Patrick Cahez
Ligue des droits humains et Amnesty international Bruxelles ; MRAP Dunkerque ; SUD intérieur et Observatoire du stress de France Télécom Paris
Abonné·e de Mediapart

234 Billets

2 Éditions

Lien 12 févr. 2021

Le débat Darmanin-Le Pen révèle la dérive fascitoïde de la majorité Modem-Lrem-UDI

Pour Benoît Hamon, on ne mesure pas l'incidence du débat : " un ministre de l'Intérieur, d'un pouvoir dit libéral sur le plan politique dont le président de la République a été élu en appelant à faire barrage à l'extrême droite, a sollicité le vote de l'extrême droite, sur un texte (...) qui stigmatise ". Darmanin a reproché à Marine Le Pen d'être trop molle sur l'immigration, l'islam.

Patrick Cahez
Ligue des droits humains et Amnesty international Bruxelles ; MRAP Dunkerque ; SUD intérieur et Observatoire du stress de France Télécom Paris
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/19h20-politique/en-2017-j-ai-appele-a-voter-emmanuel-macron-j-ai-ete-cocufie-par-gerald-darmanin-apres-son-debat-avec-marine-le-pen-se-desole-benoit-hamon_4275957.html

"Indiscutablement, quelque chose a changé"

Selon Benoît Hamon on n'a pas "tous mesuré pour ceux qui l'ont vu", les conséquences de ce débat. "Ce qu'il s'est passé", c'est "qu'un ministre de l'Intérieur, d'un pouvoir dit libéral sur le plan politique dont le président de la République a été élu en appelant à faire barrage à l'extrême droite, a sollicité le vote de l'extrême droite, sur un texte qui concerne le séparatisme qui suscite beaucoup de débats, un texte qui stigmatise principalement les populations musulmanes en France".

"Il fut un temps dans la République où un républicain s'honorait de ne jamais demander sur le fond le vote de l'extrême droite. C'était presque un principe sacré" et "on s'est retrouvé dans un moment où ce ministre de l'Intérieur a reproché sur l'immigration, l'islam, à Marine Le Pen d'être trop molle, trop molle, trop molle", a déploré Benoît Hamon.

Selon Benoît Hamon, "indiscutablement, quelque chose a changé. Il y a énormément de gens qui se penchent aujourd'hui le moment dans lequel nous sommes. Je pense que nous sommes très près de ce moment qu'on a caractérisé comme le trumpisme aux Etats-Unis".

"Une situation de type pré-fasciste en France"

A l'image de ce qui s'est passé avec Donald Trump aux Etats-Unis, en France aussi on vit avec ce débat un "moment où les faits n'ont plus aucune importance, où peu importe la vérité. L'essentiel, ce sont mes préjugés et le fait que j'impose mes préjugés comme le cadre à l'intérieur duquel tout le monde doit vivre", a-t-il critiqué.

"Je suppose que nous en sommes là, je pense que les faits sont en train de disparaître derrière des représentations, des imaginaires qui sont les imaginaires qui se fondent tous sur la peur".

"Je ne me sens pas représenté par ces gens. Mais je crois qu'aujourd'hui, hélas, le consensus s'est fabriqué contre les musulmans dans ce pays et il s'est fabriqué en direct à travers la parole de Gérald Darmanin, l'acquiescement de Marine Le Pen" ce constat amène Benoît Hamon à penser que "nous sommes dans une situation de type pré-fasciste en France".

L’auteur n’a pas autorisé les commentaires sur ce billet

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Aurélien Rousseau, l’autre caution de gauche de Matignon
Le nouveau directeur de cabinet d’Élisabeth Borne, Aurélien Rousseau, a été directement choisi par Emmanuel Macron. Sa réputation d’homme de dialogue, attentif aux inégalités, lui vaut de nombreux soutiens dans le monde politique. D’autres pointent sa responsabilité dans les fermetures de lits d’hôpitaux en Île-de-France ou dans le scandale du plomb sur le chantier de Notre-Dame.
par Ilyes Ramdani
Journal
Législatives : pour les femmes, ce n’est pas encore gagné
Plus respectueux des règles de parité que dans le passé, les partis politiques ne sont toujours pas à l’abri d’un biais de genre, surtout quand il s’agit de réellement partager le pouvoir. Nouvelle démonstration à l’occasion des élections législatives, qui auront lieu les 12 et 19 juin 2022.
par Mathilde Goanec
Journal
Climat : militer dans l’urgence
Une quinzaine de départements français sont touchés par la sécheresse, dix ont déjà dépassé le seuil d’alerte. On en parle avec Simon Mittelberger, climatologue à Météo-France, Cécile Marchand d’Alternatiba et Les Amis de la Terre, et Julien Le Guet, du collectif Bassines non merci.
par À l’air libre
Journal
Orange : la journée des coups fourrés
Redoutant une assemblée générale plus problématique que prévu, la direction du groupe a fait pression sur l’actionnariat salarié pour qu’il revienne sur son refus de changement de statuts, afin de faire front commun pour imposer la présidence de Jacques Aschenbroich. Au mépris de toutes les règles de gouvernance et avec l’appui, comme chez Engie, de la CFDT.
par Martine Orange

La sélection du Club

Billet de blog
Qu’est-ce qu’un premier ministre ?
Notre pays a donc désormais un premier ministre – ou, plutôt, une première ministre. La nomination d’E. Borne aux fonctions de premier ministre par E. Macron nous incite à une réflexion sur le rôle du premier ministre dans notre pays
par Bernard Lamizet
Billet de blog
Qui est vraiment Élisabeth Borne ?
Depuis sa nomination, Élisabeth Borne est célébrée par de nombreux commentateurs comme étant enfin le virage à gauche tant attendu d'Emmanuel Macron. Qu'elle se dise de gauche, on ne peut lui retirer, mais en la matière, les actes comptent plus que les mots. Mais son bilan dit tout le contraire de ce qu'on entend en ce moment sur les plateaux.
par François Malaussena
Billet de blog
par Fred Sochard
Billet de blog
par C’est Nabum