François Hollande au secours d'Emmanuel Macron et de la police

Le vieux réflexe social démocrate à s'aligner sur le capitalisme revient au galop. Après Ségolène Royal qui a approuvé la police de Mantes la Jolie, François Hollande invite les "gilets jaunes" à rentrer chez eux (comme si les annonces d'Emmanuel Macron avait changé quelque chose). Histoire de sauver le chiffre d'affaires et les profits des fêtes de fin d'années ?

https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/pour-francois-hollande-le-mouvement-des-gilets-jaunes-arrive-a-son-conclusion_3102271.html

François Hollande, mentor d'Emmanuel Macron, ne paraît pas prendre la mesure du problème social auquel l'intervention télévisée très préparée du président de la République ne répond pas.

Par ex. : A Lyon et Saint-Etienne, des manifestations pour “le pouvoir d'achat”

Un simple rappel de l'étendue des inégalités sociales - auxquelles François Hollande a participé activement ( adoption de CICE, lois El Khomri, régression des libertés publiques, ...) - suffit à mesurer le caractère inapproprié de son intervention (et contradictoire avec son soutien préalable aux "gilets jaunes") :

François Hollande s'aligne sur le soutien exprimé par Alain Juppé, Gérard Larcher  et François Bayrou à Emmanuel Macron.

Il élargit le prisme de l'Union sacrée des conservateurs et des réactionnaires qui n'efface en rien la situation dramatique de millions de citoyens, dont reste consciente l'opinion :

"Gilets jaunes" : "La nature du mouvement a muté" et reste populaire dans l'opinion

Objectivement, l'arrêt des manifestations auquel tente François Hollande de convaincre ceux qui souffrent - au mépris des évidences - et qui n'ont reçu aucune réponse ne peut que soulager le gouvernement et son outil répressif, lequel outil n'en peut plus et l'exprime de plus en plus clairement, tout en affirmant sa compréhension pour le mouvement des gilets jaunes (!) :

On commence à en avoir marre de servir de chair à canon" : face aux "gilets jaunes", les forces de l'ordre racontent leur épuisement

"Avant d'être policier, on est citoyen. Quand on discute, on se sent tous 'gilets jaunes'", lâche-t-il. Nicolas a pu, lui aussi, "échanger normalement" avec des manifestants, mais seulement le 17 novembre. "On est dans le même cas que tout le monde. Nos salaires ne sont pas exorbitants et sont gelés depuis dix ans, rappelle-t-il. Si le mouvement était pacifique, je porterais moi aussi un 'gilet jaune'." (comme si la police l'était, elle, pacifique).

 

Prolonger :

"Acte 5" des "gilets jaunes" : les forces de l'ordre tentent de disperser les manifestants avec des canons à eau à Paris, Bordeaux et Toulouse

VIDEO. "Gilets jaunes" : la révolte des femmes

"Gilets jaunes" : des femmes grimées en statues de Marianne font face aux forces de l'ordre

"Acte 5" des "gilets jaunes" : à Paris, un sit-in devant l'opéra Garnier réunit environ 400 personnes

"On commence à en avoir marre de servir de chair à canon" : face aux "gilets jaunes", les forces de l'ordre racontent leur épuisement

Acte 5 des "gilets jaunes" : "le gouvernement doit protéger l'économie et les commerçants qui la composent" (Les commerçants ne connaissent-ils pas la solidarité républicaine pour d'autres qu'eux-mêmes ?)

 

 

 

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