L'industrie pharmaceutique fait 72 000 morts par an aux USA et 1000 en France

Après 20 ans de détournement par l'industrie pharmaceutique des règles qui contrôlent les traitements anti-douleurs à base d'opioïdes, les Etats-Unis sont confrontés à une crise sanitaire sans précédent. Ce n'est pas plus sérieux en France ou Europe. 1000 morts par an. Les médicaments cause plus de morts par overdose que les drogues.

https://www.francetvinfo.fr/sante/drogue-addictions/opioides-des-milliers-de-morts-sur-ordonnance-aux-etats-unis_2467786.html

C'est désormais la première cause de mortalité des moins de 50 ans. Et les principales drogues impliquées, ne sont ni la cocaïne ni l'héroïne mais des médicaments, plus précisément des opioïdes de synthèse. Les opioïdes, sont, à l’origine, comme leur nom l'indique, des molécules  contenues dans l'opium. A côté de la plus célèbre, la morphine, il y a la codéine, et beaucoup moins connues, en France des versions comme l'oxycodone et le fentanyl. Toutes ont en commun d'agir sur la douleur mais aussi de provoquer une sorte de sensation d'apesanteur, de légèreté.. Un "shoot" massivement découvert par les étudiants américains ces 15 dernières années. Comme Joe, 21 ans. Dont les parents ont appris la mort en décembre 2009 par un coup de fil de la police.(...)

Le scandale continue : Envoyé spécial du 21 avril propose Antidouleurs : l'Amérique dévastéeTrès efficaces pour soulager la douleur mais extrêmement addictifs, les opioïdes ont inondé le marché américain. Ils sont à l'origine d'une terrible crise sanitaire, avec 72 000 morts d'overdose pour la seule année 2017.

Un couple de personnes âgées inanimées sur un banc en pleine rue, une petite fille en pleurs devant sa maman qui a perdu conscience dans les rayons d'un supermarché : ce type de vidéos chocs semble de plus en plus nombreuses. Des Américains apparemment ordinaires font des overdoses… En cause, leur addiction aux médicaments antidouleur.

Tout commence souvent par un mal de dos, une douleur chronique ou des rhumatismes : leur médecin prescrit des opioïdes, des médicaments très efficaces pour soulager la douleur mais extrêmement addictifs. Et c'est le début de l'engrenage : des mères de famille, des ouvriers, des retraités deviennent totalement dépendants. En quelques années, ce type de pilules a inondé le marché américain. Elles sont à l'origine d'une des plus graves crises sanitaires dans ce pays, avec 72 000 morts pour la seule année 2017. Un document exceptionnel dans une Amérique en pleine overdose.

Un reportage de Pierre Monégier, Brice Baubit et Emmanuel Lejeune.

En France, 12 millions de personnes prennent des médicaments opioïdes. Pour ces patients en souffrance, comme pour leurs médecins, difficile de parler d’addiction. Un tabou qui retarde souvent la prise en charge des victimes.

"Envoyé spécial" a recueilli les témoignages de patients devenus accros aux antidouleurs. Valérie, Pascal : ils racontent comment, à partir d’un cancer ou de douleurs dans le dos, ils ont sombré dans la dépendance, des années de brouillard et de dépression – passant parfois près de la mort.

Car les opioïdes tuent aussi en France : ils sont devenus la première cause de mort par overdose : trois décès par jour, un millier chaque année. Il y a désormais plus d’overdoses chez les patients souffrant de douleurs chroniques que chez les toxicomanes.

 

prolonger

Entendez-vous l'éco ? Par Tiphaine de Rocquigny

Vie et mort d'un médicament

L'industrie pharmaceutique, au cœur de nombreux scandales, pose une question éthique : peut-on régir la santé comme n'importe quel champ industriel ? Les prix des médicaments explosent; sont-ils lié au coût de la recherche ou bien reflètent-ils la volonté des laboratoires de faire des bénéfices ?
 

 Bibliographie

Economie du médicament,

Économie du médicament  La Découverte, 2018 

Nathalie Coutinet

Maître de conférences, Université Paris 13, économiste à l’université de Paris 13 Nord et chercheuse au Centre d’économie de l’université de Paris-Nord (CEPN)

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

L'auteur a choisi de fermer cet article aux commentaires.