Torpillage du syndicalisme français par la révélation de privilèges

Au-delà de la grande bêtise et la faiblesse intellectuelle inexcusables de quelques dirigeants, à qui profite la révélation du "crime" ? Cette information ne peut que contribuer à diviser et fragiliser les défenseurs des droits sociaux face aux promoteurs de la dérégulation qui sont au pouvoir et qui aggravent les inégalités.

http://www.leparisien.fr/economie/la-folie-financiere-de-force-ouvriere-11-11-2018-7940376.php

Voilà Jean-Claude Mailly remercié pour son réformisme complaisant.

Cette campagne contre FO - après la CGT - doit alerter les "réformistes" sur les risques à se compromettre avec le pouvoir et la nécessaire rigueur à mener un train de vie conforme à celui des travailleurs, sans laquelle frugalité ils s'exposent à des campagnes de disqualification - fort opportunes pour le patronat (qui les corrompt, cf. par ex. scandale de l'UIMM) - et qui, au-delà de leur personne, affectent l'efficacité des droits sociaux, qui sont des droits de l'Homme, et privent, par ricochet, d'efficacité les droits civils et politiques, qui ne sont alors que purement théoriques. C'est réduire la démocratie française au "fantôme de la liberté" de Bunuel comme l'explique clairement Muriel Fabre Magnan dans son dernier livre "L'institution de la liberté" (PUF-2018).

Ce qui convient pleinement aux capitalistes : Capitalisme ou démocratie, mais pas les deux à la fois - Libération

L'abdication à l'argent et au mol embourgeoisement est un exemple de manipulation d' " idiot utile " dont l'accumulation des révélations interroge sur l'existence d'une stratégie réfléchie pour affaiblir les organisations de défense des droits sociaux. Ce qui apparaît la question de fond qui, une fois encore, n'est pas traitée ni abordée par les commentateurs ni les enquêteurs de la presse.

Un exemple supplémentaire du traitement superficiel de l'information qui se contente de réduire l'actualité à des "faits-divers" (voir le succès des "petites phrases"), qu'il s'agisse de politique, d'action sociale, de finance, d'économie, ... sans contextualisation ni mise en perspectives dont le "buzz" est une illustration de "'l'infodivertissement" éphémère et jetable, consacrant le concept d'abêtissement du "temps de cerveau disponible" (cf. Vivre en troupeau en se pensant libres - Le Monde diplomatique)

Dans un environnement aussi peu critique, il revient aux seules organisations d'élire des "incorruptibles" ou des "sages" et de les soutenir plutôt que de les ficher sur des critères subjectifs et discutables au regard de l'efficacité de la défense des droits sociaux.

 

Prolonger :

"La corruption des syndicats ne profite pas qu'aux élus syndicaux" L'express 28/9/2013

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