Stade de France : un gouffre financier à la charge du contribuable

Peut-être bien un "temple" du sport ou des spectacles mais un temple qui coûte cher, très cher en argent public : près de 800 millions d'euros depuis la pose de la première pierre. Alors, la faute à qui ? À quoi ? Comment sortir de là ?

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Ce qui est certain, c'est qu'il va falloir trouver une solution. Et si l'État se donne encore du temps, il devra faire preuve d'habileté. Parce que le Stade de France et le sport français, c'est une grande et belle histoire d'amour, haute en couleurs, riche en émotions. Souvenez-vous : nous sommes le dimanche 12 juillet 1998... C'est la finale de la Coupe du monde de football. Tout le pays retient son souffle... La suite, vous la connaissez :  la France gagne trois à zéro face au Brésil ! Mais alors pourquoi le stade de France, si prestigieux et si cher à nos mémoires, perd-il de l'argent  ?

Jean-Pascal Gayant, professeur de sciences économiques explique pourquoi c'est un gouffre financier :

Alors, il ne perd pas véritablement d'argent. Ce sont les termes signés par l'état avec Vinci et Bouygues qui font que le contribuable a à payer beaucoup plus que ce qu'il aurait dû... C'est même pire puisque c'est nous qui sommes amenés à financer ces grands mastodontes du BTP puisqu'il y a dans les termes de la convention, en particulier, une indemnité pour absence de club résidant. Jean-Pascal Gayant

Selon Jean-Pascal Gayant, il est normal que l'état participe au financement d'une infrastructure comme le Stade de France, au même titre qu'un grand musée. Mais réfléchir un autre système de financement aurait permis d'amortir les coûts de production :

Là où les choses sont un peu compliquées, c'est que ce stade aurait aussi pu être le stade accueillant un club résidant, de football ou de rugby, et il y aurait eu une exploitation commerciale qui aurait rendu la facture un peu moins élevée. Aujourd'hui, il n'y a pas de club résidant au sens d'un club d'une ville, comme le Paris Saint-Germain aurait pu l'être... et cette absence de club résidant, non seulement, n'est pas en faveur de l'exploitant parce qu'on a très peu de rendez-vous par an mais en plus les termes de la convention  disposait que le contribuable allait financer. Donc c'est un statut un peu particulier. Jean-Pascal Gayant

Invité : Jean-Pascal Gayant, professeur de sciences économiques à l’Université du Mans. Il travaille notamment sur les retombées économiques des grandes manifestations et infrastructures sportives. Il est auteur du blog Money Time (l'actualité de l'économie du sport) sur Le Monde.fr.

Liens

Stade de France

Money Time, le blog de Jean-Pascal Gayant sur l'actualité de l'économie du sport

Université du Mans

"Superfail" est un podcast original de Guillaume Erner, le producteur des Matins de France Culture : chaque lundi matin, retrouvez une histoire d'échec, de fail, décryptée avec un invité. Un programme à écouter à votre rythme, quand vous le désirez. 

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Guillaume Erner, Sylvia Favre, David Jacubowiez. Aujourd'hui, la prise de son est assurée par Jean Frédérix. Avec l'aimable collaboration de Sophie Scheiblin du service de documentation de Radio France.

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