Les stations de RER et de métro plus polluées que le périphérique

Les concentrations de particules fines dans les stations de métro et de RER dépassent très largement celles mesurées à l'extérieur : 438 microgrammes de particules par mètre cube. C'est 16 fois plus élevé qu'au même endroit à la surface. Les voyageurs, les travailleurs du métro et du RER sont confrontés à cette pollution dont les conséquences sur la santé peuvent être graves.

http://www.rfi.fr/france/20170914-france-paris-stations-metro-rer-tres-fortement-polluees

Les concentrations de particules fines dans les stations de métro et de RER dépassent très largement celles mesurées à l'extérieur, alerte la CFDT. Elle s'appuie sur ce record enregistré le 4 juillet à la station Les Halles, au cœur de Paris : 438 microgrammes de particules par mètre cube. C'est 16 fois plus élevé qu'au même endroit à la surface. A côté des voyageurs, les travailleurs du métro et du RER sont confrontés à une énorme pollution. Ses conséquences sur la santé peuvent être graves.

Les usagers, mais aussi et surtout ceux qui travaillent dans le métro ou le RER sont exposés à une pollution qui peut engendrer de graves problèmes de santé, respiratoires et cardiovasculaires, s’inquiète la Fédération générale des transports-environnement du syndicat CFDT.

Cheveux en bataille sous un casque de protection et gilet fluorescent, Christophe travaille dans les tunnels de la station Châtelet-les-Halles, la plus polluée. Lui qui est dans la métallerie, a « le nez rempli de poussière noire » quand il va se doucher, le soir.

Ces agressions physiques, ils sont nombreux à les ressentir. Avant de vendre des viennoiseries dans les labyrinthes de la station Chatelet-les-Halles, Sofiane était vendeur de journaux sur les quais. Il explique que, quand « on rentre à la maison, on sent la poussière » de la station, « comme si on était au travail dans les égouts ». Il compare cette odeur à « du charbon ».

Poumons noirs

Outils en poche, un jeune ouvrier ignore l'étendue des risques sanitaires liés aux particules fines, mais il connaît bien l'origine de la pollution. « Vous avez des métros à pneus », explique-t-il. « C’est des systèmes de freinage, c’est pour ça que, quand vous êtes dans les tunnels, c’est noir au-dessus. C’est le vent qui monte la poussière noire et qui la colle aux murs ». Fataliste, il est certain que « si le plafond devient noir, [ses] poumons aussi vont le devenir ».

Torchon sur l'épaule, Sofia vend sandwichs et boissons. Elle témoigne à son tour : « on avale la poussière. On sent vraiment le goût de poussière dans notre bouche, tellement c’est irrespirable ».

Ce vendredi, gare du Nord, le syndicat des transports CFDT va distribuer des tracts affublés du slogan « respirer dans le métro nuit gravement à la santé » – détournement des messages qui barrent les paquets de cigarettes – afin de sensibiliser l'opinion.

Voir aussi :

À Paris, l'air du métro bien plus pollué que sur le périphérique

Mesurée par la RATP dans trois grandes stations de métro et de RER, la concentration en particules fines dépasse les seuils d’exposition recommandés par l’OMS. Des chiffres également supérieurs à ceux relevés sur le périphérique parisien.

Depuis 1998, la RATP, qui a assuré le transport à 3,3 milliards de personnes en 2016, effectue des mesures quotidiennes de la qualité de l’air dans plusieurs stations de métro et de RER de Paris. Aux heures de pointes, les passagers respirent un air dix fois plus pollué qu’à l’extérieur. C’est ce que signalent les syndicats de la CFDT ainsi que plusieurs journaux d'informations.

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Pollution : les travailleurs du métro surexposés - Pourquoi Docteur

A l’origine de cette pollution, la qualité de l’air extérieur. Mais s’y ajoutent des facteurs spécifiques aux transports publics. Les PM10 sont « émises pour l’essentiel par les systèmes de freinage historiques des matériels roulants », explique la RATP sur son site.

48 000 décès par an

Après la fermeture du métro, c’est encore pire. « Les travaux nocturnes posent problème. Les compresseurs fonctionnent, tout comme les groupes électrogènes qui fonctionnent à l’essence, explique Patrick Rossi, secrétaire fédéral en charge de la santé au travail à la CFDT. La nuit, les taux de particules fines vont jusqu’à 800 mg/m3. C’est inquiétant. »

Et ces mesures nocturnes révèlent bien le cœur du problème. Car si ces résultats sont alarmants pour les usagers, ils le sont encore plus pour les salariés de la RATP et de la SNCF. Pour eux, « c’est toute la journée, toute l’année, 7 à 8 heures par jour et ce, 220 à 230 jours par an, pendant 35 ou 40 ans », chiffre Patrick Rossi.

L’exposition est donc chronique. Or, on le sait, les particules fines favorisent les maladies cardiovasculaires ou encore l’aggravation des pathologies respiratoires. 48 000 Français meurent de la pollution atmosphérique chaque année. 4 800 d’entre eux sont des salariés, rappelle la CFDT. Mais ceux-ci sont moins bien protégés.

 

Pollution : l'air irrespirable des travailleurs du métro - Le Monde

Particules fines : l'air du métro parisien largement plus pollué que l'air extérieur - Libération

 

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