Le nanti système

VIDEO. "Vous êtes la candidate du nanti-système", lance Charline Vanhoenacker à Marine Le Pen. La journaliste belge a résumé le passage de Marine Le Pen dans L'Emission politique à sa manière.

http://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/video-vous-etes-la-candidate-du-nanti-systeme-lance-charline-vanhoenacker-a-marine-le-pen_2055523.html

Un plan de Bruxelles, avec un rond à la place du Parlement européen. C'est avec ce cadeau pour Marine Le Pen que Charline Vanhoenacker, la journaliste belge, est arrivée sur le plateau de "L'Emission politique" de France 2. "La ville est pas grande mais je ne sais pas pourquoi, il y a des gens qui ne retrouvent jamais le plan du Parlement européen", a-t-elle lancée, en référence à l'affaire des assistants parlementaires.

"Bienvenue dans le système"

L'humoriste l'a ensuite attaqué sur sa position anti-système. "On est en train de conclure deux heures de direct, en prime time, sur la grande chaine du service public, j'ai envie de vous dire 'bienvenue dans le système'. En tout cas, vous êtes mieux reçue ici qu'à la Trump Tower", a-t-elle ironisée.

Charline Vanhoenacker est ensuite revenue sur le "joli patrimoine immobilier" de la député européenne - "Fillon, il fait tellement petit bourgeois à côté de vous" -, avant de conclure : "c'est bien la preuve que vous, vous êtes la candidate du nanti-système".

 

Dans un même registre :

Fillon, Cahuzac & Cie: «Je crois que j’ai plus de respect pour les vrais voleurs»

12 février 2017 Par Fabrice Arfi

Dans un entretien avec Mediapart, l'ancien rédacteur en chef du Canard enchaîné Claude Angeli revient, en pleine affaire Fillon, sur les enjeux d'un journalisme qui sera toujours « intolérable » aux pouvoirs tentés de se dérober aux promesses de la démocratie.

Figure du journalisme d’enquête depuis quarante ans, l’ancien rédacteur en chef du Canard enchaîné, Claude Angeli, publie avec son confrère de Radio France Internationale (RFI), Pierre-Édouard Deldique, Les Plaisirs du journalisme (Fayard), un ouvrage qui est bien plus qu’un hommage au célèbre Palmipède du mercredi.

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Dans un entretien avec Mediapart, il revient, en pleine affaire Fillon, sur les enjeux du journalisme d’enquête dans une « époque médiocre », plombée de surcroît par ce qu’il nomme une « société molle » (1). Un journalisme qui, au-delà de la satire, sera toujours « intolérable » – c’est son essence – aux pouvoirs tentés de se dérober aux promesses de la démocratie.

Livre de témoignage sur les coulisses de certaines des enquêtes les plus retentissantes d’Angeli et du Canard, Les Plaisirs du journalisme est aussi une réflexion sur les ravages institutionnels et politiques d’une Cinquième République qui ne protège pas les citoyens contre les dérives du pouvoir mais, au contraire, le pouvoir quand il dérive.

Spécialiste des questions géopolitiques et militaires, Claude Angeli continue d’écrire chaque mercredi dans Le Canard, dont il a quitté la rédaction en chef en 2012.

(1) Cf. le concept de "société liquide" de Zygmunt Bauman — Wikipédia

" L'ordre n'est pas la justice et il faut parfois créer du désordre pour avoir la justice "

 

France Culture :

Les médias font-ils l'élection ?

Dimanche, et après ?

De nombreux événements politiques récents ont illustré les relations de complaisance ou d'opposition qui existent entre pouvoir et médias. Mais les journalistes exercent-ils réellement une influence sur la vie démocratique ?

Parfois on se demande qui les Français préfèrent détester… les politiques ou les journalistes ? A chaque enquête de confiance, ces deux corporations se disputent les dernières places. Mais ces derniers temps, on se dit que finalement ce sont les journalistes les plus à plaindre : même les politiques les ont pris pour cible.

La charge très dure de François Fillon parlant de « Lynchage médiatique » est venue à l’appui de sa défense, dans l’affaire des emplois présumés fictifs de ses proches, visant à se positionner en candidat victime d’un système qui voudrait l’abattre. Exactement le même message qu’un Jean-Luc Mélenchon ou qu’une Marine Le Pen : il ne faut pas faire confiance aux médias et s’adresser désormais directement aux Français… sans filtre.

On pourrait y voir la victoire des réseaux sociaux, ou bien l’emprise des professionnels de la communication qui ont là un moyen direct de faire passer leurs messages, ou encore le produit de décennies de compromissions des journalistes politiques avec le pouvoir. Voire, l’effet délétère de l’information continue qui a favorisé l’opinion au détriment des faits. Bref blâmer tour à tour les responsables politiques, leurs communicants, les journalistes, les citoyens.

Mais en définitive, tout se résume à une question « est-ce que les médias font l’élection ? », ce dont tout ce petit monde semble persuadé. Nous posons la question à nos invités, l'historien des médias Patrick Eveno, et la journaliste Aurore Gorius, du site Les Jours.

 

Intervenants

  • Aurore Gorius : Journaliste
  • Patrick Eveno : professeur des universités en histoire contemporaine à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne, spécialiste de l’histoire des médias, président de l'Observatoire de la déontologie de l'information

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