Prison : les théories du droit pénal

L'évolution de la Doctrine pénale de 1810 à la veille du 21° siècle : école de la justice absolue ; école néo-classique ; école positiviste ; école de la défense sociale et défense sociale nouvelle. in LES THÉORIES PÉNALES DU CODE PÉNAL DE 1810 À NOS JOURS « Droit pénal général » ( 2e éd. , Paris 1991 ) de W. JEANDIDIER

https://ledroitcriminel.fr/la_science_criminelle/penalistes/introduction/jeandidier_theories_penales.htm

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Mais l’école la plus importante en France est présentement le néo-classicisme contemporain qualifié parfois de néo-classicisme nouveau. Ce mouvement, annoncé il y a déjà longtemps par Saleilles (De l’individualisation de la peine, 1898), a pour principaux représentants Georges Levasseur et Roger Merle (La confrontation doctrinale du droit pénal classique et de la défense sociale, R.S.C. 1964, 725) et à l’étranger l’École d’Utrecht. S’opposant à la défense sociale nouvelle ces divers auteurs insistent sur les idées de blâme, de responsabilité morale et de rétribution. Mais ils souhaitent aussi conserver certains aspects de la défense sociale et ils estiment primordiale une connaissance approfondie de la personnalité des criminels. En outre les néo-classiques contemporains refusent tout lien entre le quantum de la peine et la responsabilité morale, puisque cette règle capitale pour leurs devanciers revient à reléguer au second plan la prise en considération de la personnalité de l’intéressé.

Depuis la recrudescence de la délinquance une tendance plus dure s’est manifestée au sein du néo-classicisme contemporain avec des auteurs comme Jean-Claude Soyer (Justice en perdition, 1982), Michèle-Laure Rassat (Pour une politique anticriminelle de bon sens, 1983) et l’ancien Garde des Sceaux Alain Peyrefitte (Les chevaux du lac Ladoga, 1981). Cette branche renoue avec l’ancienne idée d’expiation. La réinsertion, du moins pour les délinquants professionnels, doit céder le pas devant le châtiment : la prison a pour fonction de neutraliser les individus dangereux pour le corps social et aussi de les intimider.

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