Xi Jinping 习近平 - Le système de crédit social : 社会信用体系

Système national de réputation des citoyens inspiré de l'évaluation des risques-clients américain. Chacun d'entre eux se voit attribuer une note, échelonnée entre 350 et 950 points, dite « crédit social », fondée sur les données que collecte le gouvernement par les outils de surveillance globale et de surveillance de masse, et utilise les technologies d'analyse du Big Data.

https://www.arte.tv/fr/videos/083310-000-A/tous-surveilles-7-milliards-de-suspects/

Prolonger :

ARTE :

Tous surveillés - 7 milliards de suspects

Des caméras de Nice à la répression chinoise des Ouïghours, cette enquête dresse le panorama mondial de l'obsession sécuritaire, avec un constat glaçant : le totalitarisme numérique est pour demain. Ce documentaire de Sylvain Louvet et Ludovic Gaillard a reçu le prix Albert Londres de l’audiovisuel 2020. 

Aujourd'hui, plus de 500 millions de caméras sur la planète offrent aux autorités la capacité de nous surveiller, à peu près partout et à chaque instant. Sous couvert de lutte contre le terrorisme ou la criminalité, les grandes puissances se sont lancées dans une dangereuse course aux technologies de surveillance. Dorénavant, l'incroyable perfectionnement de l'intelligence artificielle valide l'idée d'un regard total. Aux États-Unis, les forces de police utilisent la reconnaissance faciale pour identifier les suspects. En Chine, les caméras peuvent repérer les personnes de dos, à leur simple démarche. En France, la police utilise des caméras intelligentes qui analysent les émotions et les comportements des passants. Marquée par l'attentat au camion du 14 juillet 2016, qui a fait 86 morts, et s'est produit en dépit des 2 000 caméras scrutant la ville, Nice se situe désormais à l'avant-garde de l'expérimentation. Le centre de supervision et les zones dédiées à la reconnaissance faciale sont les chevaux de bataille du maire Christian Estrosi, qui veut faire de sa ville une safe city. Comme un virus, l'idéologie du tout sécuritaire se répand à la mesure d'une révolution numérique à la puissance exponentielle. Va-t-elle transformer notre monde en une planète habitée par 7 milliards de suspects ? Quel niveau de surveillance nos libertés individuelles peuvent-elles endurer ? 

Dictature 3.0  
On le surnomme le "marché de la peur", estimé à 40 milliards de dollars par an. Colossaux, les enjeux de la surveillance intelligente aiguisent les appétits de sociétés prêtes à promouvoir le "modèle Big Brother" pour engranger les plus grands bénéfices. L'enquête internationale de Sylvain Louvet démonte les rouages de cette machine aux innombrables facettes et dévoile la relation incestueuse qui se noue entre les industriels et les pouvoirs publics. En Israël, elle souligne les liens entre l'armée, le Mossad et les start-up technologiques, soupçonnées de tester la reconnaissance faciale aux checkpoints. En France, elle met en lumière l'influence du secteur privé, dans les orientations choisies par le maire de Nice, Christian Estrosi. Aux États-Unis, l'enquête donne la parole à ceux qui dénoncent la faillibilité du logiciel de reconnaissance faciale d'Amazon couplé à un fichage biométrique généralisé. Le documentariste a également réussi à enquêter en Chine, pays où l'obsession sécuritaire est en passe de donner naissance à une nouvelle forme de régime  : la dictature 3.0. Arrestations "préventives" arbitraires, mise en place d'un système de notation des citoyens, fichage ADN et persécution systématisée (allant jusqu'à l'apposition d'un QR code sur la porte des appartements) de la minorité musulmane des Ouïghours… L'arsenal de la répression connaît un degré de raffinement inédit dans l'histoire de l'humanité. Un camp du Goulag numérique : telle est la vision du futur dessinée par ce documentaire aussi percutant que glaçant.

 

 

France Culture :

Tous surveillés : 7 milliards de suspects

Sylvain Louvet, lauréat du prestigieux prix Albert Londres 2020 de l'audiovisuel, pour son documentaire "Tous surveillés, 7 milliards de suspects", disponible sur Arte.tv, revient sur la course aux technologies et ses dérives.

Wikipédia :

Système de crédit social

Le système de crédit social (chinois : 社会信用体系 ; pinyin : shèhuì xìnyòng tǐxì ; litt. « système [de] confiance [en la] société »1) est un projet du gouvernement chinois visant à mettre en place un système national de réputation des citoyens2 et entreprises3, inspiré de l'évaluation des risques-clients américain2,3, mais en y ajoutant la pénalisations des entreprises ne respectant pas les normes3. Chacun d'entre eux se voit attribuer une note, échelonnée entre 350 et 950 points4, dite « crédit social », fondée sur les données dont dispose le gouvernement à propos de leur statut économique et social5,6,7,8. Le système repose sur des outils de surveillance globale et de surveillance de masse, et utilise les technologies d'analyse du big data9, afin d'établir un réseau de « confiance » (守信, shǒuxìn) et de réduire les possibilités de fraudes que commettent les entreprises et citoyens3. En 2018, selon Foreign Policy, il ne s'agit pas d'un système orwellien, mais d'un système visant à pousser entreprises et citoyens à respecter leurs obligations légales (remboursement des dettes (en bloquant par exemple les achats de produits de luxe ou des billets de voyage), respect de la législation sanitaire, conformité des produits, etc.)10.

 

Xinjiang: à qui profite l'exploitation des Ouïghours dans les champs de coton ? 16 déc. 2020

Loin des projecteurs, la répression des Ouïghours se poursuit au Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine. Selon une nouvelle étude publiée aux États-Unis, plus de 500 000 personnes issues des minorités ethniques chinoises seraient employées de force dans les champs de coton. L'auteur de ce rapport est le chercheur allemand Adrian Zenz. Entretien.

 

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