Patrick Cahez
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Lien 14 janv. 2022

Macron, sa présidence de l’Union européenne mise à l’écart à propos de l'Ukraine

Emmanuel Macron inaugure mal la présidence de l'UE. Si la Russie considère les Etats-Unis, et l’Otan, comme des interlocuteurs valables, ce n’est pas le cas de l’Union européenne. La faute aux Européens. " Tous les canaux de communication avec l’Union européenne ont été recouverts de ciment par nos partenaires européens ", a affirmé Sergueï Lavrov.

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https://www.rtbf.be/info/monde/detail_conflit-en-ukraine-la-russie-s-impatiente-l-europe-hors-jeu-analyse?id=10915157

"L’Otan est plus facile à comprendre, c’est le bon adversaire qu’il faut à la Russie, qui lui permet de justifier tout ce qui est injustifiable et qui lui permet de dialoguer directement avec les Américains. Aujourd’hui, la Russie veut dialoguer avec les grands. Elle veut être une grande nation, reconnue par les grands, donc par les Etats-Unis et la Chine, et elle estime que négocier avec l’Union européenne ne lui rapporte pas ce statut-là. "

Les Européens plus présents par le passé

Conséquence, alors que les discussions entre Russes et Américains portent essentiellement sur la sécurité, les Européens ne sont pas conviés à la table de négociations. " Je pense qu’il y a une forme de régression des Européens sur la scène internationale " analyse Nicolas Gros-Verheyde. " Souvenez-vous, en 2009, le président russe Dmitri Medvedev a proposé un traité de sécurité européenne aux Européens. Pas à l’Otan mais aux Européens " insiste le spécialiste.

" Avant cela encore, en 2008, sous la précédente présidence française de l’Union européenne, le président français Nicolas Sarkozy avait pris l’avion lors d’une tournée épique pour faire la navette entre Tbilissi et Moscou lors de l’intervention russe en Géorgie pour trouver une porte de sortie à ce conflit. Et avec succès, souligne Nicolas Gros-Verheyde, parce qu’à l’époque les Russes ne voulaient pas aller jusqu’à Tbilissi, ils voulaient juste marquer le coup et marquer les limites de leur zone d’influence. Là, l’Europe avait un vrai rôle et elle l’a toujours parce qu’elle a encore des observateurs sur le terrain, en Géorgie, face à l’armée russe pour éviter une reprise des violences, ce qu’on appelle dans le jargon militaire de la " déconfliction ". Aujourd’hui, on peut remarquer qu’on n’est pas à ce niveau-là dans le dossier ukrainien. C’est pour ça que je parle d’une régression. Aujourd’hui, les Européens ne négocient pas sur l’Ukraine. "

Faute de pouvoir peser seule sur la scène internationale, et en attendant l’émergence d’une véritable autonomie stratégique, aujourd’hui encore très hypothétique, les Européens devront cette fois encore s’appuyer sur les Etats-Unis pour assurer leur sécurité.

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