Comment la presse méprise une personne modeste et piétine sa vie privée

Lire l'article " Affaire Dupont de Ligonnès : l’incrédulité des voisins de Guy Joao - A Limay (Yvelines), les voisins de l’homme interpellé vendredi à Glasgow, et que les enquêteurs ont suspecté d’être le fugitif français, sont tombés des nues. " Le Parisien Par Ronan Folgoas à Limay (Yvelines) avec Virginie Weber Le 12 octobre 2019 à 11h39

http://www.leparisien.fr/faits-divers/affaire-dupont-de-ligonnes-les-voisins-de-guy-joao-denoncent-une-meprise-12-10-2019-8171547.php

" C'est un quartier résidentiel paisible et sans charme, à l'entrée de Limay, une commune des Yvelines" (merci pour les habitants).

" C'est ici que vit Guy Joao, 69 ans, 1m85 pour 90 kilos, « crâne dégarni, un peu bedonnant et visage joufflu » " (merci pour Guy Joao)

" A la suite d'échanges d'informations entre les policiers français et écossais, cet homme a en effet été arrêté vendredi à l'aéroport de Glasgow, sur la base d'une dénonciation anonyme, "  (merci pour la validité de l'information qui bousille la vie d'une personne. Travailler sur des dénonciations anonymes, c'est le nouveau style journalistique ?)

" Le CV de ce Guy Joao ne présentait aucune similitude avec celui de du fugitif " (Ce "ce" très méprisant ne doit pas minorer la faute de l'absence de ce constat d'erreur avant de publier des âneries - une évidence que souligne lui-même l'article : " Une photo de lui, circulant sur les réseaux sociaux, ne montrait aucune ressemblance avec le fugitif. " Bravo la perspicacité....)

S'ensuit le déballage de sa vie privée et d'un accident de travail.

Et il y a des études pour apprendre à écrire ça ?

Quelle honte.

nb : L'Humanité s'est tenue sagement éloignée de cet emballement dans sa parution d'aujourd'hui.

Mises à jour :

Affaire Xavier Dupont de Ligonnès : pourquoi les médias, dont franceinfo, se sont-ils trompés ? (ou comment France Info tente de se raccrocher aux branches)

L'homme interpellé vendredi à l'aéroport de Glasgow n'est pas le fugitif nantais recherché depuis des années, comme l'ont annoncé à tort les médias. Pourquoi cette méprise ? Explications.

nb : à l'origine c'est la police française avertie par un appel anonyme qui arrive trop tard à Roissy et appelle la police écossaise pour interpeller la personne recherchée à l'arrivée de l'avion à Glasgow.

Même rescénarisation des faits dans Le Parisien :

Affaire Dupont de Ligonnès : cinq sources pour une fausse piste

Dans un souci de transparence et après la parution de l’information erronée sur l’interpellation de Xavier Dupont de Ligonnès, nous revenons sur le film des dernières heures et détaillons la façon dont notre rédaction a travaillé.

 

Le directeur de franceinfo radio répond aux auditeurs sur le traitement éditorial de l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès

Après l'annonce erronée de l'arrestation à Glasgow de Xavier Dupont de Ligonnès vendredi, Vincent Giret, directeur de franceinfo radio, répond à la médiatrice de Radio France.

Les auditeurs de franceinfo sont très nombreux à réagir au traitement éditorial de l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès. Au-delà de l’indignation et de la colère, cet emballement médiatique suscite de l’incompréhension sur la méthode de travail. Dans un souci de transparence, le directeur de franceinfo radio, Vincent Giret, a répondu dimanche 13 octobre aux questions de la médiatrice de Radio France, Emmanuelle Daviet.

La médiatrice de Radio France : Raphaël, un auditeur, demande "pourquoi ne pas avoir pris le temps de vérifier que c’était bien Xavier Dupont de Ligonnès qui avait été arrêté". Et c’est une question récurrente des auditeurs de franceinfo.

Vincent Giret : C’est une question fondamentale. Quand on donne une information qui s’avère fausse, on est blessés, on est meurtris, c’est même insupportable quand on fait ce métier. La confiance c’est aussi de la transparence, c’est une relation, un dialogue, et il est donc fondamental de répondre aux questions de nos auditeurs.

Il faut revenir à vendredi soir, 20h40. C’est Le Parisien qui sort l’information, et c’est une règle à franceinfo, on ne reprend pas une information qui sort à l’extérieur sans la vérifier nous-mêmes. Là, on a un service Police/Justice tout à fait professionnel qui appelle ses sources. Et nous avons, très vite, trois sources, police nationale, police judiciaire, au plus haut niveau, qui nous disent : c’est lui. À ce moment-là, dans la voix de ces responsables au plus haut niveau de la police, il n’y a pas de conditionnel.

Une auditrice nous demande si précisément ça ne remet pas en cause la fiabilité des informations qui vous sont données par la police...

C’est une des leçons de l’histoire.

 

 

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