Intelligence, culture et absence de sens moral

Cela fait maintenant des années que l’on sait que l’on peut écouter Wagner ou Laurentin et être un monstre, aimer « Répliques » et ne pas être digne du dialogue. L’intelligence -ou la culture, même- n’a rien à voir avec le sens moral, on le sait, sinon les choses seraient simples.

https://www.franceculture.fr/emissions/lhumeur-du-matin-par-guillaume-erner/lhumeur-du-jour-emission-du-vendredi-11-decembre-2020

Donc Fourniret écoute France Culture … Oui, je suis désolé de vous le dire comme cela sans précaution, mais c’est le journal « Le Monde »* qui me l’a appris hier, dans un article consacré au tueur en série.. Dans cet article, il est expliqué que ce monstre « est d’une intelligence affutée, parle cinq langues et écoute France Culture ». 

 

* Comment le tueur en série Michel Fourniret a profité de trente ans de défaillances du système judiciaire français

police-justice, jeudi 10 décembre 2020 Par Lorraine de Foucher et Michèle Fines

Alors que des recherches sont menées dans les Ardennes pour retrouver le corps de la petite Estelle Mouzin, disparue en 2003, « Le Monde » revient sur les multiples failles des enquêtes liées au tueur en série depuis les années 1980.

(...) Ces fouilles ne sont que le dernier épisode en date d’un dossier tentaculaire, riche en meurtres non élucidés. Fourniret y joue le premier rôle, loin de l’image de forestier rustre parfois avancée par la presse. D’une intelligence affûtée, il parle cinq langues, écoute France Culture, joue aux échecs et lit Dostoïevski.

(...) Mais force est de constater que des signaux d’alerte ont bien été négligés. A commencer par le premier d’entre eux, le 11 décembre 1987, à Auxerre

(...) Le dossier de onze petites pages est transmis au procureur d’Auxerre. Le 21 janvier 1988, celui-ci le classe sans suite. La procédure tombe alors dans l’oubli, une habitude dans ce tribunal où les disparitions de femmes font si peu l’objet d’enquêtes qu’un rapport de l’inspection générale des services judiciaires (IGSJ) diligenté en 2001 s’interrogera sur autant de légèreté.

(...) Les vétérans du dossier s’accordent tous sur un point : on doit à la célérité et à l’abnégation des enquêteurs belges, ainsi qu’à leur code pénal, l’existence même de la procédure côté français. « En France, on ne l’aurait pas trouvé, confirme l’ancien policier rémois.

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