Le maire de Marseille qui voulait rejeter les Arméniens à la mer

La santé du migrant est un droit du migrant qui peut justifier son accès au territoire pour lui permettre de se soigner. C'est un principe du droit international depuis Grotius au 16° siècle. Siméon Flaissières, médecin de son état, n'en avait rien à faire et voulait rejeter à la mer les Arméniens qui fuyaient le génocide. Un discours qui reste d'actualité au mépris du Droit.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sim%C3%A9on_Flaissi%C3%A8res#G%C3%A9nocide_arm%C3%A9nien

Lorsque se produit le Génocide arménien, Siméon Flaissières est maire de Marseille. Une communauté de réfugiés arméniens toujours de plus en plus nombreuse arrive dans la ville. Des mesures d'aides leur sont d'abord apportées. Puis, excédé par leur nombre, Siméon Flaissières écrit au préfet des Bouches-du-Rhône Louis Thibon des propos qui seront tenus pour racistes et xénophobes. Le 21 octobre 1923, le quotidien régional de Marseille Le Petit Provençal recopie cette lettre pour la divulguer au public qui contient notamment les propos suivants :

« l'on annonce que 40 000 de ces hôtes sont en route vers nous, ce qui revient à dire que la variole, le typhus et la peste se dirigent vers nous, s'ils n'y sont pas déjà en germes pullulants depuis l'arrivée des premiers de ces immigrants, dénués de tout, réfractaires aux mœurs occidentales, rebelles à toute mesure d'hygiène, immobilisés dans leur indolence résignée, passive, ancestrale. [...] La population de Marseille réclame du gouvernement qu'il interdise vigoureusement l'entrée des ports français à ces immigrés et qu'il rapatrie sans délai ces lamentables troupeaux humains, gros danger public pour le pays tout entier. »

 

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SFDI 2018 - T. Fleury Graff - Santé & migrations internationales

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