date: 09-10-2014

Devant l’ampleur et le caractère inédit des crimes nazis – qu’ils soient collectifs ou individuels –, les historiens butent sur la causalité profonde, qui reste obscure.
Ces comportements monstrueux s’appuient pourtant sur des fondements normatifs et un argumentaire juridique qu’il faut prendre au sérieux. C’est ce que fait ici Johann Chapoutot dans un travail de grande ampleur qui analyse comment les philosophes, juristes, historiens, médecins ont élaboré les théories qui faisaient de la race le fondement du droit et de la loi du sang la loi de la nature qui justifiait tout : la procréation, l’extermination, la domination.
Une profonde intimité avec une immense littérature publique ou privée – correspondances, journaux intimes –, avec la science et le cinéma du temps, rend sensible comment les acteurs se sont approprié ces normes qui donnent un sens et une justification à leurs manières d’agir. Comment tuer un enfant au bord de la fosse peut relever de la bravoure militaire face à l’ennemi biologique.
Si le métier d’historien consiste à comprendre et non à juger, ou à mieux comprendre pour mieux juger, ce livre jette une lumière neuve et originale sur le phénomène nazi.

 

Prolonger :

 

L'Invité(e) des Matins par Guillaume Erner

Immigration, climat, terrorisme... Les droits de l’homme sont-ils dépassés ?

08/10/2019

Attaqués de toutes parts, les droits de l'homme apparaissent fragilisés par les crises auxquelles nous faisons face. Comment penser les droits de l'homme dans le temps présent ?

Le Procès des droits de l'homme: généalogie du scepticisme démocratique

Justine Lacroix et Jean-Yves PranchèreSeuil, 2016

 

 

LSD, La série documentaire par Perrine Kervran

09/10/2019

Force de l’ordre (3/4) "Allô, Place Beauvau ?", davduf lanceur d’alerte

 

lemediatv.fr

Chronique de la violence institutionnelle d'un pouvoir aux abois

 

 

PUF

Justifier l'injustifiable

Justifier l'injustifiable

Olivier Jouanjan

C’est généralement au nom des valeurs que l’on refuse au « droit nazi » sa qualité de « droit ». Cette manière, évidemment légitime, présente cependant le défaut de ne pas permettre une véritable compréhension de ce droit étrange et inquiétant, de ce droit monstrueux et, à travers lui, de l’idéologie du nazisme, plus précisément de sa grammaire et de sa rhétorique. Au-delà d’une histoire du « droit nazi », de ses institutions et pratiques, ce sont ses discours qui sont ici interrogés, l’ordre du discours des nombreux juristes engagés pour dire le droit nazi.
Par un exercice de tératologie juridique est ici mise au jour la façon dont les oxymores et inversions d’un langage totalitaire viennent bouleverser, renverser et travestir la langue du droit léguée par Rome, afin de justifier « en droit » l’injustifiable moral. Invitation à penser le droit « normal » et les enjeux de ses mutations actuelles qui semblent abandonner les ressources de son trésor latin – son abstraction et sa conceptualité –, cet essai ne se réserve pas aux seuls spécialistes ; il est porté par la conviction que l’analyse d’un versant monstrueux peut aider, en contrepoint, à méditer l’ordre raisonnable du droit.

 

Tobie Nathan: à l'écoute des jeunes en voie de radicalisation

L’ethnopyschiatre Tobie Nathan a suivi soixante jeunes en voie de radicalisation, à la demande des autorités françaises, pendant trois ans. Il suit depuis longtemps des populations émigrées. Et les jeunes qu’il écoute aujourd’hui sont les enfants et les petits-enfants de ceux qu’il suit depuis 45 ans.

 

Comment en sont-ils arrivés là ? Les clés pour comprendre le parcours des djihadistes

Luc Van Campenhoudt 11/10/2017

Comment en sont-ils arrivés là ? Les clés pour comprendre le parcours des djihadistes

Présentation

Le terrorisme djihadiste en Europe occidentale est principalement le fait de jeunes européens.
Comment certains d’entre eux en arrivent-ils à commettre des attentats-suicides et à se retourner contre la société dans laquelle ils ont grandi ? Comment en sont-ils arrivés là ? Pour répondre à ces questions, Luc Van Campenhoudt, sociologue belge qui a travaillé sur la déviance et la transgression, sur l’insécurité, ainsi que sur le pouvoir dans les réseaux, décrypte dans un style clair et à l’aide de nombreux exemples comment s’opèrent la mobilisation et la radicalisation de ces jeunes. C’est en réalité l’enchaînement de processus relativement banals qui les conduit à commettre ces actes terrifiants.
Ce décryptage est une condition indispensable pour lutter contre le terrorisme djihadiste de manière à la fois efficace et juste. Si nous voulons contrer une mobilisation potentiellement à large échelle, nous devons en saisir les ressorts et favoriser des alternatives susceptibles de mieux rencontrer les aspirations des jeunes et les besoins de la société.

Table des matières

  • Introduction.
  • Le terrorisme djihadiste est une action collective.
  • Le terrorisme djihadiste est constitué d'une nébuleuse de contextes de micro-mobilisations.
  • Le terrorisme djihadiste incube dans un milieu social favorable.
  • D'un point de vue individuel, le radicalisme est un mode d'adaptation aux difficultés existentielles.
  • La dynamique du groupe amène, étape par étape, à commettre les attentats-suicides.
  • La cohésion des djihadistes s'affirme et se renforce dans la transgression.
  • Le djihadiste est sujet et objet du pouvoir du réseau.
  • Conclusion

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