Manifestations : de nouvelles unités créées pour "passer à l'offensive"

Le photographe Nnomam Cadoret a filmé le passage à tabac d'un homme par des policiers portant des casques de moto, au cours de la première manifestation contre la réforme des retraites, en décembre dernier. Ces agents font partie d'une nouvelle brigade créée pour encadrer ces rassemblements.

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Le 5 décembre dernier, boulevard Magenta, à Paris, des policiers avec des casques de moto frappent un homme à terre, avant de prendre la fuite. L'auteur de ces images est le photographe Nnomam Cadoret. Ce jour-là, il couvrait la première grande manifestation contre la réforme des retraites. "J'étais au milieu de la route, il y avait des gaz lacrymogènes un peu partout, on entendait des détonations derrière. C'est à ce moment-là que j'ai vu la scène, je me suis approché et j'ai commencé à filmer", raconte-t-il.

" Quoi qu’il ait pu faire avant, ça reste choquant "

Les policiers qu'il filme sont des agents d'un genre nouveau. Ils appartiennent à la BRAV-M, la Brigade de répression de l'action violente-motorisée. Il s'agit d'une unité circulant à moto, créée ouvertement pour lutter contre les casseurs. "Qu'une personne soit autant rouée de coups, alors qu'il n'oppose pas de résistance, qu'il est juste en boule, qu'il se recroqueville pour se protéger, ça reste choquant, quoi qu'il ait pu faire avant", poursuit le photographe. Cette vidéo a entraîné l'ouverture d'une enquête de l'inspection générale de la Police nationale. Nnomam Cadoret a été convoqué comme témoin. Pour l'heure, aucun des policiers impliqués n'aurait été entendu. Derrière l'introduction de ces nouvelles unités, un changement de stratégie, décidé au plus haut niveau. Face à la violence, la police ne doit plus seulement riposter, mais passer à l'offensive.

 

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Le 1er décembre 2018, des rassemblements ont lieu à Marseille pour réclamer des logements dignes. Un tir de grenade lacrymogène lancé en pleine manifestation...

 

Violences policières: la France de nouveau prise à partie au Parlement européen

7 févr. 2020 Par Ellen Salvi

Les eurodéputés polonais ont lancé une pétition pour dénoncer « la violence des autorités de la République française contre les citoyens ». Malgré les nombreuses condamnations internationales, Paris continue de balayer les critiques, comme le prouve encore la réponse du chef de file des élus macronistes à Strasbourg.

 

Moi, Juliette Alpha... Une policière raconte son quotidien

Entretien | Juliette Alpha (pseudonyme) est gardien de la paix en poste en police-secours à Paris depuis près de cinq ans. Jusqu'ici très active et remarquée sur les réseaux sociaux, la policière publie un livre pour raconter le quotidien de ses interventions, loin des clichés.

Vous signez "Vis ma vie de flic" sous pseudo, comme sur les réseaux sociaux. Pour quelles raisons ? 

C'est surtout pour protéger mes proches et ma famille. Je ne veux absolument pas leur faire courir de risques parce que j'ai fait le choix d'écrire un livre et de dire que j'étais flic. Ils n'ont pas à porter le poids de mon métier. 

L'administration sait parfaitement qui je suis, sait parfaitement que j'écris ce livre et connait mon identité et mon service. Il n'y a aucun problème à ce sujet. Quand j'ai fini d'écrire le livre, j'ai fait mon rapport administratif et j'ai dit "Je suis Juliette Alpha, j'ai écrit un livre. Il sortira le 30 janvier. Voici la copie des épreuves."

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