Il n'y a pas de fatalité nationale indépassable pour les partis démocratiques

Observation critique de l'émission " Comment les socialistes pensaient la nation à la Belle Epoque " du 21 mai 2021 par Fabien Escalona. L'émission passe complètement à coté dans sa conclusion fataliste de l'apport que propose aujourd'hui le " patriotisme constitutionnel " aux partis politique qui veulent oeuvrer au progrès démocratique et échapper au piège du nationalisme.

https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/210521/comment-les-socialistes-pensaient-la-nation-la-belle-epoque/commentaires

J'entends " quand fin du 19° s. quand les partis ouvriers sociaux démocrates "

Peut-on ainsi confondre les partis ouvriers et les partis sociaux-démocrates dans un même ensemble ?

Voir, Allemagne, 1918 : une révolution trahie - Agone ; Les cahiers 1918-1937 d'Harry Kessler

Ce n'est pas le droit des nations à disposer d'elles-mêmes, mais le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Nation et peuple sont deux notions distinctes.

Comme de la poule et de l'oeuf, sont-ce les nations qui font les Etats ou l'inverse : « Les Etats créent les nations, pas l’inverse » ? Etat-nation n'est-il pas finalement un oxymore ? Comme Etat de droit devrait être un pléonasme. Il ne devrait y avoir qu'un sens à la notion d'Etat, c'est-à-dire celui d'une société moderne démocratique. Pour le reste, parler de dictature, de régime totalitaire ou policier.

Passage intéressant à propos de la gauche allemande qui courrait après la droite avant 1914 et a donc ainsi manqué de sauver la paix. Ce ne fut pas mieux en France.

En revanche la conclusion de l'émission est fausse.

Il existe aujourd'hui une voie de réflexion intéressante pour les partis politiques qui souhaitent échapper au piège du nationalisme : " le patriotisme constitutionnel ", ce qui dément la conclusion fataliste de l'émission qui pose la fatalité à devoir subir le nationalisme comme un axiome politique.

Le patriotisme constitutionnel propose une solution, c'est l'adhésion aux valeurs démocratiques qui fait la société ; pas sa culture, son histoire, sa géographie, ses peuples. Lesquels bénéficient de droits mais ne sont pas les éléments constitutifs fondamentaux de la communauté nationale.

Etonnamment le patriotisme constitutionnel n'a aucun écho en France. Et l'émission le prouve alors qu'elle semble justement proposer de réfléchir à un moyen d'échapper à la réduction nombriliste du débat politique ainsi hypothéqué par le nationalisme, qui étouffe tout progrès social, humain et méprise le bien-être général.

C'est peut-être le signe du particularisme politique français - voir culturel (cf. l'attachement à l'autoritarisme et les commémorations napoléonides) - plus attaché au nationalisme, à une prétention égoïste, qu'à la démocratie ?

Voir la régression sociale, la régression des libertés publiques, la discrimination consacrés par l'Assemblée nationale dans une succession de textes.

J'aurais aimé savoir ce que Jean-Numa Ducange pense de l'ouvrage de Pascal Ory " Qu'est-ce qu'une nation ? "

Prolonger :

Les ouvriers n'ont pas disparu Par David Gaborieau Mensuel Sciences humaines N° 337 - Juin 2021

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